126 ARCHITECTURE FRANÇOISE,Liv. V.
Eglise Je tache, à. sont autant de preuves de ce que f avance. Il n’y a guéres que 8. Sul-pice où l'on n’ait pas suivi ce mauvais exemple : il est vrai que le Maître-Autelde cette Paroistè est à l’entrée du chœur, Sc qu’il n'auroit pas été convenable deplacer de petites Chapelles si près du principal Autel, mais en général je persisteà croire que dans quelque occasion que ce puisse être, il ne faut pas embarrasserl'entrée du Sanctuaire , Sc que les Chapelles rangées le long des bas côtés d’uneEglise , suffisent ; encore faudroit-il prendre soin de pratiquer des corridors parti-culiers ou des couloirs, comme on l'a observé dans i’Eglise des Prêtres de l’Ora-toire, pour le dégagement des Chapelles Sc la communication des personnes à quielles appartiennent. (Voyez ce que nous avons dit à ce sujet au Chapitre X. dece Volume, page yy. )
Portail principal t de VEglise de Saint Rock du coté de la rue Saint Honoré-,
Planche IV.
Ce Portail est élevé de quatorze marches au-destùs du fol de la rue SaineHonoré : ce seroit un avantage considérable pour ce frontispice, s'il avoit unpoint de distance plus éloigné. Les Connoistèurs font partagés fur l’ordonnancede fa décoration Sc fur i'estime qu'ils en doivent faire. Les uns, à la faveur dumouvement qu’on remarque dans son plan, le regardent comme un des beauxouvrages modernes qui soient à Paris dans ce genre. Les autres le rangent aunombre de ces productions qui font trop peu sévéres pour le frontispice d’un édi-fice sacré, Sc trouvent qu’il est Tailleurs chargé d’ornemens assez mal entendus.
Nous allons, relativement aux observations qui accompagnent les monumens dontce Recueil est composé , exposer aussi notre sentiment, sans prétendre cependant,comme nous l’avons dit ailleurs, qu’il faste loi, Sc fans aucune intention d’afíoi-blir la réputation de P Architecte, n’ayant pour but, dans les observations que nousallons faire, que d’inípirer un véritable amour pour les beautés répandues dansce Portail, & d'avertir en même tems des licences qu’on doit éviter dans la com-position de l’ordonnance d’un pareil édifice.
Il est certain que l’Ordre Dorique est employé avec convenance dans cefrontispice. 8a virilité est du restort des édifices sacrés, Sc il est toujours bon del’annoncer dans l’ordonnance de la décoration extérieure d’un monument tel quecelui dont nous parions ; car il est à remarquer qu’il ne suffit pas de lui donner unesolidité réelle, mais il faut encore qu’elle soit visible Sc apparente. La forme en pleinceintre de la porte principale au rez-de-chaussée est aussi préférable aux portesquarrées ou bombées qu’on voit dans la plupart de nos Eglises , tant anciennes quemodernes. Nous ajouterons que les pilastres placés à l’entrée de ce Portail, fontimités des anciens Temples, Sc quiis peuvent réussir dans bien des occasions. Nousnous réservons cependant de discuter dans son lieu , leur application Sc la manié-ré de les mettre en œuvre : enfin nous observerons que le fronton triangulaire del’extrêmité de ce frontispice est placé convenablement, Sc que, comme nous Pa-vons remarqué ailleurs, on ne devroit jamais les multiplier dans un même Portaild’Eglise.
Après avoir fait l’éloge de toutes les parties qui constituent les beautés de cefrontispice, examinons présentement quelles font les licences qu’il auroit fallu yéviter. Ce fronton, dont nous venons de louer la situation, a le défaut d’être cequ’on appelle à restant : il n’y a que le larmier Sc' la cimaise de ses corniches ram-pantes , qui soient directes, Pentablement horizontal faisant retour sur P entre-coionnement du milieu , desorte que d’en bas la saillie du sommet dece fronton paroît énorme , le point de distance étant très- peu considérable.