t
ARCHITECTURE F R A N Ç O IS E, L i v. V. tjj
C H A P I
RE XXI
Description de la Maison de M . Le Gendre d* Arrnifii , rue
proche la Place de Louis le Grand .
ucínes
C ETTE maison fìit bâtie , en 1713 , íur les deíîèins de M. de Cotte (d) , pourM. Le Gendre d’Armini , Ecuyer du Roi. En 1740 , elle fut acquise par M. leMarquis d’Antin, Sc en 1748 5 M. de Meulan , Receveur Générai des Finances -,Racheta de Madame la Comteste de Toulouse, comme héritière de M. le Mar-quis d'Antin, son fils. Cest toujours M. de Meulan qui Poccupe aujourd'hui, &qui 5 en 17495 y fit faire des augmentations considérables, fur les desseins Sc íbusla conduite de M. Roujfet , (F) Architecte*
Plan au rez-de-chaujfte. Planches I, II & ÌÏL
La distribution que nous offrons ici . Planches Premiere Sc seconde, est telle quèM. Le Gendre d’Armini Pa fait exécuter, fur les desteins de M. de Cotte . M. de Meu-lan 5 lorsqu il fit l’acquisition de cette maison, P augmenta si considérablement, com-me nous venons de le remarquer, que cela nous a engagé à en donner les nou-velles distributions, Planche III ; mais avant que de parler de celles-ci, nous al-lons examiner les premierés»
La Planche Premiere comprend uïie avant-cour, six remises, deux écuries,deux cours à fumier, une cuisine, un garde-manger Sc dissérens escaliers pourmonter aux chambres des Domestiques placées fur ces divers bâtimens ; commo-dités essentielles Sc distribuées d'une maniéré convenable dans un terrain qui,furune largeur de 10 toises 2 pieds dans œuvre, a beaucoup de profondeur. Au-basde cette premiere Planche , se voit la décoration de la porte d’entrée de cettemaison , dont Pordonnance & la proportion sont assez bien entendues. Cette portese trouve renfoncée dans une tour creuse qui racheté Pobliquité de la rue, Scrend son axe perpendiculaire avec la direction du principal corps-de-logis ; précaution dont on use ordinairement dans cette circonstance, quoiqu’elle Toit contraire à la régularité des façades des bâtimens formant la décoration des rues d’unèCapitale. On a mis en œuvre le même expédient aux Hôtels de Soubise, de Rohan,Sc c ; mais il y est plus tolérablë en quelque forte qu ici, parce que le plan de cestours creuses se trouve parallèle à P alignement des rues. Cette porte â été démolie
(a) Voyez ce que riôus avcms dit de cet Architecte , iui fait le plus d’honfieur ,a mon avis, ce font les projetsT. I. page 230. Note (a). des Places publiques , qu’il a fait par ordre de M. le Pre-
fb) Pierre Noël Roujfet , Architecte * des Académies vôt des Marchands dans les divers quartiers de cette Ca-de Florence 8 c de Bologne, né à Paris en 1712, est pitale, lorsque le Roi ordonna un concours pour se dé-peut-être un des Architectes de nos jours le plus labo- cider fur la situation la plus avantageuse de cè monu-rieux & le plus rempli du génie de fa profession. . _ ment, & dans le nombre defquels deux pour le CarrefourIndépendamment de la maison que nous donnons ici, de Bussi , & deux pour la Place de Grève , ont été pré-Planche III, cet Architecte en a fait bâtir une autre , fentes à Sa Majesté par M. de Maurepas & par M. lerue Vivienne , pour M. Boucher , Secrétaire du Roi. Ce Prévôt des Marchands , & ont reçus dans leur teins lesbâtiment est distribué très-commodement & décoré de applaudissemens de la Cour &c de la Ville, étant com-íort bon goût, quoique fimple; c’est aussi lui qui a fait posés d’unè grande maniéré, dessinés avec goût, & distri—construire lés episines du Château de Livry : ouvragé bués avec une convenance relative à ce genre d’édifí-très-important par la coupe des pierres , Pordonnance de ce. Nous aurions défiré pouvoir donner ici une légérefa décoration à la commodité de ses distributions. II description de ces magnifiques projets ; mais la loi quètravaille actuellement à la décoration intérieure de l’E- nous nous sommes prescrite dê ne parler que des édificesglise de la Sainte Chapelle, à Paris, qui s’exécute fous qui font exécutés , ne nous permet pas de nous étendrèlés ordres ; fans parler d’une infinité d’autres projets pour fur les diverses productions de nos Architectes François,differens Particuliers, dont j’ai vû les desseins , qui an- Nous nous contentons seulement d’ìndiquer leurs princi-noncent le feu & P invention de cet Artiste. Mais ce qui pàux Ouvrages, lof fqu’ik parviennefst à notre cORrioìííanicct
Tome III. G g
«
M H í ssfyi
M. Leà.