ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. V. tIÍ
serviroient à perpétuer Terreur. J’avouerai que j ai quelquefois une íòrte de cha-grin de convenir de notre négligence à bien des égards, mais en bon citoyen je rou-gis souvent aussi d’être obligé d offrir aux yeux de TEurope des bâtimens quine font pas à beaucoup près aussi réguliers qu ils devroient i’être , surtout dans untems où il ne nous semble pas permis de faire du mesquin, après les exemplescélébrés que nous a laissé le lìecle précédent.
L’élévation du côté du jardin, représentée par iaFig. II , n'elì pas traitée avec plusde succès. Un avant-corps élancé, terminé par un fronton corrompu, & soutenu, com-me le précédent, par de petites consòles, dont le timpan est chargé d’ornemens frivo-les Sc fans choix, présentent une ordonnance blâmable. D’aiileurs quelle nécessitéd’avoir élevé la croisée du premier étage plus que les autres ? i°. C'est cetteélévation outrée qui a contraint d’interrompre Tentablemeût horifontal. 2°. Cettecroisée en plein ceintre & beaucoup plus elévée que celles des arrieres-corps quifont bombées, cause un défaut de simétrie dans la décoration intérieure de lachambre à coucher du premier étage ; défaut qu’il faut toujours éviter, parcequ en général , on ne doit jamais fò permettre aucune licence dans les déhorsqu elle ne produise un très-grand bien dans la distribution des dedans, ou quèla nécessité de la solidité n’y contraigne ; encore cela ne peut-il être autoriséque dans des occasions de peu d’importance. Ce même défaut se remarque du cô-té de la cour, Figure Premiere , Sc nuit considérablement à la décoration dusallon.
Le? pans coupés qui sè remarquent dans ces deux élévations, Sc que nous avonsdéja dit que Ton doit éviter autant qu il est possible , font ornes de croisses au premierétage Sc de portes au rez-de-chaussée. Toutes ces ouvertures font en plein cein-tre , cependant il convient de distinguer d une maniéré sensible Tissage d’une por-te d'avec celui d’une croisée. Cet usage doit être annoncé diversement p à moinsqu une grande quantité de portes dans un bâtiment ne donne le ton à quelquescroisées pour empêcher la désunion des parties d’avec le tout.Nous remarquerons aussique lorsqu on se trouve obligé de faire des arcades en plein ceintre, il faut préférer lesimpostes Sc les archivoltes aux chambranles continus, parce que les impostes sé-parent la rétombée de Tare d’avec le piédroit, & empêchent le jarret presqu’inévita-bie dans l’autre cas. Une des raisons essentielles qui nous porte à conseiller d’éviterles pans coupés dans un mur de face , vient de ce que les éntablemens se profilenttoujours camus dans la rencontre des angles ; desorte qu’à moins qu’il ne soit pos-sible d’accompagner ces pans coupés de ressauts formant des angles droits , ilfaut s’éloigner de ce genre d’ordonnance qui exprime une Architecture esseminée,ce qu’on doit toujours éviter lorsqu’on a fait choix d’une expression simple & vi-rile ; seul caractère dont on devroit faire usage dans la décoration des façades d’unbâtiment particulier.
Cmpe & élévation des ailes. Planche IV.
La décoration de Taile marquée A , est de beaucoup trop simple, eu égard àcelle du principal corps-de-logis du côté de la cour : comme les pans coupés'sem-blent les unir Tune avec T autre, il failoit du moins un avant- corps pour autoriser cettedifférence, encore ne devroit-elle avoir lieu qu'en supposant que ces ailes renfer-ment des pieces subalternes ; mais comme le premier étage est occupé par despieces de Maître, il failoit faire usage de la même richesse, ces bâtimens, quïont peu d’étendue, en auroient paru plus considérables. D’aiileurs il faut remar-quer que la face opposée à cette aîle , est occupée au rez-de-chaussée par de gran-des ouvertures servant aux remises, Sc que ces ouvertures n’ayant aucune relationTomellL . Ff
Màîfírttáe M. OesVieux,