ARCHITECTURE FRANÇOISE,Ltv. VI, 9
d’en faire bâtir la face principale en 1665 , nous en rapporterons dans ce chapitre cJlâteatIquelques autres extraits qui regarderont la description de ce vaste monument ; prin-cipalement ce qui concerne les projets immenses que Claude Perrault avoit faitpour son embellissement, ce qui ajoutera quelque intérêt, & répandra de la di-versité dans la partie du discours qui contiendra cette description, Et pour donnerune idée de la grandeur &: de la majesté de cet Edifice , qui devant être réuniavec le Palais des Tuileries, auroit formé le plus bel ensemble qui fut jamaisexécute en Europe, nous offrirons d’abord deux plans généraux (m) , projettéspar Claude P errault , avec la description qu'il en a faite lui-même, ensuite unprojet général du Cavalier Bernin : enfin nous donnerons le plan général des bâti-mens actuels & des massifs des Maisons, Hôtels, Eglises, &c. qui divisent ces deuxgrands Edifices, auísi-bien que les rues qui les partagent, & qui rendent presqueimpossible aujourd’hui la réunion de ces deux Palais {n).
CHAPITRE II.
Description des Bâtimens du Louvre & des Tuileries joints ensemble ,suivant le premier projet de Claude Perrault . Planche I.
L E plan gravé fur cette planche présente le premier projet que Claude Perraultavoit composé pour réunir ensemble les deux Palais du Louvre & des Tui-leries j nous en allons rapporter ici à peu prés la description en forme de Mémoireinstructif, que ce célébré Artiste en avoit fait lui-même pour donner une idée dela grandeur de son projet, & expliquer les avantages qui en réfulteroient.
» Tous les Bâtimens quexprime ce projet, dit-il, font séparés en quinze cours (0),
-» indépendamment de la grande place E & de la rue F qui N fépare ce Palais d’avec-, celui des Tuileries, De ces cours, il y en a trois grandes, dont la premiere A, qui-» a foixante-trois toises en quarté, est environnée des appartemens destinés pour
(m) E’un 4 e ces deux plans généraux a déja été gravé Souveraine du Parlement n’est nommé Palais qu’à causeéc se trouve dans le recueil des estampes du Cabinet du que depuis S. Louis , & même bien avant ce Prince, cetRoi. édifice servoit de demeure à nos Rois, après qu’ils eurent
(/z) Jusqu à présent nous avons nommé le Louvre cessé d’habirer le Palais des Thermes, que les RomainsChâteau ou Palais , ce nom s’étant trouvé fynonime dans avoient fait bâtir du côté du midi : ( on en voit aujourd’huiles Auteurs qui ont écrit de l’origine de ce Bâtiment ; les restes rue de la Harpe à la croix de fer ). On a nommécependant, comme nous l’avons remarqué note {st), p. 3 , ensuite les bâtimens où se tiennent les autres Cours deíe nom de Château paroît devoir être consacre aux édi- Parlement du Royaume, Palais , sans doute àl’imitationlices élevés à la campagne, & celui de Palais paroît plus de celui de cette Capitale j quoique nos Rois n’ayent paspropre â exprimer en général la résidence d’une Tête cou- de demeure dans les Provinces ou font établies ces Coursronnée, ou d’un grand Seigneur qui fait bâtir dans une Souveraines, Ces Edifices devroient s’appeller plus natu-grande ville. L ethnologie de ce dernier, vient, selon tellement Basiliques , du Grec Bafilike, Maison Royale ,Procope , d’un personnage Grec , nommé Pallas , qui qui chex les Anciens étoit une grande salle avec porti- ,donna son nom à une maison magnifique qu'il avoit ques , ailes, tribune, & tribunal, où les Rois rendoientfait bâtir à Corinthe, de maniéré qu 'Auguste nomma de- eux-mêmes la justice. Après que ces salles eurent étépuis Palais le bâtiment habité par les Empereurs, II étoit abandonnées aux Juges, les Marchands vinrent aussi s’ylitue a Rome fur une hauteur, qui pour çe sujet fut ap~ établir, ( Voyer^ Vitruve, Liv. 5. Chap. i. ) ainsi quepellee Mont-Palatin. Communément aujourd’hui on cela s’est pratiqué à Paris , ce qui fait donner vulgaire-ajoute a ce mot Palais différentes épithètes, selon la di- ment à cet édifice le nom de Palais Marchand , quoiquegnité des personnes qui l’habitent. On dit Palais Lmpé - la Cour du Parlement y siégé, 8 c que depuis un temsrial , Royal j Pontifical, Cardinal , Episcopal , Ducal, immémorial nos Rois n’y fassent plus leur habitation.
&c. D ’Aviler , d’après Nicpd , prétend qu on doit aussi ap- ( 0 ) C’est Perrault qui parle , & dont nous confer-peller Palais , l’ençlos qui renferme les Mes & autres pié- vons le rexre original, autant qu’il a été possible : nousces d’une Cour Souveraine, telles que celles d’un Parle- ferons feulement quelques remarques pour faciliter l’in,-ment : mais cette opinion ne nous paroît fondée fur d’au- telligence du discours, & dans le dessein de nous éten-tre autorité que l’ufage, quoique le Dictionnaire de l’A> dre fur plusieurs parties essentielles du projet qde cetcâdémié Françoise soit aussi de ce sentiment. Ce qu’il y habile homme nous a Taissé dans le premier volumea de certain, c’est qú’à Paris le Siégé où se tient la Cour manuscrit dé ses Oeuvres.
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