ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. IV.
lor
trouves.
C H A P I T R E I I.
Description du Bâtiment de ïHôpital des Enfans Trouve's 9 fitud dans
la Cite' près de la Cathédrale de Paris .
L TîOPITAL dont nous allons parler fut d’abord établi par une Déclara- sisophaiàdon 8c un Arrêt du Conseil d’État du Roi, vérifiée au Parlement le 18 Août EnsaïlS1670, pour servir d’hospice ou d’entrepôt à celui érigé au Faubourg St. Antoine ,
(s) qui dès Tan 1669 servoit à recevoir les enfans trouvés ; mais comme dans lafuite cet entrepôt s’est trouvé trop peu considérable 8c distribue d’une maniérépeu commode, 8c que d’ailleurs on avoit intention d’aggrandir & d’embeilir l’iíïuede l’Eglise Métropolitaine de cette Capitale, en 1748 on érigea les bâtimens qui íevoyent aujourd’hui, fur les desseins 8c fous la conduite de M. Boffrand , Architec-te du Roi, dont nous avons parlé dans le premier Volume , page 242. Nousdonnons ici non-seuiement les plans de ce qui a été déja élevé, mais encore ce quece projet comprendra dans fa totalité loríqu’il fera entierement achevé.
Plan général au rez-de-chaussée des nouveaux bâtimens de l’Hôpital des Enfans Trouvés ,avec une partie des dépendances projettées pour former une place devant laCathédrale & embellir íissue de ce monument. Planche premiere.
Nous venons de remarquer que l’Hôpital dont il est ici question n’étoit qu’un aidede 1 celui du Faubourg 81 Antoine 3 conséquemment il n’a pas été nécessaire d’érigerici un bâtiment d’une grande étendue, mais seulement un plus commode que T an-cien 8c d’une grandeur proportionnée au dépôt des Enfans trouvés qu’il doit con-tenir, pour ensuite être envoyés à leur destination. Cependant comme en élevantcet édifice on a eu pour objet d’embellîr 8c d’aggrandir la place du Parvis NotreDame, M. Boffrand a prouvé par le projet général de ce plan, qu’il fçavoit don-?ner de la grandeur 8c de la majesté à tous les ouvrages publics qui lui étoientconfiés, 8c singulièrement dans cet Hôpital, malgré la petitesse de l’eípace où ilíè trouve renfermé. Or comme ce bâtiment devoir servir d’issue 8c d’accompagne-ment à un des plus grands monumens Gothiques que nous ayons en France, ilétoit nécessaire d’opposer a cet ouvrage colossal, un édifice qui par la grandeurdes parties qui le composent extérieurement, quoique dans un genre différent ,pût répondre à cette Métropolitaine & présenter un tout dont les masses ayentquelque rapport ensemble ; 8c c’est pour cette raison qu’il a pratiqué une placede 30 toises de profondeur en face du portail de Notre-Dame. Cette place, quel-que peu spacieuse qu’elie paroisse, n’a cependant pas pû être plus grande, ayant
(á) On a observé long-tems à Paris les anciennes coutu-mes du Royaume à l’égard des enfans trouvés , c’est-à-di-re que les Seigneurs Haut-Justiciers de la Ville & Fau-bourgs de Paris fourniffoient chacun une certaine sommepour la subsistance & l’entretien de ces Enfans ; maiscomme le nombre en augmentoit tous les jours, LouisXIII leur assigna un revenu fixe , fie Louis XIV, a sonexemple,en fit autant en 1 6 44. Bans la fuite le Parlementjugea àpropos pour subvenir aux frais considérables de cettedépense,.de convertir la subsistance que lesHaut-Justiciersétoient obligés de donner pour ces enfans en une sommeannuelle, payable de quartier en quartier, ès mains du Re-ceveur desdits Enfans trouvés, ce qui fut confirmé par unArrêt du Conseil d’Etat du Roi rendu le 20 Novembre1668. La même déclaration unit l’Hôpital des Enfanstrouvés à l’Hôpital Général ; & S. M. ayant supprimé parIon Edit du mois de Novembre 1676, la Confrairie de la
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Passion, ( dont nous avons parlé dans ce Volume , page14. note a ), unit ses revenus à l’Hôpital Général pourêtre employés à la nourriture & à l’entretien des Enfanstrouvés.
En 1 y p 2, ces Enfans étoient portés à l’Hôpital de laTrinité, ils y furent soignés jufqu’en 15-70 qu’ils furenttransportés au Port St. Landry dans deux maisons que leChapitre de Paris offrit à cet effet : mais dans la fuite cesdeux maisons ne suffisant pas , la Reine Anne d’Autri-che donna le Château de Bicêtre , dont Pair se trouvanttrop subtil, on sut obligé de ramener ces Enfans a Parisau Faubourg S. Denys , jufqu’à ce qu’enfin on leur achetaune maison & un grand emplacement au Faubourg S. An-toine, où l’on bâtit une Eglise dont la Reine Marie-The-rese cTAutriche posa la premiere pierre, & dans le memetems l’on acheta pour ces Enfans le terrain de PHopitaldont nous donnons ici la description.
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