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4 (1756) La Description du Louvre & du Palais des Tuileries, celle du Château, Parc & Jardin de Versailles
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ARCHITECTURE FRANÇOISE , Liv, VI . |

Charles Perrault rapporte auíïl dans le premier volume manuscrit dont nousvenons de parler note (d) J que dans ce tems Sebastien Serlio i Architecte Ita-» lien » vint en France& que le Roi lui ordonna de faire un deílèin pour le Louvre ;

feulement nous pouvons attester que tout ce que con-tiennent ces recueils est destiné par lui-même, mais que lajálus graíide partie des explications & des indications-ceflaires pour parvenir a la description de ces bâtimens yest écrite de fa main. Ce dernier article nous est prouvé partine Lettre originale, datée du 18 Septembre 1671, quiest à la tête du premier des volumes que nous citons, &que Claude Perrault avoir écrite à M. Vigarani , pour leremercier des complitnens quil lui faisoit touchant lenouveau chapiteau Composite François pour letroiïiémeOrdre de la cour du Louvre, dont il venoit de faire unínodele, & dont M. Vigarani devoir rendre compte àM. de Lionne , alors Ministre.

Nous pouvons faire observer austì à nos Lecteurs,que ces recueils contiennent des compositions très - inté-reííantes , pleines de feu, de génie 8c dinveiìtion ; quepar-tout on y reconnoît les mêmes beautés quon admireâujourdhui dans le péristile du Louvre, & que les ob-servations qui les accompagnent font du même stile queles commentaires que ce sçavant nous a laiste fur Vitruve.On en peut faire la preuve dans les Livres originaux dontnous parlons, déposés entre les mains de M. Portail ,Garde des tableaux du Roi, à la Sur-lntendance à Ver-sailles.

Ce qui a fans doute fait contester à Perrault la gloiredêtre lAuteur du péristile du Louvre, vient de ce quepresque personne nignore que M. Colbert chargea, parordre de Sa Majesté,Messieurs le Veau, le Brun 8c Perraultde travailler de concert à la composition de ce monu-ment ; mais , comme on le verra par une délibérationdes Bâtimens du Roi que nôus rapporterons plus bas , ilhy a point de doute que les desseins de Perrault nayentété préférés. Cette délibération, jointe à lautorité des des-seins originaux dont notis venons de parler, leve le voile,qui jusqu a présent avoit jetté de lobscurité sur Cet évé-nement. Ajoutons à cela, quen général les Artistes quiexercent lArchitecture, endurent difficilement que ceuxqui nen font pas ouvertement leur profession, ayent destalens supérieurs. Perrault étoit de lAcadémie Royaledes Sciences, Docteur en Médecine de la Faculté deParis : en faut-il davantage pour que la plupart des gensdu métier se soient soulevés contre lui, & lui ayent re-fusé la qualité dArchitecte ? Peut-on , disent - ils, êtrehabile dans plus dun genre ? Sans doute : nous avons eude grands Peintres , de grands Architectes, de grandsSculpteurs dans la même personne. LAbbé de Clagny ,bon Théologien, étoit aussi très-bon Architecte. Le Brun ,célébré Peintre, postedoit lArchitecture au dessus debien des hommes qui exercent cette profession. MichelAnge , le Cavalier Bernin dans le siécle passé, lun grandPeintre, lautre grand Sculpteur , ont laissé des momi-mens élevés fur leurs desseins. De nos jours Gilles Op-

penor , un de nos plus grands Dessinateurs, a fait éleverquelques Édifices. Messieurs Meistonier 8c Germain , Or-fèvres du premier ordre, se sont exercés à lArchitectureavec une forte de succès. Enfin Vitruve recommande àun Architecte les connoissances essentielles de la Musi-que , de la Médecine, du Génie militaire, des Mathé-matiques , du Dessein , &c. La plupart même de ceuxde son tems en étoient pourvus ; cest ce que personnenignore. Mais aujourdhui nos Artistes plus superficiels *plus distraits 8c plus dissipés, regardent avec une fortede honte nécessité de reconnoître des talens supérieursen Architecture chez un homme qui paroistoit destinépour toute autre occupation. En conséquence de ce fauxraisonnement, Claude Perrault a de son vivant, comme

