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ARCHITECTURE FR AN Ç ÔI S E , L 1 v. V.
Eglise* A í’égard de sÒrdre Dorique, le mouvement du plan que nous avons dit êtreapplaudi par plusieurs , apporte ici une irrégularité dans la distribution des intitules& des métopes, dont la simétrie néanmoins fait un des principaux mérites de 1 en-tablement de cet Ordre. C est pour cette raison que les Anciens, observateurs scru-puleux des régies de l’Art, n employoient cet Ordre que dans des plans de formerectangle * ayant toujours tâché d’éviter les retours angulaires rentrans, à causedes difficultés presque insurmontables qui empêchent d'ajuster dune maniéré pré-cise les intervalles des cassettes & des mutules , d’où dépend absolument la beau-té de l’Ordre Dorique, Sc sans laquelle , comme nous lavons remarqué ailleurs,cette ordonnance n’a aucun mérite. En effet les espaces inégaux des intervallesmutulaires ne peuvent donner qu’une fausse idée de la construction, Sc présen-tent un désordre directement opposé au mot d'Ordre, qui certainement doitofírir un asièmblage régulier de plusieurs parties , lesquelles réunies ensemblesoient capables de composer un tout simétrique, noble, majestueux Sc imposant.
Cet Ordre, dans ce frontispice , présente bien d’autres licences que nous ne pou-vons rapporter ici fans quelques figures particulières ; nous n’aurions pas négligélans doute de les donner dans ce Chapitre , si, comme nous savons déja annoncé ,nous ne nous étions réservés de traiter a fond des Ordres dans le huitième Volu-me de cet Ouvrage, ou nous renvoyons. Nous y rappellerons la négligence aveclaquelle cet Ordre est exécuté, non-seuiement dans ce frontispice , mais dans pres-que tous nos édifices d’ordonnance Dorique.
La porte en plein ceintre du milieu de ce monument au rez-de-chauflee esttrop svelte pour lé caractère viril de s Ordre Dorique qui y régné. Le claveau, aucontraire, est trop massif, «& seípace qu il contient, est mal rempli par les deuxpetits Génies tenant lieu d’agraffes. Les arcades feintes qui renferment dans uneportion elliptique les portes collatérales , Sc qui font de la même dimensionque celle du milieu, font tout-à-fait mal imaginées, auísi-bien que la Sculptu-re placée fur les impostes, qui non-feulement sont composées de trop petites par-ties pour occuper un auffi grand espace, mais qui sont postiches, mal amenées, Scqui ne fe sentent point du tout de ce caractère noble qui doit annoncer le fron-tispice d’un Temple. Les trophées des petits entrecolonemens de l’Ordre sopérieurSc de sinférieur sont dans le même cas, auísi-bien que le couronnement de sarcadeCorinthienne , les candélabres , les fleurons, les consoles renversées, &c , tous cesorne mens , quoique d’une assez passable exécution Sc sculptés par Louis de Mon-tean , Sculpteur de f Académie de Saint Luc, étant placés fans choix fans prudenceSc fans aucun rapport avec f Architecture.
Les pilastres Doriques des extrémités de ce Portail, Sc qui, comme nous sa-vons remarqué, sont placés dans le goût des Anciens, différent cependant desexemples qu’iis nous en ont donnés, en ce qu’il n admettoient ces pilastres qu’aux par-ties angulaires de la muraille qui fermoit sintérieur du Temple, qu’ils appeiloientCella , Sc qui pour sordinaire étoit entourée de plusieurs colonnes isolées , formantdes ailes ou gaiieries. (Voyez Vitruve & les Temples différens qu’il décrit , page60 , jusqu’à la 72 , seconde Edition. ) D’ailieurs comme ici ce pilastre est extérieur,Sc qu il fe trouve seul à chaque extrémité Sc accouplé d’une colonne, quoiquenaturellement les pilastres semblent mieux porter sentablement dans son retour,il convient de mettre toujours deux pilastres ensemble, ou enfin deux colonnesaccouplées , lorsque dans toute une ordonnance on en a fait choix de préférence.En effet les colonnes réussissent mieux que les pilastres, ces derniers composentune Architecture moins avantageuse que les colonnes, à en juger par la íaçadèdu Louvre du côtffde la riviere, comparée avec le péristile du même bâtimentdu côté de S. Germain sAuxerrois. C’est donc avec justice que plusieurs blâment
saccouplement
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