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3 (1754) La description des principaux Edifices des Quartiers Saint Denis, Montmartre, du Palais Royal & Saint Honoré
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"ARCHI TE c TU RE F RA N Ç OIS Ë, Liv. V.' '527

Cette grande saillie ne doit se hazarder que dans le cas où son peut apperce- E s !ir fvoir de fort loin la partie supérieure d’un frontispice ; encore est-il contre loti-gine des frontons Sc la sévérité des réglés de f Art de découper un couronnementde cette espeCe par son plan, malgré l’exemple de plusieurs anciens édifices Scle sentiment de quelques modernes qui lès ont imités, ( Voyez ce que nous avonsdit à propos des frontons dans notre Introduction , Tome I. page 104. ) D’ailleursles armes que le timpan de ce fronton renferme , font massives à l’excès, Sc ser-vent à rendre tous les autres ornemens de ce Portail d’une petitesse extrême , étanten outre mal imaginés , postiches Sc sens beauté. Nous avons déjà remarqué dansíe premier Volume, page 292, qu il né faut faire parade qu avec beaucoup décirconspection dés armoiries dans le frontispice d’un édifice sacré, parce qu’on .ne doit allier que le moins qu il est possible les attributs de la vanité humaineavec les symboles du Christianisme. Nous ajouterons ici que fur les corniches ram-pantes de ce fronton íont placées des figures assises, qui malgré Pexemple de laplupart de nos bâtimens François, ssen font pas moins contraires aux régies déla convenance. Ces statues devroient être placées debout, ainsi qu on le remar-que dans presque tous lès monumens antiques ; d’ailleurs des figures posées furdes bases inclinées, produisent toujours une situation contraire à la vraisemblan-ce , quoiqu’on les ait supposées ici des Anges : fiction qui paroît peu sévére Sccontraire à la majesté qu’on doit observer dans les parties accessoires d’un édifie©sacré.

Ce fronton, ainsi que son entablement horizontal, est soutenu par des colon-nes Corinthiennes isolées. Cet Ordre, qui est ici d’une aílèz belle exécution, pa-roît opposé à la progression qu’on doit observer, lorsqu’on élevé plusieurs Ordresles uns au-dessus des autres ; c’est-à-dire qu’y ayant un Ordre Dorique au-dessous,il auroít fallu mettre un Ordre Ionique à la place du Corinthien, les proportionsextrêmes du solide au t délicat étant contraires à l’ordonnance de la bonne Archi-tecture & aux loix du bon goût, quoiqu on en ait usé ainsi depuis au Portail desPrêtres de l’Oratoire. Quelquefois au lieu de l’íonîqùe , Sc pour éviter l’élégancedu Corinthien, on employé le Composite , qui est ordinairement plus mâle A plusnourri, ainsi qu’on le remarque au Portail des Minimes , au Château de Cîágny ,

Scc. D’ailleurs nous observerons que les axes des colonnes dé l’Ordre Corinthiendont nous parlons, portent en retraite fur celles de dessous, principalement cellesdes extrémités qui font arriere-corps, desorte que lorsqu’on regarde cê Portailfur son profil, ce défaut d’à plomb fait un effet désagréable. Il est moins vicieuxà la vérité que si elles eussent porté à faux, mais c’est toujours une licence plusou moins condamnable en Architecture, que de ne pas conserver une directionintime entre les parties supérieures Sc les inférieures,

Le socle qui soutient ces colonnes est trop peu élevé. Il auroit dû avoir làhauteur d’une balustrade, non-seulement à cause que la faillie de la corniche del’Ordre Dorique est assez considérable , mais aussi parce que i’ouverture placée dansl’entre-colonnement Corinthien a la forme d’une porte & non d’une croisée, qui pourcette raison sembloit exiger un appui évuidé en forme de balustrade.

Les consoles renversées qui tiennent lieu d’arcboutans à cette partie supérieuredu Portail sont d’un goût mesquin, & s’allient on ne peut pas plus mai avecles piédestaux des angles qui foûtiennent les deux groupes , représentant les qua-tre Pères de l’Eglise. Ces Groupes, ainsi que les figures du fronton, font scul-ptés de la main de Claude Francin , de l’Académie Royale de Peinture & de Sculp-ture. D’ailleurs la hauteur de ces piédestaux sert à anéantir celle du socle qu!soutient les colonnes , Sc forme un mauvais effet dans les retours collatéraux dece frontispice’.