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2 (1752) La Description des principaux Edifices du Quartier du Luxembourg, avec ceux de la Cité, du Quartier St.Antoine & du Marais
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ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. IV.

Hôpitaides êce nécessaire de conserver une étendue convenable au bâtiment que nous-Enfans crivons ici ) & qui sest trouvé limitée par la rue du marché Palu, parallèle au

r ' portail de PEgiise Cathédrale & située vers M ; mais comme la rue neuve Notre-Dame , lorsquelle sera élargie suivant le projet proposé , íe trouvera avoir soixan-te pieds de largeur, cette surface découverte se réunissant à la place dont noustenons de parler, procurera une issue très-considérable au frontispice de cetteEglise en comparaison de celle q uon y voie aujourdhui .

Pour revenir au bâtiment des Ensans trouvés, nous dirons quil a de longueur 39toises , y compris la colonnade du côté du portail, fur 13 toises Sc demi de profon-deur, étant enfermé dune part par la rue Neuve Notre-Dame Sc de lautre par la rueSaint Christophe, de maniéré quil ne contient dans fa distribution que trois ai-les simples, une en face -Sc deux collatérales ; à côté dune de ces dernieres àdroite est adossée la Chapelle de cet Hôpital, dont la largeur comprend un desavant-corps situés aux extrémités de la principale façade de ce bâtiment.

Cette Chapelle est précédée dun vestibule dans lequel font placés les fonds,Sc dont lentrée principale est du côté de la rue , par la porte marquée H, indé-pendamment dune autre I, qui communique à iintérieur de cette maison. Lestrois portes K donnent entrée à la Chapelle, laquelle a de longueur j8 pieds Scdemi, y compris le porche, fur 32 pieds de largeur Sc 40 de hauteur. Sa dé-coration consiste dans un très-grand ouvrage de peinture, représentant iadorationdes Mages Sc des Bergers lors de la naissance du Sauveur : sujet allégorique quia été exécuté par Mrs. Natoire (b) Sc Brunetti (c) , dont les noms seuls font lélo-ge. ( Voyez une description assez détaillée de cette Chapelle dans le Journal'{Economique du mois de Mai 17^1, page 74 ).

A côté de lavant-corps qui comprend le vestibule de la Chapelle , est uneporte marquée L qui donne une entrée particulière à cette maison Sc qui con-duit à un assez bel eícaiier par lon monte aux différons étages de cet Hôpital. Cetescalier est bâti de pierre jusquau premier étage seulement. Les autres pieces durez-de-chaussée de ce bâtiment font une grande cuisine, un refectoir, Sc des lo-gemens pour un certain nombre de nourrices, rassemblées ordinairement pour lesecours des ensans nouvellement arrivés dans cette Maison. Dans le milieu de cebâtiment, du côté de la rue, est une principale entrée pour les voitures & lesprovisions; en face de cette entrée, dans le fond de la cour, est une pompe, quifournit abondamment de leau dans un réservoir qui est au-dessus, pour le ser-vice de la maison. Cette précaution est très-nécessaire dans un édifice public, Scil seroit encore mieux de tirer cette eau de la riviere de Seine , qui passant aumilieu de notre Capitale , devroit fournir par une machine élevée dans un lieuéminent, une eau suffisante, non-seulement pour les bâtimens de lefpece dontnous parlons mais même pour toutes les maisons particulières. On chercheroitavec empressement à se procurer un pareil avantage dans une Ville (V) qui ne íetrouveroit éloignée quà quelque distance dun fleuve, Sc cependant onlanégii-

'(b) Mr. Natoire, à Nifme en 1700, est un despremiers Peintres de lEcole Françoise moderne ; il vitactuellement, & jouit dune réputation digne de la su-périorité de ses talens. Çet Artiste vient dêtre nom- par Sa Majesté pour succéder à feu Mr. de Troyesdans la place de Directeur de lAcadémie de Peinture,de Sculpture, & dArchitecture, que le Roi entretient àRome pour lavantage des arts & pour en faciliter létudeaux jeunes gens qui se destinent à une décès trois professions.

(c) Nous avons j a parlé de cet Artiste dans le pre-mier Volume, page 2 s s.

(d) Dans le dernier siécle on avoit senti non-seulementla nécessité de multiplier les fontaines dans Paris, maisaussi dedonn er des eaux dans les maisons des particuliers.

M. de Voltaire rapporte dans son Temple du goût, pagey 8 note y y , en parlant des divers projets utiles dontM. Colbert avoit dessein dorner cette Capitale :

» Cétoit en effet le dessein de ce grand homme; un de ses«projets étoit de faire une grande place de lHôtel deSois-30 sons. On auroit creusé au milieu de la place un vaste«bassin quon auroit rempli des eaux quil devoit faire ve-rnir par de nouveaux aqueducs. Du milieu de ce bassin,«entouré dune balustrade de marbre, devoit sélever un«rocher íur lequel quatre fleuves de marbre auroient ré-pandu Peau qui eut retombé en nappe dans le bassin,qui de fe seroit distribuée dans les maisons des Ci-toyens. Le marbre destiné à cet incomparable monu-»ment étoit acheté, mais ce dessein fut oublié avec M.