A R c HITECTURE FRANÇOISE,Liv. V. ip
édifice, Sc pour se procurer une façade d une certaine étendue. ( voyez la Planchequatrième.)
Vlan da premier étage. Planche II.
Ce plan, divisé en deux parties comme le précédent > compose deux maisons par-"ticulieres , qui ont chacune leur escalier. La plus petite contient un appartement,i’autre en contient deux, qui ont un antichambre commune. Ces appartemens man-quent des commodités qui font si fort en usage à présent, Sc dans lesquelles nos Ar-chitectes ont depuis environ trente ans montré beaucoup d’habiieté.
On peut dire cependant en saveur des anciens appartemens que , quoique moinssusceptibles de dégagemens que ceux de nos jours, la maniéré dont ils font ornés,soit dans leurs plafonds , soit par la décoration de leurs lambris de revêtiísement,les fait rechercher encore aujourd’hui pour la demeure des personnes de goût. LesHôtels Lambert, de Tallard , de Carnavalet, &c. font autant de preuves de ce quej’avance. C’est souvent pour cette raison que nous annonçons quelquefois un bâti-ment , quoique d’une distribution peu intéressante , pour avoir occasion d’indiquerles beautés que ces appartemens renferment en sculpture Sc en peinture , sans com-pter que les parties extérieures de ces édifices méritent quelquefois une attentionparticulière de la part des Connoiífeurs Sc une étude réfléchie pour les personnesqui veulent faire leur capital des beaux Arts. Quelques observations que nous allonsfaire fur la façade du bâtiment dont nous parlons, justifieront ce que nous disons icn
Elévation du cote de la rue . Planche III.
Comme ce bâtiment est divisé intérieurement en deux parties, ccttc façade con-tient deux ouvertures de porte au rez-de-chaussée : chacune de ces portes est ornéede deux colonnes d’Ordre Ionique engagées Sc surmontées d’un entablement régu-lier , lequel est profilé avec fermeté , Sc qui se sent bien d’avoir été tracé parune main habile. Les portes font à platte-bande , ornées de chambranle Sc accom-pagnées , après les colonnes, de corps de refend ; de forte que ces corps laiíîânt unintervalle entre le fût des colonnes pour la saillie de leur base Sc de leur chapiteau ,produisent un renfoncement qui fait un aísez bon effet. Manfard Sc Le Mercier ontimité cette ordonnance dans leur frontispice de l’Hôtel de Toulouse Sc du PalaisRoyal.
Les croisées du premier étage placées au-deflus de ces portes font d’une beautéde proportion Sc d’une élégance qui égalent celles du Château de Maisons Sc cel-les du Palais du Luxembourg. Les accompagnemens Sc les croisées supérieures , ausecond étage , ne sent pas sens doute de la même beauté , étant divisées par de troppetites parties ; mais il doit paroître singulier que ce que nous avons lieu de blâmerici soit précisément ce que la plûpart de nos Architectes imitent dans leurs com-positions modernes, comme on peut le remarquer dans une partie des bâtimensqu’on éléve à la Ville Sc à la campagne, Sc dont un grand nombre n’a pû trou-ver place dans ce Recueil à cause des irrégularités qui se trouvent dans leurs dé-corations extérieures, quoique d’ailleurs les dedans ne soient pas sens commoditéSc sens agrément.
Les arriérés corps de cette façade font ornés de croisées d une proportion aísezconvenable , mais sens bandeau. Cette simplicité donne du repos aux façades selonle íystême des Anciens ; cependant cette affectation désunit les parties, Sc cettedésunion nuit aux maíses. Un motif aísez puiíîânt a porté sens doute l’Architecte aen user ainsi ; c’est que quoique les chambranles ou bandeaux d une croisée fassent
Maifoarue deCleiy.