ceux de nos jours lui ont refusé & lui disputent les connois-sances profondes delart de bâtir. On ne peut cependantignorer quil a été bon Méchanicien, par les machines quilcomposa pour la construction du Louvre, & dont il nousa donné les desseins dans fa traduction de Vitruve j grandÉcrivain, par ce même Livre quil a composé avec autantde sçavoir que d'érudition ; grand Architecte, par les fa-çades du Louvre , lObservatoire 8c larc de triomphequil fit ériger sous Louis XIV ; fans compter une quan-tité prodigieuse de projets quil avoit faits pour le vieuxLouvre, & pour dautres édifices dimportance, doncles desseins existent dans les deux volumes qui appartien-nent au Roi, 8c que nous venons de citer : enfin profondThéoricien, par son traité des cinq Ordres, qui nest pasfans mérite, malgré la critique quen vient de faire un denos Architectes dans son Traité du beau ejstentiel dans lesArts ò &c. dans le dessein fans doute de préconiser Fran-çois Blondel 3 célébré Architecte, à la vérité , mais dansle Cours dArchitecture duquel il sest glissé plus duneerreur , que son Apologiste a copiée indistinctement.Au teste cet aveuglement est ordinaire à ceux qui parquelque motif que ce soit prennent un esprit de partidans leurs écrits, aussi bien que dans les systèmes quilsont adoptés.

Dans la Crainte que les preuves que nous venons derapporter ne suffisent pas pour persuader ceux qui parune ridicule incrédulité se font un mérite de douterde tout, nous allons joindre à cette note un extrait desregistres ou journal des bâtimens du Roi, que Piganioinous adonné dans son second volume, p. 6a 8.

» Voici, dit-il, un papier qui mest tombé par hazard» entre les mains, & qui non-seulement nest pas un de» ceux que M. Dorbay [6] offroit à M. Boileau Des -*» préaux de mettre fur table , mais même qui les réfuté» absolument. Cette piece [7] est un acte autentique ,» ayant été vue & approuvée, ainsi quil paroît par uny

[<] François Dorbay , dont nous avons parlé au second volume p. i étoit, comme nous lavons dit, éleve de Le peau : en cette qua-lité il étoit antagoniste de Perrault , & offrit en 1694 à Boileau , ennemi déclaré des Perrault, qui donna cette année une nouvelle édition,de ses Ouvrages, de prouver que les desseins quon a suivis pour la façade du Louvre étoient de Le Veau{ mort en 1670.) II le dit effective-ment dans la premiere de ses réflexions íur le traité du sublime de Longin , & il déclare quil nécoit pas vrai que cette façade du Louvre ,ni lObscrvatoire , ni larc de triomphe eussent été élevés fur les desseins dun Médecin de la Faculté de Paris. Mais ce qui prouve que cePoëte célébré avoit été aigri contre les Perrault, cest laveu public que Boileau fit à Charles Perrault, en lui écrivant en 17004que le défit de se voir critiqué lui avoit fait dire des choses quil feroit mieux de navoir sas dit : excuse assez soible à la vérité , après avoir,donné lieu j'usquà présent à lincertitude semblent être la plupart des Artistes fur le véritable Auteur de ces merveilles de lArt , quipeuvent à bon droit être regardées comme le triomphe de lArchitecture Françoise , &qui ne peuvent gueres connoître de rivales que laporte S. Denis par Blondel , le Château de Maisons , & le T al-de-Grace par François Mansard , &c.

[7] Nous ignorons Piganioi a pris cet extrait, il ne cite rien dans son Livre > & dit seulement que ce papier lui est tombé entre legmainsnéanmoins il y a bien de lapparence quil na pas avancé ce fait sens une preuve incontestable. Nous avons tenté a ce sujet de fairedes recherches dans les registres de lAcadémie Royale dArchitecture ; mais Feutrée de ses archives est si difficile, que nous n avons pify pénétrer. Nous navons pas été plus heureux dans les recherches que nous avons faites fur le compte de Le Veau dans les porte-feuilleades Contrôleurs des Bâtimens du Roi, auprès de la plûpan desquçls nous avons trouvé beaucoup daffabilité , mais aucune sekiîfactioAppurles éclaircíffemens dont nous avions besoin.

Tome IV, B

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ChâteauLouvre^