ARCHITECTURE FRANÇOISE. Liv. VI. i§
& cle Louis XIII, par deux différois Architectes : la partie qui commence au nros T cKarc.ru ái
y t . r , i 1 r r i i ° Louvre.
pavillon des Tuileries julqu au guichet {h ), qui diviie ia longueur ën deux par-ties' presque égales , a été construite fous Henri IV, par Etienne Duper ac , Peintre& Architecte de ce Prince : 1 autre, depuis ce guichet jusqu au Louvre , a été érigéefous Louis XIII 3 par Clément Metezeau ( i ). ' ,
fervent de comtaunicátion du Quay du Louvre au quar-tier du Palais Royal 3 il y en a trois de cette espece dansla longueur de la galerie dont nous parlons ; auffi dit-oncommunément premier, second, troisième guichet duLouvre. On a pris foin de les marquer dans la planchedont nous donnons la description.
Voyez auffi ces ouvertures dans la planche onzièmeôù elles font exprimées 3 ces passages font de beaucouptrop étroits pour la communication continuelle de cequartier avec le Faubourg S. Germain. C’est fans doutece peu d’ouverture qui les a fait nommer ainsi, du vieuxmot huichet , ou petit huis , du Latin ojliolum.
(i) La décoration intérieure de cette galerie avoir étéprojettée avec la plus grande magnificence. François Su-blet , Sielir Des Noyers , Sur-Intendant des Bâtimens fousLouis XIII. avoir , par ûrdre de ce Prince , fait venir ex-près de Rome le plus grand Peintre de son siécle ( lePouJJin) pour en donner les desseins. Afih de secondercet habile homme, on choisit les Artistes d’Italie les plushabiles , tels que Arudini&c Brancha pour les stucs, Pond& Tritani pour les rehaussés d’or , & le PouJJin fe char-gea lui-même de’S camayeux Sc des grisailles distribuésdans ' les compattimens de la voûte de cette galerie , dontles tableaux dévoient représenter la naissance & les tra-vaux d’Herculey mais cet ouvrage immense, dans le goûtde la Galerie Ma^arihê , qu’on voit à la Bibliothèque duRoi [ i ], n a été continué que dans la longueur d’environ 5 otoises. On prétend que ce Peintre > dégoûté de la jalousede l’école de Fouet , prit la résolution d’abandonner cegrand oùvràge & de retourner à Rome j de sorte qu’il estresté dans Tétât où Tavoitlaissé le PouJJin [1], néanmoinsCe que notìs en possédons, suffit pour immortaliser CetArtiste. En ester la composition de cette voûte, sescom-partimens, & le gòût admirable de ses ornemens font au-tant de chef-d’œuvres. Cette voûte , dont la plus grandepartie de la sculpture est de stuc , prend naissance surune corniche de même matière, laquelle couronne unlambris de menuiserie décoré d’un Ordre Corinthien ,distribué fous les arc doubleaux qui semblent soutenir lavoûte. On affiire que M. le Brun avoit entrepris de con-tinuer de peindre cette galerie, qu’il en avoit même com-mencé la voûte , mais que ce dernier ouvrage a été dé-truit depuis, par la nécessité de pratiquer des logemensdans la partie de cette grande piece du côté du Louvre,lorsque Y Infante d’Espagne vint demeurer à Paris, envjix. On attribue auffi la ruine deces nouveaux ouvra-ges, àU défaut d’entretien des couvertures j ce qui estassez vraisemblable, a en juger par le dépérissement deceux du PouJJin , dont la plupart ont beaucoup souffertpar cette négligence, qui est la cause trop ordinaire dela destruction de la plus grande partie de nòs Maisonsroyales. Ajoutons à cela qu’òn regarde avec trop d’in-différencè tout ce qui n’est pas de notre tems 3 le pré-sent seul semble intéresser : pour une commodité jour-nalière, on sacrifie ce que des siécles entiers ont eu de la
peine à produire, & l’on n apperçoit què cè qui nous en-vironne. Les Chefs font surchargés, dit-on 3 cela peut être,mais cette considération dèvroit faire choisir des personnesen second, qui ayent beaucoup de connoistknce &de goût ;autrement les plus beaux ouvrages se trouvent abandon-nés à des hommes subalternes, ou bien , ce qui est égale-ment préjudiciable , on n’ordoiìne essentiellement les,réparations, que de ce qui paroît évidemment fous les ;yeux, fans prévoir que les pieces les plus ignorées dansun Palais, font souvent autant de dépôts qui contiennentdes trésors dignes de l’attention la plus scrupuleuse. Parexemple , on voit encore dans, la galerie dont nous par-lons , des tableaux d’un très-grand prix , presque périr _par le défaut d’entretien des combles. Les batailles d’A-lexandre qui y ont été long-tems, ont auffi couru grandrisque d’ètre détruites par cette même cause, Sc ce n’est.que par la représentation réitérée d’un amateur zélé,qu’on a pris le parti de les placer depuis quelques an-nées dans la galerie d’Apollon [ 3] où elles font, à la vé-rité , à l’abri de la rigueur des saisons, mais peut-êtretrop abandonnées à la discrétion des jeunes Artistes quitravaillent dans cette piece à mériter les saveurs duPrince , pour fe mettre en état d’aller un jour en Italieperfectionner leur étude-.
