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A R CHITECT URE F R A N Ç 0.1 S E, L i v. IV? 123
 la gauche de ce porche est. un eícalier d’une ordonnance Sc d’une distribu- Hôtel detlon assez singulière auísi bien que la forme de la cour ; cette derniere néanmoinsest autorisée par 1 irrégularité du terrain, ôc il ne lui manque que d’être un peuplus spacieuse, ou que les bâtimens qui l'environnent soient moins élevés. Ladécoration des bâtimens de cette cour est un peu trop tourmentée ; c’est le seulreproche qu’on puiíse faire à le Pautre, qui dans toutes ses productions a regardéle mouvement Sc la variété dans les plans comme une beauté satisfaisante. Ce-pendant les plus habiles Architectes de son siécle, tels que François Mansard,François Blonde! Sc plusieurs autres ont sçu éviter ce défaut, ainsi que ceuxde nos jours qui se font acquis le plus de réputation, íçavoir Mrs. Bcffrand ,Cartaud, &c.
A la droite de cette cour est un grand passage qui dégage les équipages Sc lesvoitures par la rue de Jouy, ce qui produit une grande commodité à cet Hôtel*en rend Faccès beaucoup plus facile, Sc lui procure l’avantage d’une beaucoupplus grande maison. A côté de cette porte de dégagement est aussi pratiquée uneboutique sur la rue, Sc sous ce grand passage il peut tenir quelques caroíses , cequi multiplie les remises qui font en trop petite quantité dans la cour de cet Hô-tel depuis qu’il est devenu la résidence des personnes du premier ordre.
Plan du premier étage. Planche II.
Il ne manque à la distribution de ce plan que quelques commodités de pluspour former un logement très-compiet ; en effet un bel appartement fur la rue,plusieurs belles pieces en aile, une Chapelle, un jardin en terrasse pratiqué au-dessus des écuries, un appartement privé fur la rue de Jouy, enfin des corridors,des esealiers de dégagement Sc des appartemens particuliers dans f Attique sepé-rieur de ce bâtiment, offrent ici une distribution très-ingénieuse Sc capable def fournir plusieurs moyens de tirer parti du terrain le plus ingrat. On peut re-marquer auísi que le terrain qu’occupe fappartement fur la rue de Jouy tient un.plus grand eípace que le rez-de-chaustee, fans doute parce que cette partie aété acquise après coup, ou qu’elle a été sujette à quelque partage , ainsi que nousavons eu occasion d’observer un pareil changement, Chapitre IV de ce Volume,page 32 , en parlant de remplacement de la Salle de spectacle de la Comédie
Françoise.
Elévation du coté de la rue. Planche III.
La décoration de cette façade tient de cet air de pesanteur que nous avons ditêtre le goût dominant de le Pautre, mais néanmoins dans lequel on remarqueune expression ferme , mâle & nourrie; si ce caractère étoit soutenu par tout, ilferoit un très-bon effet dans l’ordortnance d'un bâtiment dont la convenance estd’être moyenne, relativement au double usage que nous avons reconnu être ap-pliqué à cet édifice ; mais on ne peut se refuser de remarquer ici trop de simpli-cité dans de certaines parties Sc trop de richesse au contraire dans d’autres. D’ail-leurs les corps de refend en général font trop sveltes, la proportion des mezza-nines trop écrafée, le fronton trop licencieux, la trompe de la porte du' milieutrop hazardée, Sc enfin l’avant-corps du milieu trop étroit pour sit hauteur.
L’arriere-corps marqué A a été affecté ici comme ne faisant pas partie de l’or-donnance de cette façade : moyen qui peut servir d’autorité lorsque le point dumilieu de l’intérieur du bâtiment ne peut s’accorder avec celui du mur de face,principalement loríque cette différence n’est pas assez considérable pour formerun pavillon ou un avant-corps qui puisse simétriser extérieurement avec le restedu bâtiment,