Maison deM. d’Ar-genson.
P
A R C HI T E C T URE F R A N Ç O ÎsT, L i v. V.
DESCRIPTIONDE LA MAISON DE M. LE COMTE D’ARGENSON,
JVLinïftrê de la Guerre .
La maison dont nous parlons, trouve d’autant plus naturellement íà place dansce Chapitre, qu’elie donne fur le jardin du Palais Royal, & quelle est occupéepar M. d’Argenfon, Ministre de la guerre , & précédemment Chancelier de feu M. leDuc d’Orléans, à qui ce Prince Ta donnée à vie. Elle fut bâtie par ordre de M.le Régent pour Mad e . d 'Argentan , au nom de M. l’Abbé Dubois , depuis Cardinal,íur les desseins de M. Boffrand : aussi la trouve-t’on dans les œuvres de ce célé-bré Architecte, dont nous avons déja parlé, Tome I. page 242. Note s.
Vlan du rez-de-chauffée. Planché X»
Le principal corps-de-logìs de cette maison est bâti entre cour Sc jardin, furune terraííè donnant íur la promenade publique du Palais Royal. Elle n’a de largeurque 9 toises Sc demi dans œuvre > Sc est double dans fa profondeur, non comprisdeux petits pavillons du côté de la cour, qui communiquent à deux ailes conti-nues íur la longueur de cette cour, Sc qui viennent fe réunir à un corps-de-lo-gis fur la rue des bons enfans, dans lequel fe trouve la principale porte d’entrée.Lorsque M. d’Argenfon fut nommé Ministre de la guerre, en 1743 , ce bâtimentayant trop peu de dépendances, il fe détermina à louer l’Hôtel de la Rochegmon ,depuis nommé les écuries de Monseigneur, qui est mitoyen à la maison dont nousparlons , deforte qu’â présent cet Hôtel contient de très-grands appartemens Sctoutes les commodités qui conviennent à la résidence d’un homme du premier ordre.On a pratiqué dans ce plan deux ouvertures , Tune F qui conduit aux appartemensqu occupe M. d’Argenfon ; l’autre G, qui dégage dans les basses cours de la mai-son voisine. Comme cette derniere n'a rien de bien intcresiant, nous nous dispen-serons d’en donner ici les distributions. Le plan du rez-de-chaussée de cet Hôtelconsiste principalement dans un corps-de-logis qui contient un appartement astèzcomplet Sc décoré avec beaucoup de goût. Le plafond du falion est un des bonsouvrages d’Antoine Coypel , qui y a représenté les Dieux désarmés par l’Amour.(Voyez la décoration des lambris de ce falion dans les œuvres de M. Boffrand, Plan-che XXXIV. )
Cet appartement est occupé aujourd’hui par Madame d’Argenfon. Sa chambre àcoucher est à la place du grand cabinet, son cabinet de toilette à la place du ca-binet en bibliothèque Sc de l’arriere cabinet. Au-deíïus, en entresol, font des loge-mens pour les femmes de chambre. De la salle d’audience on a fait une deuxiemeantichambre, qui par la porte F communique à la bibliothèque Sc à l’appartementde M. d’Argenfon, situé dans la maison voisine.
La cour est petite, mais d’une bonne proportion, Sc la distribution des bâti—mens qui l’environnent, quoique renfermés dans un terrain assez borné , contientnéanmoins assez de commodité. Comme Pétagè íupérieur du bâtiment principal n’estqu’un Attique, Sc que íur les autres il n’y a qu’une mansarde , l’efcalier est fortpetit ; il est placé à gauche de l’entrée de la cour, dans l’une des ailes, Sc il n’oc-cupe aucun espace dans le principal corps de logis ; ce qui a donné la liberté depratiquer au rez-de-chaussée des pieces assez spacieuses, qui donnant fur le PalaisRoyal, composent un appartement très-agréabie.
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