La galerie que nous décrivons est éclairée de 47 croi-sées, ayant vue fur la riviere 3 ces croisées, quoiqueséparées par des trumeaux cf une largeur considérable,ne laissent pas que de répandre une lumière suffisante danscette grande piece , fa hauteur «Tailleurs n’étant que de36 pieds fur 3 3 de largeur. Cette largeur & cette hau-teur paroisiènt fans doute peu considérables, eu égard àfa grande longueur 3 cependant la proportion en généralparoît supportable fur le lieu 3 ce qui prouve en quel-que forte que Texpérience doit toujours accompagnerla théorie. En effet, à en juger par la dimension des gale-ries que nous avons en France, il seroit aííèz difficile dedéterminer quelque chose de positif à cet égard, puis-que la plus longue que nous connoiffions après celledont nous parlons , est celle de Clagny , qui n’a que huicfois & demie fa largeur 3 celle de Versailles , sept fois 3cèlle de Saint-Cloud , six fois & demie 3 celle du PalaisRoyal , six fois : enfin celles de Meudon , de Chantilly »Sc de l’Hôtel de Toulouse à Paris , cinq fois Sc demie.Nous ne parlons pòint ici des galeries des Hôtels deLambert , de Vïllars , de la maison de M. Duchâtel , &c-„dont les proportions font arbitraires, & où il paroît qu’on11’en à íuivi d’autres que celles où Ton a été assu-jetti par la distribution générale du terrein. (Voyezceque nous avons dit ailleurs au sujet des.galeries dansnotre Introduction, premier volume, page $ 6 ).
Dans quelques-ùns des trumeaux de cette galerie ,'Ton voit, ainsi que nous venons de le remarquer plus haut,plusieurs grands tableaux de Técole de Raphaël , .& déquelques autres Maîtres d’Italie ji 4 d, auffi bien que lesportraits en pied des Rois &c Reines de France de la
{1] Voyez ce que nous avons dit de cette Galerie dans le troisième volume , page 73. .
[i] On voit dans le second volume des Œuvres du PouJJin , gravés par Vesne, Peintre & Graveur, la plus grande partie dés sujetsque Le Toujsm avoit composés pour orner la, voûte de cette superbe Galerie, & dont quelques morceaux font exécutés, tels que laDéesse Heíé , fille de Junon, femme à’Hercule i JHcmenç accouchant d 'Hercule; Hercule qui assomme Diomede ; Chhon ensei-gnant Hercule ; Hercule qui étrangle le lion de la forêt de Nemée ; Hercule qui prend conseil de l’Oracle, &c. Sans compter plu-sieurs Génies qui portent les armes.de ce demi-Dieu, des termes, & autres ornemens feints de stuc , d’une beauté & d’une composi-tion qui méritent les plus grands éloges.
[î] Voyez le plan de cette Galerie dans la planche sixième, & ce que nous en dirons en faisant sa description.
• {4] Le Roi vient d’accorder la- plus grande partie de ces tableaux à M. l’F.vêque d eMeaux, pour lés placer dans la Cathédrale decette Ville.