Hôtel sNoailles.
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í 3 4 ARCHITECTURE F R A N Ç O I S E, L i v. V.
L’ordonnance dé cette porte , qu’on dit être du dessein de Jean Richer (c ), estcomposée d’un Ordre Ionique, surmonté d’un Attique Sc couronné d’un fronton.Cette porte, dont le sommet est bombé , est accompagnée de chaque côtéd’une colonne formant avant-corps , avec un pilastre qui lui sert d’accou-plement. L’architrave de dessus est continuée dune colonne à f autre , ce quidonne à cette ordonnance un caractère de fermeté que Jean Richer a observédans quelques-unes de ses productions , ainsi qu’on peut le remarquer dans deuxmaisons décrites dans les Chapitres I & V de ce Volume. La frise dans l’éxé-cution est droite Sc non bombée comme elle se voit ici, Sc contient i’inscrip-tion suivante :
HOTEL DE NOAILLES.
La corniche a des modillons, Sc est profilée très-correctement ; on remarquerarement cette correction dans les autres façades de cet Hôtel, ce qui nous per-suade en quelque sorte que cette porte est d’un autre Architecte que le reste
du bâtiment. L’Attique de destus paroît un peu élévé : fans doute ce qui a dé-terminé à cette hauteur, est le grand intervalle des pilastres Ioniques de dessous;d’ailleurs le fronton fans cette élévation auroit paru trop écrasé , de maniéré que cequi dans toute autre occasion auroit été une licence condamnable, est devenu iciune nécessité presqu’absolue. On doit conclurre de là, que lorsqu’on examine unbâtiment, il est bon de 1 envisager sous distérens points de vue, Sc de penser
en même tems, qu’un Architecte est souvent forcé de se prêter aux différen-
tes circonstances qu’exige son ordonnance en général, principalement lorsqu’il luien revient un bien réel pour la dimension des masses de son édifice, Sc qu’aucu-ne des parties n’en paroît altérée sensiblement. Nous observerons même que cetAttique ainsi élévé , autorise en quelque sorte le fronton qui le couronne ; autre-ment ce genre d’amortissement ne peut aller avec un Attique , que nous avons re-connu dans notre Introduêïion être un Ordre fort irrégulier.
Les croisées du rez-de-chaussée , à côté de cette porte , font d’une bonne pro-portion Sc dune assez belle ordonnance. Il étoit seulement plus convenable queleurs sommiers sussent de niveau à celui de la porte principale ; cette inégalité dehauteur étant toujours un vice plus- ou moins condamnable dans une Architecturerégulière. Cette licence ne se rencontre ici sans doute que parce que l’appui deces croisées, qui éclairent des pièces subalternes, devoit être élévé un peu au-dessus du fol de la rue, afin que la vue des dedans fòt défendue aux dehors ;mais cette considération n’est que particulière, Sc une.raison de cette efpece nedoit jamais contribuer en rien au désordre des façades. En pareil cas il vaut mieuxse déterminer à changer toute son ordonnance, le grand art dans l’Architectureconsistant à arranger d’une maniéré convenable la nécessité intérieure avec la décora-tion extérieure , fans oublier les loix de la solidité , soit réelle , soit apparente. Nousfinirons en remarquant que ce que nous trouvons de moiró tolérable dans cetteélévation, c’est la maigreur des corps de refends, l’excessive hauteur de la balus-trade qui couronne l’Attique, Sc au contraire le trop peu d’élévation du socle ouretraite qui le soutient.
(r) Voyez ce que nous avons dit de cet Architecte au une élévation de l’Hotel de Puffoit, portant le nom décommencement de ce Volume, pages 3 & 17. Quelques- Jean Marot ; mais il se pourroit bien que ce fut un projetuns prétendent que cette porte est du dessein de Jean Ma- qui n’a jamais été exécuté , ainsi qu’une infinité d’autresrot , Architecte, qui avoit, dit-on, donné originairement bâtimens qui composent ses œuvres, & qui font feulerles deíîeins de tout cet Hôtel. Ce qui est de certain, c’est ment de son invention, sans avoir jamais été érigés,qu’on trouve dans Les Delìces dei’aûs , Planche 122.