7 o ARCHITECTURE F R A. N Ç O I S E , L i v. V.
B ibiîotíie- édifices. On éiéve actuellement une Ecole Militaire, 1 Hôpital des Quinze-VingtqueduRoî. fe continue , on se propose d’ériger une nouvelle place publique ) on va construireun Hôtel de Ville, on projette une place devant S. Sulpice, une grande rue Scde vastes bâtimens font commencés devant Notre-Dame ; tous ces monumens em-belliront Paris considérablement, Sc seront sans doute dans la fuite autant de rai-sons pour déterminer à faire éléver les édifices qui nous manquent. Mais je croisdevoir faire observer qu avant que de les entreprendre , il faut absolument élargirla plus grande partie des rues, procéder à leur alignement avec plus de circons-pection , Sc ne pas regarder comme une chose indifférente de laisser à certainsPropriétaires la liberté d’éléver des façades dune décoration triviale, telles qu ils’en construit tous les jours dans les plus beaux quartiers de cette Ville, où àcôté d un édifice considérable , on bâtit des maisons, dont la plupart de nos Pro-vinces ne souffriroient pas Pexécution hors des portes de leurs bourgades.
Flan du rez-de-chaussée . Planche Premiere.
Comme cette planche contient trois genres d’édifices réunis ensemble , ainsique nous venons de i’observer, nous allons en parler séparément pour ne pas con-fondre leur différente destination.
Distribution au rez-de-chaussée des bâtimens de la Compagnie des Indes.
Tout ce qui regarde la Compagnie des Indes est exprimé ici par une feule tailleun peu forte, Sc ne contient que le rez-de-chaussée, composé d’une cour prin-cipale , de deux cours particulières Sc d’un jardin peu spacieux. Le Directeur des
bureaux de la Compagnie a ion. logement dans les bâtimens de la cour marquée
O , tant au rez-de-chaussée , qu au premier étage. Cette cour a son iíîùe principalepar la rue Neuve des Petits-Champs, auffi-bien que la cour P, qui lui sert decommunication avec la cour principale, laquelle a aussi sa porte d’entrée par lamême rue. Cette porte est en tour creuse, décorée d’un Ordre Dorique avec descolonnes engagées. Son ordonnance, d’assez bon goût & ornée d’une sculpture in-téressante , est du dessein de M. Molet , Architecte, qui a bâti l’Hôtel d’Evreux, quenous donnons, Chapitre XXXII.
L’intérieur de cette cour principale est entouré de bâtimens à plusieurs étages,à l’exception du côté de la rue qui n’en a qu’un seul. La décoration extérieurede ces bâtimens est d’une Architecture fort indifférente, quoique cet Hôtel futanciennement la demeure du Cardinal Mazarin ; les appartemens du rez-de-chaus-sée sont occupés par des bureaux d’escompte du comptant Sc du dividend , par letrésor , par la caisse, quelques magazins, un vestibule, deux grands escaliers Sc uncorridor qui dégage de part Sc d’autre dans le bâtiment de la Bourse. Le premierétage, que nous ne donnons point ici, s’étend & communique dans les apparte-mens qui environnent les cours O , P, Sc est composé de plusieurs bureaux, dequelques grandes salles d’assemblée, de cabinets, de dépôts Sc de logemens pourles chefs des differens départemens de cette Compagnie.
Comme ces distributions n’ont pas été faites à l’usage d’un bâtiment de l’eípecede celui dont nous parions, on n’y trouvera pas ces commodités, cette éléganceSc cet espace qu’il semble exiger. Cependant, ainsi que nous Pavons remar-qué plus haut , il nous a paru qu’il n’étoit pas inutile de donner cet édifice telqu’il est à présent, surtout ayant eu soin d’écrire íùr cette planche le nomdes principales pieces , pour en indiquer l’usage Sc la destination ; desorte qu’avecle local qu’on trouve ici, on peut, en se soumettant aux régies de l’Art & à la