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3 (1754) La description des principaux Edifices des Quartiers Saint Denis, Montmartre, du Palais Royal & Saint Honoré
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ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. V.

I 3S

'Elévation du côté de la cour , opposée au principal corps-de-logis.

Planche IV.

Sans avoir égard aux façades des halle - cours qui fe remarquent íur cette Hôtel dePlanche, ni à celles du petit Hôtel, nous ne parlerons que de f élévation qui fait Noaiii£S 'face au principal corps-de-logis, Sc qui a la même ordonnance que les ailes dubâtiment, situées aux deux côtés de la grande cour, celle des baílè - cours étantd'une Architecture trop indifférente Sc même d’une décoration trop négligéepour en faire mention ici. Il est vrai que ces baííe - cours n’étant pas vues de laprincipale entrée , il étoit peu important d’assecter de Puniformité dans leurs fa-çades , dependant cette raison ne devroit jamais faire qu’un Architecte fe négligédans ses compositions : tout ce qu'il produit devant fe ressentir des régies du bongoût, même dans les parties les moins apperçûes en apparence de son bâtiment ;mais revenons à la partie qui nous intéresse. Nous ne pouvons nous dispenser deremarquer que relativement au peu d’eípace de la cour , cette façade est trop éle-vée. Il est important de ne jamais faire les murs ou les bâtimens en face des prin-cipaux corps-de-logis d’une certaine hauteur, autrement les appartemens font tris-tes , lorfqu’on y est totalement privé de la vue des dehors ; en un mot il fautqu’une maison, destinée à la résidence d’un grand Seigneur, ait des cours spa-cieuses ou des bâtimens peu élevés, pour que l'air que l’on y respire soit pur ;d’ailleurs cette grandeur que nous désirons, annonce d’une maniéré plus positivela magnificence d’un Propriétaire. Ce qui contribue ici à rendre encore cette courfort reíïèrrée, c’est la nécessité dans laquelle oíi s’est fans- doute trouvé d’élé-ver le mur A de toute la hauteur du bâtiment , à cause de íà simétrie avec l’aîleB : circonstance assez embarraíïànte, Sc qui a dû coûter beaucoup , mais qui étoitindispensable , vû la disposition totale du bâtiment.

A l’égard de l’ordonnance de cette élévation, elle n’est pas fans beauté, étantprofilée d’une assez grande maniéré, mais en général, on peut remarquer que l’avant-corps C Sc les pavillons D, D font d’une proportion trop ívelte , pendant au con-traire que celles des arcades du rez-de-chauíîee font trop massives. Nous obser-verons aulii que les piédroits de ces arcades font ornés de refends , genre de dé-coration qui ne va point avec l’imposte qui les couronne , ni avec les archivoltesqui retournent horiíontalement fur ces derniers, Sc dont les intervalles ornés detables rentrantes, forment un contraste qui ne peut être admis dans la bonne Ar-chitecture. Cependant il faut convenir qu’il régné un assez beau simple dans toutecette façade Sc un certain caractère viril, dont on jugera beaucoup mieux dansla Planche sixième , parce quêtant de même ordonnance Sc vûe de face, il feraplus aisé d’en comparer les rapports généraux Sc la subdivision des parties.

Elévation du principal corps -de - logis du côté de la cour.

Planche V.

Nous avons déja blâmé la trop grande hauteur des bâtimens précëdens, euégard à la grandeur de la cour. Celle de cette façade est cependant encore plusconsidérable , ayant non-feulement un étage Attique de plus, mais un combled’une élévation outrée , de forte que ce dernier paroît anéantir par fa capacitétoute l’Architecture de deíïous , qui d’ailleurs fe trouvant composée de beau-coup de petites parties , ne semble avoir aucun rapport avec les masses de cetédifice.

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