§6 ARCHITECTURE F RA NÇ OISE, L i v. V.
Hôtel
Deiinarets,
Les changemens faits dans la distribution du principal corps-de-logis consistentprincipalement dans une porte qu’on a percée à la place de la cheminée ; dansla salle à manger, dont on a fait une antichambre : de la chambre à coucher ,on a fait une salle d’aíìemblée, Sc d’un cabinet à gauche , une chambre à cou-cher pour M. le Duc de Luxembourg, avec les dégagemens Sc les garderobesqui conviennent à un appartement de Maître. Le grand cabinet à droite est au-jourd’hui la chambre de Madame la Ducheíîe , 8 c l’arriere-cabinet est une toilette *derriere laquelle font des garderobes qui dégagent dans de très-grandes baíîè-cours placées en C , que M. lé*Duc de Luxembourg , pere de celui d’aujourd’hui,fit construire, quand il eût acquis des héritiers dé M. Destnarets cet Hôtel telque nous le donnons.
A ces augmentations considérables , qui foíit tout lé mérite des dépendances decet Hôtel 5 on a ajouté en 1749, s ur ^ es desseins de M. Le Carpentier , un nou-veau pavillon du côté du jardin, de 12 toises de face fur cinq de profondeur, ycompris un avant-corps à pans. Ce pavillon renferme une fille à manger de formeelliptique, décorée avec beaucoup dé goût Sc accompagnée d’un buffet, précé-dée d’un petit antichambre qui communique à la toilette par une porte à côtéde la cheminée, vers. D. Le mur latéral de ce pavillon commence en E,& sailledans cet endroit de 19 pieds íur le jardin. De l’autre côté de la salle à manger,on a pratiqué une salle des bains à deux baignoires , avec un lit en niche aumilieu Sc des garderobes décorées & meublées avec beaucoup de goût Sc d’in-teliigence.
Le reste dé ce bâtiment n’a pas souffert de grands changemens, à l’exceptiondes cuisines, que l’on a aggrandies Sc qui étoient renfermées dans un trop pe-ttit espace.
Elévation du coté de la rue , Ô* plan du,premier étage de cet Hôtel.
Planche II.
Le premier étage (Figure L) est occupé pâr M. le Duc de Montmorenci. Le diamè-tre des pieces, étant assujetti aux murs de refend du pian précédent, n’a pas souffert degrands changemens, Sc à l’exception de quelques portes qu’on a percées Sc de quel-ques commodités formées par des cloisons, ce pian est resté tel que nous le don-nons. Nous observerons seulement en général que la forme des chambres à couchesn’est pas à imiter , leur proportion n’étant pas indifférente à cause de la place du lit,qui exige que ces fortes de pieces ayent une profondeur convenable. Voyez ceque nous avons dit à ce sujet dans notre Introduéiion , Tome I. page 34.
La Figure deuxìeme donne la façade de cet Hôtel du côté de la rue. Au mi-lieu est la principale porte d’entrée ; cette porte est en vouíîùre, & est ornée decolonnes accouplées d'Ordre Composite : ces colonnes font engagées dans le mur,éiévées fur un socle > Sc couronnées d’un entablement terminé en plein ceintre.Nous avons déja blâmé ce genre de corniche circulaire ; fa pésanteur & son diamètreanéantissent toûjours i’Ordre qui la soutient. D’ailleurs la suppression de la frise Sc del’architrave , dans cette corniche en plein ceintre , compose une Architecture vi-cieuse , qu’on ne doit point imiter ; l’espece de comble à la mansarde qui couronnecette porte, produit dans cet amortissement une obliquité qui ne fait pas un boneffet, non plus que les couvertures interrompues de cette façade; elles composent au-tant de parties séparées, qui nuisent à l’unité , si nécessaire à observer dans la dé-coration d’un édifice. Ce même défaut fe remarque dans les combles de cetHôtel, & loin de faire un genre de décoration convenable, dans un bâtiment dequelque importance ils devroient toujours être masqués - ou lorsque la nécessite