ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. V. 3
cour, à i’exception de la partie de la remise, au-deíîus de laquelle íònt un entresolSc une piece de plain pied au premier étage.
La coupe , en faisant voir le plus petit diamètre de la cour, indique en même temsla trop grande élévation du bâtiment ; mais les raisons que nous avons rapportées plushaut prouvent la nécessité dans laquelle on s’eíl trouvé d'en user ainsi.
Le rez-de-chaussée de cette cour est décoré d’arcades bombées , tant feintes queréelles & chargées de refends. Au-deíîus de ce rez-de-chaussée, font des croisées avecdes bandeaux, qui descendent jusques au plancher du premier étage, à cela prèsd’une banquette de pierre de 14 pouces de hauteur, qui reçoit un demi balcon defer, que l’Architecte a préféré ici à un appui tout de maçonnerie, parceque ce demibalcon procure plus de lumière dans Tintérieur des appartemens, Sc que par ce moyenles croisées ont acquis une proportion plus convenable ; attention qui if est jamais in-différente dans f ordonnance extérieure d’un bâtiment.
Les croisées du deuxieme étage sont dans le même genre. Ces étages font séparéspar des plinthes, Sc tout le bâtiment est couronné par une corniche dont les profilsíe ressentent de la capacité Sc de Inexpérience de T Architecte qui en a donné les des-seins.
La décoration intérieure , quoiqu’en général assez simple , est traitée avec beau-coup de goût. Les ornemens y font ménagés à propos,& disposés de maniéré qu’il y ades intervalles qu» font valoir les parties qui doivent naturellement dominer.Nous ob-serverons même que quoique le goût des ornemens ait changé considérablementdepuis que la maison dont nous parlons a été bâtie , il n’en est pas moins vrai que lesConnoisseurs applaudissent à la retenue dont M. Cartaud a usé dans les décorationsde cette maison : modération infiniment préférable à cette multiplicité d’ornemcnsdont on fait usage aujourd’hui, quoiqu ils soient assez ingénieux pour la plûpart.
Nous ne donnons point ici la façade du côté de la rue, à cause de sa grande simpli-cité. On remarquera feulement que l’heureuse proportion qui régné dans son ordon-nance , l’excellence de ses profils Sc la beauté de son appareil , portent le caractèredu vrai fçavoir ; caractère que l’on remarque non-seulement dans toutes les grandesentreprises qui ont été confiées à M. Cartaud, mais qui se rencontrent dans toutes lesmaisons particulières élevées fous ses ordres, dans le nombre desquelles nous regar-dons comme un chef-d’œuvre , celle de M. Hurcl, Conseiller au Châtelet, située rueSaint Martin, dont la façade du côté de la rue est généralement estimée. Nousn’avonspas inféré cette maison dans ce Recueil dans la crainte d’essuyer le reprochede nous être trop arrêté à des Bâtimens de peu de conséquence. Nous en recomman-dons cependant limitation à ceux qui veulent se distinguer dans la profession d’Archi-tecte ; les plus habiles étant forcés d’avouer qu’il n’est rien de si difficile que deproduire de i’excellent dans une maison de peu d’importance , Sc que c’est ordinaire-ment dans ces occasions qu’il faut un vrai mérite pour plaire aiíx personnes intelligen-tes dans l’art de bâtir.
MAISON DE M. DOUTREMONT.
La maison dont nous parlons peut aussi être considérée comme particulière , Scquoiqu’eiie ait été bâtie long-tems avant celle dont nous venons de donner la descrip-tion, & par un Architecte beaucoup moins connu (f), il est cependant certain que
O Jean Richer , Architecte, paroît avoir été Eleve de maison, située rue Bourglabbé, appartenant à M. Pasquier;Je Veau, mort en 1670, fa maniéré de décorer étant à peu du desleinde J. Richçjg^: que nous n’avons pas inférée dansprès la même que celle qu’on remarque dans quelques ou- ce Recueil, parcequeles Planches diffèrent affez considé-vrages de ce célébré Architecte ; voyez la maison de M. rablement de l’exécution ; mais en général ses distributionsHenselin, que nous avons donnée page 7 zi du second & ses décorations méritent quelque estime, ainsi qu’uneVolume. On peut encore se convaincre de cette reffem- maison particulière dans le même genre de celle que nousblance dans les Œuvres de Marot, oà l’on verra une autre donnons ici, & qui fera l’objet du Chap. V» dç ce Volume.
Maisonde M.Guillet.
Maisonde M.Doutre-rmont.