ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. VI. 15
Cour projettée en face du Palais des Tuileries du côté de l’entrée, & dont le dé- château &faut de la direction de lâxe a b du bâtiment de ce Palais avec celui du Louvre, est Louvte 'corrigé par la tour creuse de cette cour, & par saxe oblique c d. I, Grande salledes Gardes, commune aux deux grands appartemens du Roi, l’un d été, marquéK, l’autre d’hyver, marqué L. M, Chapelle dont nous avons parlé, note { p ), p. 10, &qui communique aux appartemens du Roi par la galerie N. O, Grande galerie quicommunique du premier étage du Palais du Louvre à celui des Tuileries. P,
Cours collatérales du Palais des Tuileries , dont les irrégularités auroient été cor-rigées par des murs de refend, auxquels auroient été adossés des bâtimens pourles cuisines, offices, remises , & autres dépendances de ce Palais. Q, Pont depierre projetté par Perrault avant le Pont - Royal, qui n a été bâti qu’en 1685 , &cqui auroit été situé en face du troisième guichet, en alignant lâ rue marquée F endirection par le passage R, avec la rue de Richelieu, qui traverse Paris du côtéde la rue S. Honoré ; de forte que de l’autre côté de la riviere , en face du pontpar la rue des Saints - Peres, cette enfilade auroit conduit juíques vers la Croixrouge, le centre du Faubourg S. Germain. S, Grand escalier de l’appartement dela Reine. T, Appartemens pour la maison de la Reine. V, Grand appartementde la Reine. U, Grand Talion de sappartement du Roi. X, Appartement de pa-rade. Y , Distribution du plan du premier étage du Palais des Tuileries, dont lesdétails seront donnés dans les planches suivantes de ce volume. Z , Galerie pro-|ettée pour fymmétriser avec la galerie O qui lui est oppoíée (*).
Apres avoir donné une idée de l’usage des principales parties qui composentle projet du plan dont nous parlons , nous allons faire quelques observations furíà disposition en général. Le défaut d’alignement de Taxe du Louvre avec celuides Tuileries paroît ingénieusement racheté par la division des principales coursqui se voyent ici - ì obliquité # ci, dans un espace auffi considérable , ne pouvants’appercevoir : mais la grande cour H, n’est pas dune belle forme -, il lui auroitfallu moins de largeur pour acquérir une proportion plus heureuse ; ce qui enïnême-tems auroit donné plus de grandeur aux cours collatérales P, qui devantcontenir des dépendances considérables, ont besoin d une plus grande étendue. Laplace publique E, est dune forme assez convenable; mais la rue F, qui ne la tra-verse pas dans son milieu, est un défaut de íymmétrie , condamnable dans la'disposition d’une telle place -, Tailleurs sa forme générale perd. beaucoup par lasaillie de la chapelle M, qui auroit pu, avec plus dè vraisemblance, être engagéedans la galerie N , & qui extérieurement auroit fait avant-corps, d’une part dansl'un des côtés de la place publique , & de l’autre dans la cour octogone B : laforme de cette derniere réussit assez bien, & est peut-être la seule partie de ce plan•avec l’escalier, dont la distribution, la forme & ('ordonnance soient véritablementà imiter. A l’égarddes autres cours marquées D,C, leur forme est plus indiffé-rente , & fans doute elles ont été assujéties à la nécessité des bâtimens dépendansde ce Palais, leíquels paroissent assez considérables dans ce plan, & relatifs â lagrandeur d’un édifice auffi vaste ôc auffi immense; mais dont néanmoins ladisposition des bâtimens paroissoit exiger une distribution plus convenable ; ce quijprouve en quelque forte que Claude Perrault entendoit moins cette partie de l’Ar-chitecture , que celle de la décoration des façades. Il est vrai, comme nous la-vons remarqué ailleurs, que la distribution n’a guéres pris faveur en France quedepuis cet excellent Architecte , & qu’à F exception des licences que nous venonsde remarquer , l’on reconnoît par-tout la grandeur & l’étendue de sen génie.
,(*) L’on a marqué d’une teinte générale tous les bâtimens projettés par Perrault , & tout ce qui n’est pas teint®jndique les bâtimens qui existent aujourd’hui»
Tome IV. * - D