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ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. IV.
Hôpitaides êce nécessaire de conserver une étendue convenable au bâtiment que nous dé-Enfans crivons ici ) & qui s’est trouvé limitée par la rue du marché Palu, parallèle au
r ' ’ portail de PEgiise Cathédrale & située vers M ; mais comme la rue neuve Notre-Dame , lorsqu’elle sera élargie suivant le projet proposé , íe trouvera avoir soixan-te pieds de largeur, cette surface découverte se réunissant à la place dont noustenons de parler, procurera une issue très-considérable au frontispice de cetteEglise en comparaison de celle q u’on y voie aujourd’hui .
Pour revenir au bâtiment des Ensans trouvés, nous dirons qu’il a de longueur 39“toises , y compris la colonnade du côté du portail, fur 13 toises Sc demi de profon-deur, étant enfermé d’une part par la rue Neuve Notre-Dame Sc de l’autre par la rueSaint Christophe, de maniéré qu’il ne contient dans fa distribution que trois ai-les simples, une en face -Sc deux collatérales ; à côté d’une de ces dernieres àdroite est adossée la Chapelle de cet Hôpital, dont la largeur comprend un desavant-corps situés aux extrémités de la principale façade de ce bâtiment.
Cette Chapelle est précédée d’un vestibule dans lequel font placés les fonds,Sc dont l’entrée principale est du côté de la rue , par la porte marquée H, indé-pendamment d’une autre I, qui communique à i’intérieur de cette maison. Lestrois portes K donnent entrée à la Chapelle, laquelle a de longueur j8 pieds Scdemi, y compris le porche, fur 32 pieds de largeur Sc 40 de hauteur. Sa dé-coration consiste dans un très-grand ouvrage de peinture, représentant i’adorationdes Mages Sc des Bergers lors de la naissance du Sauveur : sujet allégorique quia été exécuté par Mrs. Natoire (b) Sc Brunetti (c) , dont les noms seuls font l’élo-ge. ( Voyez une description assez détaillée de cette Chapelle dans le Journal'{Economique du mois de Mai 17^1, page 74 ).
A côté de l’avant-corps qui comprend le vestibule de la Chapelle , est uneporte marquée L qui donne une entrée particulière à cette maison Sc qui con-duit à un assez bel eícaiier par où l’on monte aux différons étages de cet Hôpital. Cetescalier est bâti de pierre jusqu’au premier étage seulement. Les autres pieces durez-de-chaussée de ce bâtiment font une grande cuisine, un refectoir, Sc des lo-gemens pour un certain nombre de nourrices, rassemblées ordinairement pour lesecours des ensans nouvellement arrivés dans cette Maison. Dans le milieu de cebâtiment, du côté de la rue, est une principale entrée pour les voitures & lesprovisions; en face de cette entrée, dans le fond de la cour, est une pompe, quifournit abondamment de l’eau dans un réservoir qui est au-dessus, pour le ser-vice de la maison. Cette précaution est très-nécessaire dans un édifice public, Scil seroit encore mieux de tirer cette eau de la riviere de Seine , qui passant aumilieu de notre Capitale , devroit fournir par une machine élevée dans un lieuéminent, une eau suffisante, non-seulement pour les bâtimens de l’efpece dontnous parlons mais même pour toutes les maisons particulières. On chercheroitavec empressement à se procurer un pareil avantage dans une Ville (V) qui ne íetrouveroit éloignée qu’à quelque distance d’un fleuve, Sc cependant onl’anégii-
'(b) Mr. Natoire, né à Nifme en 1700, est un despremiers Peintres de l’Ecole Françoise moderne ; il vitactuellement, & jouit d’une réputation digne de la su-périorité de ses talens. Çet Artiste vient d’être nom-mé par Sa Majesté pour succéder à feu Mr. de Troyesdans la place de Directeur de l’Académie de Peinture,de Sculpture, & d’Architecture, que le Roi entretient àRome pour l’avantage des arts & pour en faciliter l’étudeaux jeunes gens qui se destinent à une décès trois professions.
(c) Nous avons dé j a parlé de cet Artiste dans le pre-mier Volume, page 2 s s.
(d) Dans le dernier siécle on avoit senti non-seulementla nécessité de multiplier les fontaines dans Paris, maisaussi dedonn er des eaux dans les maisons des particuliers.
M. de Voltaire rapporte dans son Temple du goût, pagey 8 note y y , en parlant des divers projets utiles dontM. Colbert avoit dessein d’orner cette Capitale :
» C’étoit en effet le dessein de ce grand homme; un de ses«projets étoit de faire une grande place de l’Hôtel deSois-30 sons. On auroit creusé au milieu de la place un vaste«bassin qu’on auroit rempli des eaux qu’il devoit faire ve-rnir par de nouveaux aqueducs. Du milieu de ce bassin,«entouré d’une balustrade de marbre, devoit s’élever un«rocher íur lequel quatre fleuves de marbre auroient ré-pandu Peau qui eut retombé en nappe dans le bassin,qui de là fe seroit distribuée dans les maisons des Ci-toyens. Le marbre destiné à cet incomparable monu-»ment étoit acheté, mais ce dessein fut oublié avec M.