Hôtel de-Soubise.
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iS© ARCHITECTURE FRANÇOISE,Liv. IV.
cipalement loríqu’ii s’agit dans un bâtiment d’exprimer par des accouplementime solidité réelle Sc apparente dans les extrémités d'une façade, d’un avant-corps,ou d’un pavillon ; Sc c est pour cette considération que plusieurs de nos Architec-tes , à limitation des anciens , préfèrent les pilastres aux- colonnes dans les an-gles d’un édifice.
La seconde licence qui se remarque dans ce bâtiment Sc qu’ii faut éviter au-tant qu’ii est possible, est d’avoir employé des arcades d’une largeur dissembla-'bie dans une même ordonnance Sc fous un entablement commun ; car ces arca-des étant toutes assujetties à une même Fauteur, elles ont une proportion diffé-ïente Sc une variété de forme qui ne réussit jamais bien dans une Architectureoù les Ordres président. Sans doute que la communication pour les voitures, quide la cour principale doivent passer dans les basse-cours , a occasionné la largeur•des arcades surbaissées qui se voyent ici ; mais il falloit réduire la largeur de cesdernieres à sept pieds Sc demi, passage suffisant pour les équipages, les enfermerdans des niches quarrées, Sc affecter la même largeur aux arcades de l’avant-corps.Par ce moyen on auroit d’une part évité l’accouplement des colonnes des deux-trumeaux d u milieu, Sc de l’autre toutes les arcades de cette façade se seroienttrouvées réduites à une même forme ; avec cette différence cependant que cellesqui font ici en plein eeìntre auroient été d’une proportion plus courte, à causedes marches du grand perron qui donne entrée au vestibule. C’est un autre genrede licence à la vérité, mais elle est moins condamnable que celle d’employer desarcades d’une forme si opposée dans une façade où l’on a affecté de faire continuerl’Ordre de colonnes dans toute la longueur du bâtiment. Il faut encore observerque les refends qui revêtissent les piédroits Sc les claveaux de ces ouvertures■surbaissées ne vont point avec l’Ordre placé dans les trumeaux, Sc qu’en seppo-sant ces refends de quelque utilité pour détacher l’avant-corps , du moins salioic-11 retrancher i’imposte qui ne doit jamais régner avec les réfends Sc qui devroittoujours être supprimé dans les entrecolonnemens, ainsi qu’on l’a pratiqué dansTavant-corps, ce membre devant être seulement destiné à servir de couronne-ment à chaque piédroit d’arcade ; autrement les lignes horizontales qui le com-posent divisent d’une maniéré peu convenable la hauteur du nud du mur fur le-quel les pilastres ou les colonnes sont adossées. |
Les croisées des arriéré corps, au premier étage, sont d’une bonne proportion;mais on pourroit regarder comme une troisième licence, que l’appui inférieur deces croisées descende au-dessous du socle qui soutient les bases de ces colonnes.Nous avons remarqué ailleurs qu’iì étoit essentiel d’observer une retraite à chaqueétage d’un bâtiment, qui exprimât le fruit nécessaire à la construction d’un mur deface; mais indépendamment de cette loi de solidité, il est aussi très-important,pour satisfaire aux loix de l’ordonnance , d’éviter l’inégalité de hauteur dans desparties qui doivent avoir une base commune. Il est vrai que ce socle, s’il eût étécontinué, auroit racourci considérablement cet étage supérieur , Sc qu’ii eut été né-cessaire alors, pour que ce socle puisse servir d’appui aux croisées , de donnermoins de grandeur à ces dernieres, quoique cette diminution eut rendu les trumeauxencore plus considérables. Ainsi en considérant cette décoration dans son état ac-tuel , il faut convenir que l’Architecte n’a pû faire autrement; mais il ne faudroitpas suivre ces licences indistinctement dans un bâtiment où l’on n’auroit pas lesmêmes sejettions, qui ont obligé M. de la Maire à recourir ici à différens expé-dients , lesquels malgré le tir peu de sévérité, n’en prouvent pas moins le génie Scl’expérience de cet Artiste. Nous observerons encore que les quatre groupes decolonnes placés dans les arriéré-corps de cette façade , Sc qui chacun portent«ne'figure des quatre faisons, font couronnés d’un socle au-dessus de l’entable-ment, égal à celui-de l’avant-corps. Cette ordonnance annonce une legéreté qui
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