ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. V.
Hôtel deNoailies.
; /
132
Chapelle Sc íe cabinet font éclairés par des jours de coutume fur le mur mitoyen.Le tableau de deíîùs f Autel est de Champagne , le plafond est peint par Brunetti ,Sc les figures en grisaille sont de Parocel , le Neveu , le tout sous la condui-te de M. Charpentier , Architecte. Derriere ce petit appartement est placé un es-calier , où l’on entre par la cour du petit Hôtel de Noailies , qui contient au pre-mier étage le logement de M. Le Maître , Trésorier des fortifications , Sc au rez-de-chaussée du côté de la rue, une écurie , des remises , une cuisine , Scc.
Du côté du petit jardin D, & en face de la chambre en niche, est pratiquéeune salle des bains, que l’on a augmentée d’une garderobe aux dépens de la petitecour H. Cette piece communique à la chambre en niche, ou à découvert par lepetit jardin, ou à couvert par la salie à manger des Officiers , servant d’anticham-bre. On n’a point exprimé ici cette nouvelle garderobe , ni les cloisons de la cham-bre en niche, ces additions étant peu importantes, Sc le plan que nous donnonsétant fort anciennement gravé.
Nous avons trouvé dans ce plan la cour principale trop petite ; les basse-coursfont dans le même cas. Il en résulte un défaut de salubrité dans tout cet Hôtel,principalement dans les logemens des Officiers de cette Maiíòn. Sans doute quepar là on a mis à profit plus de terrain, mais cette considération n’est pas suffi-sante , un grand Hôtel devant supposer un grand emplacement, sans quoi l’ons’écarte des loix de la bienséance , les dépendances d’un grand édifice devant an-noncer l’importance du Propriétaire.
Nous n’entrerons point ici dans le détail des distributions des bâtimens descuisines , ni des écuries : les noms écrits dans ce plan les indiquent aíîèz. Nousrappellerons seulement ce que nous avons dit plus d’une fois, touchant la néces-sité de pratiquer des baíìè - cours particulières pour les différens départemens d’unemaison considérable , en faisant ensorte qu’elles ayent des íorties dans les déhors.On n’a point observé cette régie dans la distribution de cet Hôtel à l’égard descuisines Sc offices, ce qui nuit considérablement à la propreté de la grande courSc au coup d’oeil des Maîtres, à cause du paííage continuel des gens subalternes quivont Sc viennent de la cour principale dans les cuisines.
Plan du premier étage. Planche II.
Le principal corps-de-logis au rez-de-chaussée étant composé , pour la plusgrande partie , d’appartemens destinés aux audiences publiques Sc à 1 a société , onen a pratiqué dans celui-ci de propres à l’habitation , Sc d’autres de parade. On yarrive par un aíîèz bel escalier, quant à la décoration , car nous ne pouvons nousdispenser d’observer qu’il est un peu roide, les marches ayant peu de giron Sctrop de hauteur. D’ailìeurs fa cage est petite, Sc ses quartiers tournans produisentdes collets qu’ii faut sçavoir éviter dans un escalier principal. A l’égard de sadécoration, un Ordre de pilastres Corinthiens, disposé simétriquement, fait sonprincipal ornement. Cet Ordre est couronné d’un entablement régulier, dont lesmoulures font ornées de Sculpture d’un travail d’assez bon goût, auffi-bien queles trophées Sc les agrafes qui font distribués au premier étage dans lepourtour de fa cage. Cependant comme cet escalier en général est peu éclairé,la beauté de son exécution ne laisse pas que d’y perdre beaucoup ; de forte qu’àTexception de sà situation avantageuse , étant placé à droite, Sc de sà décorationdont la richesse est analogue à l’importance du bâtiment, on ne peut applaudir àson peu d’espace, ni à sà forme, qui auroit été mieux rectangle. Cette figureplus régulière auroit aussi produit plus de grandeur Sc plus de dégagement à l’es-calier, Sc procuré à la cour une décoration extérieure beaucoup plus grave, en
évitant
j