ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. IV. îzp
distribution des colonnes écartées les unes des autres, seion le sentiment des Ancìeds,Sc relativement aux exemples des Arcs de Constantin Sc de Severe que nous avonsdéja cités. Cependant soit accoutumance (pour me servir du terme du traducteur deVitruve ) habitude ou préjugé, je crois qu il est aisé de convenir que loríqu’onveut faire retourner les entablemens fur les colonnes, pour de-là lés continuer su rle nud des murs, ces entablemens à ressaut font un meilleur effet íùr deux colon-nes que íur une feule, devenant trop sveltes fur cette derniere ainsi qu'on peut le re-marquer dans De (go de t s , aux deux Arcs antiques dont nous venons de parler. Aureste cette opinion est un sistême que je n ai pas dessein de discuter - étant per-suadé qu’il n’y a que le tems qui puisse mettre nos Architectes d’accord à cet égard Zil paroît auffi que plusieurs Artistes ont; désiré, au lieu des esclaves Sc des trophéesplacés fur chaque groupe de colonnes, que Perrault eut préféré des statues, ainsiqu’il s’en voit à l’Arc de Constantin : avec cette différence que dans cet édificeantique ces statues font seules, parce que, comme nous savons déja dit, les co-lonnes ne font ni groupées ni accouplées , les Anciens n’ayant point connu ceCusage.
Quelques Critiques ont encore prétendu qu’il auroit mieux valu, ou que cescolonnes fuíîent feule à feule, ou au moins qu’on les eut accouplées, premiere-ment parce que les piédroits d’une ouverture de porte à l’autre, qui ici font égauxà la largeur de la principale Arcade, deviennent non-feulement trop péíans maisprocurent à tout ce monument une longueur totale trop étendue pour fa hauteur.Sc ils ajoutent que cette proportion est contraire à l’élégance de l’Ordre qui pré-side dans cette ordonnance. Cette observation n’est pas fans fondement, car il estcertain que les masses d’un édifice doivent répondre à la dimension des parties!mais d’un autre côté l’on peut dire à l’avantage de Perraut que les détails renfer-més dans ces espaces font distribués avec tant d’art, de prudence & de goût , quecette prétendue irrégularité semble être effacée par l’accord général qu’on remarquedans tout ce monument.
Sur i’entablement Corinthien régné un socle de toute la hauteur de la corniche-Sc c’est fur ce socle, qui retourne fur le devant des colonnes, que font posés le§esclaves Sc les trophées dont nous avons déja parlé. A plomb du nud du mur s’é-leve une eípece d’Attique dont la hauteur totale, y compris celle du socle dont nousvenons de faire mention , égale la moitié de l’éievation des colonnes. Cet Attiqueainsi reculé laiste une place convenable pour la faillie des groupes, comme onpeut le remarquer à la droite & à la gauche de cette façade, où font exprimés lesretours des colonnes. Ces retours, à ce que j’en ai pu apprendre , avoient vingt ouvingt-un pieds de profondeur, à limitation des Arcs de Constantin Sc de Severe.Dans cet Attique, au-dessus du grand entrecolonnement, devoir être une inscrip-tion placée dans une table rentrante, Sc dans de pareilles tables, au-dessus desportes collatérales, étoient des bas reliefs qui désignoient les principales Bataillesgagnées par Louis XIV, fur fes ennemis, ainsi que François Blondel en a placés"aux portes saint Antoine Sc saint Bernard lors de leur restauration, Sc dans la déco-ration de la porte saint Denis qu’il a fait bâtir fur ses desseins,& dont nous ayons parléen note au bas de la page 93 de ce Volume, (f)
Sur cet Attique, dans toute la largeur du principal avant-corps, s’éleve un grand
(f) J’avertis ici que t’ai dit dans la note qui est au basde la page 93 que M. l’Abbe Lambert avoit affecté de nepoint parler dans fes hommes illustres de François Blon-del , mais je me fuis trompé, ayant cherché ce célébréArtiste dans le rang des Architectes, Tome III, au lieuque cet Auteur l’a placé au rang des Mathématiciens, To-me II, Livre V, page $9 , ce dont je ne me fuis apper-çu que depuis fimpreílion. Comme François Blondel étoitauffi grand Mathématicien qu'excellent Architecte, c’est
fans doute Ce qui a déterminé M. f Abbé Lambert à le pla-cer ainsi; cependant f Architecture qui a reçu de cefçavantdes secours infinis dans les doctes leçons qu’il en a donnéeslong-tems à l’Académie Royale d’Architecture , commeProfesseur, & qui ont été imprimées pour la premiere foisen 1675 , lui eut dû naturellement mériter la premiersplace parmi les Architectes , dont M. l’Abbe Lambert kécrit l’histoire dans son troisième Volume.
Ârô éëtriornphâdi Peirftât»