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3 (1754) La description des principaux Edifices des Quartiers Saint Denis, Montmartre, du Palais Royal & Saint Honoré
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ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. V.

CHAPITRE XXXI

Description de % Hôtel de Duras > rue âu Fauxbourg Sainr

Honore

C ETTE maison sut bâtie originairement fur un terrain que M. Boffrand (a ), deArchitecte duRoì, acquit vers 1718. Après qu’il eut fait éleverctes bâti—mens dont nous allons parler, cet Architecte les vendit, en 1722 , à Mtfiìre kanDurfort , Duc de Duras , Maréchal de France >, qui l’occupe aujourd’hui»

Plan général des bâtimens , jardins & dépendances de cet Hôtel.

Planche Premiere.

Le principal corps-de-logis de cet Hôtel est triple Sc isolé de toutes parts»:

Nous donnerons fa distribution intérieure au rez-de-chaussée , en expliquant la Fi-gure Premiere de la Planche II, nous parlerons seulement ici de la forme de íacour principale qui est d’une proportion assez agréable ; elle est fermée de mursde onze pieds de hauteur Sc percée de portes, qui d’un côté conduisent aux bas-se-cours, Sc de i’autre au jardin potager. La baíîe-cour, d’une forme régulière , estenvironnée de bâtimens qui contiennent les écuries , les remises, les cuisines ,offices Sec, Sc dont les hauteurs font inférieures à celle du principal corps-de-logis,cequi laiste dominer ce dernier fur tout le reste , Sc lui donne cet air de supériori-té que M. Boffrand a sçu mettre en usage dans toutes ses productions. Les jar-dins de cet Hôtel font peu étendus, Sc leur distribution, en général, est assez maldisposée, défaut à la vérité, qui se remarque plus dans le dessein que dans l’exé-cution ; c’est ce qui nous a fait observer plus d’une fois que l’on ne pouvoitjuger que très-imparfaitement de la beauté d’un jardin par son plan , la nature ayanttoujours de quoi plaire, pour peu qu’elle soit secondée pat les foins Sc l'entretiend’un jardinier intelligent. Ces jardins ont une iffixe particulière par la rue. Il auroitété à souhaiter qu’on en eut pratiqué une autre pour dégager les baíie-cours dans lesdehors ; mais, comme nous l’avons remarqué dans le Chapitre précédent, ce dé-gagement est moins nécessaire dans une maison particulière, telle que l’étoit celle-cl-dans son origine, où l’on a toute liberté d’ailleurs d’en pratiquer un lorsqu’onsle jugera à propos, la distribution actuelle permettant ce dégagement fans nuirecn rien à ia disposition‘générale des bâtimens des basse-cours.

(a) Voyez ce que nous -a-vons dit de ce célébré Ar--ehitecte dans le premier Volume de cet Ouvrage , page242 , &c. Nous avertissons que, par inadvertance , ( dans'ce même Volume, note a , page 2-3 6.)nous avons avancéque c’étoit M. De La Maire qui avoir été l’Architecte dece bâtiment, par la raison que les Planches que nous don-nons ici, & qui viennent du fonds de M. Mariette, nousTavoient annoncé ici ; mais dans nos recherches , nousavons appris de M. BoíFrand lui-même que cet édificefut bâti primitivement pour lui & fur ses desseins, quói-qu’il n’en ait pas fait mention dans soft livre d’Architec-ture dont nous avons déja parlé.

Nous prenons occasion de cette erreur, pour réitérernos instances aux Architectes & aux autres Artistes, àqui involontairement nous pourrions avoir donné lesouvrages des autres, ou qui feroient en droit d’en ré-clamer quelques - uas , de vouloir bien nous adresserleurs observations, afin qu’en leur rendant la justice qui

Tome U L

leur est due, cet Ouvrage èn devienne eh même temsplus exact ; une collection de cette nature devant inté-resser tous les hommes à talens, en général. A propos dececi nous conviendrons d’une inattention de cette especequi nous est arrivée concernant le grand Autel des Char-treux de Lyon que nous avons attribué ( Tome II. page37 3 note a } à M. Servandont, & qùi est du desseinde M. Soujfiot > Architecte du Roi, dont nous parleronsdans son lieu. II est vrai que M. Servandonì a fait undessein pòur cet Autel, mais il n’a pas étç exécuté : lanote que cet Artiste nous donna par écrit lors de l’im-pression du second Volume nous jetta dans cette erreur:Nous ne pouvons être garants de pareilles méprises ; c’estpourquoi , poiir nous justifier à l’avenir de telles inad-vertances , nous prenons foin de garder les mémoires qu’onnous envoyé , & qui serviront dans la fuite à prouver ladroiture de nos intentions.

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