ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. V.
des Sc la tour creuse qui s’y remarquent, & que quelques Architectes regardentcomme une marque de génie, ne doivent néanmoins jamais être préférées auxformes totalement quadrangulaires ou rectangles. Le Château de Vincenties , leLuxembourg, à Paris, les Invalides, lTIôtel de Carnavalet, Scc. font des autori-tés louables, la simplicité dans les formes & la proportion en général ayant feulesdroit de plaire en Architecture ; Sc si quelquefois on se permet des formés circu-laires dans les cours, ce ne doit être que dans les côtés opposés au principal corps-de-iogis, ainsi qu’on l’a pratiqué par une forte de nécessité aux Hôtels de Sou-bise, de Rohan , de Matignon, de Noirmontier, de Roquelaure, ou par d’autresconsidérations particulières , comme aux Hôtels de Lambert, de Beauvais , dé Bi-seuil, Scc. ( Voyez ces bâtimens dans les Volumes précédens. )
Au rond de cette cour est un péristile ouvert par cinq entre-colonnemens. Ce pé-ristile donne entrée à droite à un grand escalier, à gauche dans une antichambre ,Sc par le milieu dans une salle des gardes, servant, à proprement parler , de premiè-re antichambre : défaut que produisent ordinairement les bâtimens simples , ainsique ceux qui ne font que semi-doubles. Je dis défaut, car il est certain, commenous Pavons remarqué ailleurs -, que les antichambres, les íàiles des gardes, lessalles à manger Sc íes autres pieCes de cette eípece ne doivent jamais faire partiedes enfilades principales d'un bâtiment, parce que celles des maîtres se trou-vent alors interrompues dans ' leur alignement. Cet inconvénient peut se re-marquer ici dans P enfilade BC , qui est indistinctement traversée par une chambreà coucher , des antichambres, des cabinets Sc une Bibliothèque. A propos decette derniere, nous remarquerons qu il auroit été à désirer que cette enfilade eutpassé par le milieu de la Bibliothèque , ce qui étoit possible en donnant àcette piece ( qui n’a qu’un étage Sc qui a été bâtie après coup ) moins de failliefur le jardin, Sc faisant la petite gallerie , placée derriere , moins profonde. En ef-fet , il n’y a point de doute que lorsqu il s’agit de la disposition des pieces d'unappartement - la premiere attentiòn d'un Architecte , soit qu’il le ‘compose à neuf isoit qu’il y fasse feulement des additions , doit être d’observer les loix générales de ladistribution. Or certainement la premiere loi de la distribution consiste non-seu-lement dans les enfilades principales, mais auffi dans la direction régulière de cesmêmes enfilades ; donc il auroit été eílentlel que la ligne BC eut passé par lemilieu de la bibliothèque, Sc que la cheminée, au lieu d'être en face des croi-sées , fût à Pextrêmité de Penfilade. Il est vrai que ces sortes de pieces ne doiventpas essentiellement faire partie de Penfilade d’un appartement ; mais comme il sepourroit, ainsi qu’on l’a observé ici, quoiqu’assez imparfaitement, que cette biblio-thèque dans une autre occasion servît de gallerie de tableaux , Scc. il étoit alors im-portant de la disposer de maniéré que dans tous les cas son axé répondît à Pen-filade générale.
Toutes les pieces du côté du jardin, ainsi que nous Pavons déja remarqué,font grandes, spacieuses, décorées avec magnificence , Sc contiennent des ta-bleaux des plus excellons maîtres ; mais comme ce corps-de-logis est semi-dou-ble, Sc que la dignité du Propriétaire exige une suite d’appartemens considéra-ble , on n’a placé aucune chambre à coucher de ce côté , on en a pratiquéseulement de privées, l’une du côté du petit jardin, marquée D, l’autre dansle petit Hôtel donnant fur le jardin E. Cette derniere est accompagnée de pie-ces de commodités, Sc dégage dans le grand appartement par la petite galleriedans Penfilade de laquelle , vers F , on a pratiqué une nouvelle Chapelle dans unepartie de la petite cour ; déserté qu’à la place de la croisée G, on a Ouvert uneporte qui fait voir P Autel dans toute la profondeur de cet appartement. Cette
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