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Maisonde M.Cuiilot.
ARC HI TE C T U R E F R A N Ç OIS F, L i v. V.
Plan du Rez-de-Chaujsée & du premier Etage. Planche I.
La Figure premiere offre le plan du rez-de-chauffée ; quoiqu il íoit distribué dansun terrain assez irrégulier,& qu il ne contienne qu environ5)5 toises quarrées de super-ficie , il ne laiste pas que de renfermer un assez grand nombre de pieces : sçavoir, unbureau pour le change (s) , un cabinet, une cuisine , une écurie pour trois chevaux , .un grand escalier Sc deux petits, une cour, Sc c. ; tant il est vrai qu’un bon Archi-tecte doit toujours être consulté , puisque ce ne peut être que par ses lumières Sc sesavis qu’un Propriétaire sçait tirer avantage de son terrain, soit pour la distribution ,qui a pour objet la commodité ; soit pouffa connoissance de la construction,qui a pourobjet la solidité ; soit enfin par rapport à l’agrément, qui a pour objet Pordonnance dela décoration tant intérieure qu’extérieure ; connoissmces qui supposent les princi-pes de la bonne Architecture , Sc qui demandent, dans quelque occasion que ce puisseêtre , de la sagacité , du goût Sc de inexpérience.
Pour preuve de ce que j’avance, il suffit de considérer les deux Planches de cetteMaison, Sc l’on verra que les distributions font susceptibles de toutes les commodi-tés requises dans un Bâtiment de l’espece dont il s’agit, Sc que la décoration exté-rieure , fans se reíïenrîr < 4 ^ R prodigalité de<- ^mernens qui accompagnent ordinaire-ment les édifices considérables, ne laisse pas cependant, po rter le caractère
du bon goût Sc de la proportion ; caractère qui fait un des mérites essentiels des fa-çades extérieures, par la raison que, dans chaque espece de bâtiment, la convenanceexige une richesse 011 une simplicité analogue à son usage, qui seule peut lui attirerle suffrage des Coiinoisseurs.
Le nom de chaque piéce exprimé dans ce plan nous dispensera d’un long examen;Nous observerons feulement que la cour est un peu petite pour la hauteur des bâti—mens, qui ont trois étages Sc une mansarde ; mais il est aisé de sentir qu’on a étéobligé d’en user ainsi : car comme nous lavons déja remarqué, le terrain ne contenantqu environ 95 toises de superficie, pour trouver dans aussi peu d’eípace les commodi-tés qu on remarque dans cette maison, il a fallu donner à la cour la moindre grandeurpossible,& multiplier les étages, asin que les différentes personnes attachées aux Maî-tres se trouvassent par ce moyen logées commodément Sc rélativement à leur service ;considération qui doit entrer dans le local d’un plan, & qui dans une maison particu-lière est préférable à tout ce que la distribution peut présenter de plus ingénieux.
La Figure deuxieme offre le plan du premier étage composé de trois appartemensde maître, d’une salle de compagnie, d’une salle à manger , âc. toutes pieces régu-lières, d’une belle proportion, Sc munies de dégagemens Sc de deux petits escaliersqui montent de fond en comble Sc qui conduisent aux entresols. Le grand escaliern’arrive qu’au premier Sc au second étage ; ce dernier est distribué d’après les mêmesmurs de refends que ceux dont nous venons de parler, Sc contient plusieurs apparte-mens de commodité qui concourent à donner à cette maison un logement assez con-sidérable.
Elévation d'une des ailes du côté de la cour , Ù* coupe du principal corps de logis , donnant Jùr
la rue des mauvaises paroles . Planche II.
Cette Planche, prise dans leplanssir la ligne AB, montre la hauteur des distèrensétages dont nous avons parlé. Ces étages règnent tout au pourtour de l'intérieur de la
(b) Depuis que M. Guillot est Intendant des Turcies faire connoître les pieces rélarives à l’ufage d’un Négo-& Levées , & qu’il a quitté le négoce, on a fait de la ciant, rien n’étant indiffèrent lorsqu’il s’agit de la dis-Piece marquée C , une sort belle salle à manger : nous tribution des Bâtimens en général,avons laissé dans ce plan cette ancienne disposition pour