66 ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. V.
s EgHsede supérieure , semble exiger qu on employé de la sculpture dans la décoration deLouvre, leur plafond préférablement à la magie de la Peinture, quelque bien entenduequelle soit. Je sens bien que les amateurs de cet Art citeront pour exemples laplupart des édifices de réputation exécutés en France Sc en Italie, qui sont tousdécorés de peintures, Sc quelques autres dans lesquels on a employé alternative-ment la Peinture Sc la Sculpture ; maís indépendamment de beaucoup d’autres édi-fices que nous pouvons leur opposer, où la Sculpture seule préside , ne doit-on pasétablir pour régie fondamentale que dans la construction des monutnens consacrésà la postérité, la convenance doit avoir le pas sor tout ce que Part a de plus sé-duisant ? Or la Sculpture, ayant pour base P Architecture , n’annonce-t-elle pas plusde réalité que la Peinture ? Donc Ìl est plus convenable d’employer Part du Sculp-teur que celui du Peintre, principalement pour Pembelliíîèment des voûtes, qui pré-sentant toujours une construction solide, semblent devoir, pour se tenir en équilibre,n’être pas percées indistinctement à jour par des sujets aériens qu’un Peintre habi-le afsocte de représenter par des attributs célestes, lesquels, quoique estimablesfëparément, semblent donner une sauíïe idée du tout ensemble. Au reste cetterefléxion propoíee ici ne fait pas loi, Sc quoique dans des conférences publiques ,dans lesquelles nous avons plus d’une fois agité cette question, elle ait été goûtéede quelques-uns, nous laiíïòns aux hommes éclairés Sc impartiaux à la décider,observant néanmoins que la nécessité de réadmettre dans nos productions rienque de vraisemblable , semble exiger qu’on y salie quelque attention.
Coupe fur la longueur de /’ Eglise, prise dans la Planche Premiere fur la ligne CD .
Planche IV.
Cette coupe donne à connoítre la décoration intérieure d'un des côtés de l’E-glise vue sur sa longueur. Un grand Ordre de pilastres Corinthiens , couronnéd’un entablement régulier, orne tout le pourtour de ce monument au rez-de-chaussée. Cet Ordre Corinthien est d’une proportion très-réguliere , Sc ses chapi-teaux faits à l’imitation de ceux de Pintérieur du Val-de-Graces, que M. Germaina pris pour modelés, comme un des plus parfait dans ce genre. La nef est dé-corée dans son milieu d’une grande arcade, dans laquelle on érige la chapelle dela Vierge. Cette arcade simétrise avec celle qui lui est opposée , qui contiendrale tombeau du Cardinal de Fieury. A côté de cette grande arcade, dans de pluspetits entre-pilastres, font d’autres arcades renfermant des chapelles particulièresdont nous avons parlé ci-devant, au-deísos desquelles font des tribunes qui ne lais-sent pas que de contribuer à contenir un plus grand nombre de personnes, cetteEglise étant peu spacieuse. Le chœur est aussi décoré de pilastres Corinthiens, aubas desquels régné seulement un lambris, où font adaptées les stalles. Vers le mi-lieu se volt la coupe du Maître-Autel qui est isolé Sc décoré à la Romaine.
Cette Eglise est sort éclairée, ainsi qu’on peut le remarquer par les vitrauxpris dans la voûte , Sc quoique d’une grandeur inégale, ils ne pêchent en rien con-tre la simétrie , leurs opposés étant semblables Sc paraissant assujettis à l’ordonnancede dessous.
Nous finirons cette description en remarquant qu’à i’exception des formes tour-mentées du portail, le plan de ce monument, les décorations intérieures , la dis-tribution des ornemens, l’élégance des contours, les attributs, les allégories Scenfin le goût exquis qui régné dans plusieurs de ses parties, font autant d’exem-ples à imiter, malgré ce que la jalousie de quelques-uns en a publié jusqu’ici, dansl’opinion où ils font, qu’il soffit de s’être décoré du titre d’Architecte pour êtreinfaillible, Sc que tous ceux qui n’en exercent pas ouvertement la profession, nepeuvent mériter quelque estime.