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2 (1752) La Description des principaux Edifices du Quartier du Luxembourg, avec ceux de la Cité, du Quartier St.Antoine & du Marais
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Hôtel deBeauvais.

ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. IV,

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F utilité ; le premier, en ce que tout le rez-de-chaussée du côté de la cour est des-tiné aux dépendances dune maison regardée comme très-importante pour ie temsou elle a été bâtie; le second, parce que pour joindre à ce bâtiment des reve-nus , du côté de la rue 8. Antoine, on a pratiqué des boutiques qui isont aucunecommunication avec le grand corps de logis. Ces bâtimens répondent à la né-cessité Ton se trouvoit délever dans ce quartier un édifice capable de le dé-corer Sc qui en même tems pût loger des gens de commerce dont le nombre estustez considérable dans cette rue. Ce genre dédifice, quoique distribué avec moins-de commodité en apparence que ceux quon éieve de nos jours , devroit êtreimité dans plus.dune occasion; on ne verroit pas alors les quartiers destinés aucommerce occupés la plupart par des maisons qui nont pour objet que la ma-gnificence , Sc dautres au contraire lon ne devroit bâtir que de beaux Hôtels,.défigurés par des boutiques Sc des maisons particulières. Ce deffaut de convenan-ce nom seulement nuit à lembelliísement de la Capitale, mais même est préju-diciable à lintérêt des propriétaires, au lieu que si lon imitoît plus souvent lebâtiment dont nous parlons, il en résulteroit deux avantages réels ; le premier,quil ny auroit point de bâtiment qui ne rapportât quelque revenu ; le second,-que tous les quartiers en seroient bien plus peuplés, Sc conséquemment les Ci-toyens plus en fureté, fans néanmoins que cette eípece dœconomie nuisit à ladécoration des rues dont la plupart des façades font trop négligées.

Cette négligence provient fans doute de ce que dans les plus beaux quartiersde Paris les principaux corps de logis des bâtimens dune certaine importancefont élevés entre cour Sc jardin , Sc que ceux au contraire que lon destine aucommerce font bâtis avec tant dirrégularité & avec si peu de goût , quon seroittenté de croire , contre toute idée de vraisemblance , que la simétrie est incom-patible avec lintérêt des particuliers, dont le plus grand nombre íembie avoir-besoin pour fe réunir sous une idée commune, dêtre conduit Sc animé au bienpublic par les Officiers chargés de lalignement des rues, le Voyer, la Police«&c, qui Tailleurs font très-attentiís à tout ce qui peut contribuer à la commo-dité Sc à futilité des habitans.

Pour revenir au plan du rez-de-chaussée de lHôtei de Beauvais, nous obser-verons que le mur de face du côté de la rue est percé de cinq arcades ; celledu milieu est destinée au passage des personnes qui habitent dans le principalcorps de bâtiment, Sc les quatre autres pour les boutiques dont nous venons deparler ; ces boutiques font séparées chacune par un passage qui conduit à un es-calier pour monter aux entreíoles qui en dépendent Sc qui íont comprises dansla hauteur des arcades du rez-de-chaussée de cette façade. Larcade du milieuconduit à un porche circulaire orné de huit colonnes dOrdre Dorique couron-nées dune corniche mutulaire. Cette ordonnance est dune belle exécution, Sc deRentrée de ce porche, vers A, l'on jouit peut -être du plus beau coup dœil quilsoit possible dimaginer par laípect de f Architecture qui décore le fond de lacour au premier étage. Comme cet étage se trouve rétréci par iobiiquité desmurs collatéraux de cette même cour , Sc orné dans son pourtour de colonnes,de pilastres, & de membres dArchitecture distribués avec beaucoup de goût, cetassemblage forme une perspective réelle au-dessus de toute description. Nous na-vons pas donné les élévations du dedans de la cour, parce quelles nétoient pasgravées dans les œuvres de Marot dont ces Planches font tirées ; Tailleurs ellesne repréíènteroient que très-imparfaitement le coup dœil dont je veux parler,qui mérite à bon droit dêtre examiné fur le lieu. Cest pourquoi jy renvoyé ex-pressément nos jeunes Dessinateurs Sc Peintres dArchitecture, tant pour leur faireconnoître le pouvoir de foptique Sc leffet que produit le clair obscur, que pourleur apprendre à rendre la vérité des tons, des lumières, des teintes Sc des om-bres.