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3 (1754) La description des principaux Edifices des Quartiers Saint Denis, Montmartre, du Palais Royal & Saint Honoré
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ARCHITECTURE FRANÇOISE, L i v. V-. 99

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CHAPITRE XX.

Description âu Portail de ïEglise des Feuillants rue S, Honore'-> prisla Place de Louis le Grand ; & de celui de ÌEglise des Capucines *rue Neuve des Petits-Champs > en face de la même Place .

B E S C R I P T I O N

D u Portail de l’Eglise de s F e uillan s.

Planche Premiere.

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L OUIS XIII donna nne somme allez considérable pour la constructiondu Portail de cette Eglise (V). Il fut élevé en 1629 , fur les dessins de Fran-çais Manfird (f) , & ce fut, dit-on , le coup d'essai de cet Architecte , qui dans lafuite devînt si célébré qu’il peut être regardé comme le plus habile de tousnos Architectes François. Ce Portail esc composé de deux Ordres de colonnes, f unIonique, Pautre Corinthien. Celles de l'avant-corps du milieu font isolées, L cel-les dés extrémités de ce frontispice sont engagées ; l’entablement de ces Ordresretourne fur chaque accouplement de colonnes, fans doute pour donner à Por-donnance de ce Portail un caractère de légéreté ; mais l’on peut observer quèces retours trop réitérés produisent de petites parties qui nuisent à Peffet gé-néral de ce frontispice.

L 5 Ordre Ionique est d'une belle exécution, les chapiteaux Sc les ornemens dufût de ces colonnes ont même de très-grandes beautés de détail, mais ces détailsparoiífent trop recherchés, lorsqu on les compare avec ceux de POrdre supérieur.Mansard a voulu imiter en cela ce que Fhìlíbert Delorme a fait au Palais desThuilieries;mais un pareil exemple ne peut servir d autorité, non-seulement parcequ'on doitréserver là prodigalité des ornemens pour POrdre Corinthien , mais aussi parce quetout Ordre qui porte doit avoir dans son ordonnance un caractère plus mâle quècelui qui est porté.

Cet Ordre Ionique est élève ssir un piédestal qui a de hauteur les deux septiè-mes de la colonne , Sc est couronné d'un entablement qui en a environ un quart.Cet entablement est denticulaire, Sc sà frise est bombée. L'Ordre supérieur est d'uneproportion trop courte relativement à celui de dessous. Ordinairement on ne lui don-ne qu’un module de moins dé hauteur, ou autrement on prend le diamètre du fût su-périeur de POrdre d’en bas pour constater le diamètre inférieur de POrdre de des-sus. Ici la colonne Corinthienne a deux modules un tiers de moins , ce qui rendcet Ordre chétif Sc contraire à la progression qu'on doit observer entre les Or-dres qu’on veut éléver les uns au-dessus des autres. Nous nous réservons de parierdes moyens les plus certains d arriver à cette progression dans le huitième Vo-lume, en faisant la comparaison des Ordres de tous les édifices d’un même genre ,Sc en donnant en particulier le développement dè châcunè de leurs parties.

O Cette Eglise fat commencée en 160 r. Henri IV. que le tombeau vuide du Comte de Uarcourt , sculpté paten posa la premiere pierre •• elle fat achevée en 1608. Nicolas Renard, deNanci, qui mérite quelque estime aus-Marie de Médicis contribua à son embellissement, & fit si-bien que les peinturés fur verre du cloître de cette Egii»faire le retable du Maître-Autel, qui est orné d’un ta- se qui sont d’une assez grande beauté ; elles íont laitesbleau représentant une Assomption, peint par Jacob Bunel, par Sempi , Flamand, sur les desseins à’Elie .

'& de deux Anges en adoration peints par Lufojfe. Dans (b) Voyez ce que nous avons dit de cet Architecte tcette Eglise on voit auíïï plusieurs bons tableaux de Voutì, T. II. p, 6 2. n.ss).de Michel Corneille, &c. Dans la nef-à.gauche on remar-

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