Château da.Louvre.
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zo ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. VI.
Dans la longueur d’environ ioo colles, & au dessous de cette galerie, sont desti-nés des logemens pour la demeure des Artistes les plus célébrés ; ce fut Henri IVqui, voulant avoir sous ses yeux les hommes les plus habiles de son tems danschaque profession , tant pour son íervice que pour celui du public, leur accordapar íès Lettres patentes du z r. Décembre 1608 un logement dans l’enceinte de sonPalais. Ces Lettres patentes ont été approuvées &: autorisées jusqu à présent par lessuccesseurs de ce Princede sorte que îon volt chez ces Artistes ( la plupart hom-mes du premier mérite ) les ouvrages les plus accomplis en sculpture, peinture,
seconde & troisième Race , & dont la diversité des ha-billemens fait connoître d’une Tnaniere'intéressante les vê-temens des Princes Lc Princesses de ces siécles déja assezreculés.
Vers le milieu de cette galerie .., au dessus du guichetdont nous avons déja fait mention , est un salon d’un-diamètre beaucoup trop petit , eu égard à la longueurimmense de cette piece j ce qui auroit dû engager à faire-un avant-corps extérieur plus considérable pour donnerplus d’espace à ce salon. Cet avant-corps étoit d’autanc.plus aisé à pratiquer, que cette galerie est comprise en-€ve deux murs de face, & que ion étendue , tant inté-rieure qu extérieure , auroit par , là été plus subdivisée,-ce qui auroit produit un bon esset. Cette idée devoirvenir naturellement aux Architectes qui ont bâti cettegalerie, d’une part par la petitesse de ce sallon, de l’autrepar le peu de saillie de l’avant-corps du dehors , ce qui sepouvoir ci’autantmieux que cet avant-corps se seroittrouvé placé à la rencontre des deux différentes ordon-nances d’Architecture , l’une bâtie fur les desseins d ’E-tienne Duperac , l’autre siir ceux de Clément Mete-çeati.( Voyez la planche onzième ).
Nous ayons remarqué dans le troisième volume '■( pageC 8 , note (cz), ) que lorsque la Bibliothèque du Roi se■trouva placée dans la rue Vivienne, on avoir projetteBe la transporter dans-cette galerie^ mais l’Infante d’Ëf-pagne qu’on attendoit en France , 8 c à qui l’on destinoit«ne partie de cette galerie, pour y distribuer des loge-anens. à ses Officiers ( ce qui arriva effectivement) dé-tourna de cette idée. D ailleurs la nécessité de prendrefur son peu de largeur des corps d’armoires pour placerles Livres, fans compter la saillie des balcons nécessairespour atteindre à ceux d’en haut, fans doute en,dégoûta ,parce que cette piece auroit encore perdu par là une largeurassez considérable : de forte que dans la fuite elle servit seu-lement de communication à l’Infante lorsqu’elle fut ar-rivée , & qu’elle vouloir aller du Louvre, où elle de-meuroit, au Palais des Tuileries. Nous rapporterons,à propos de ce paíïàge de l’Infante, qu’à cet effet l’onétendoir dans toute la longueur de cette galerie un tapis-de la Manufacture de la Savonnerie , d’un dessein assezbeau, & qui n’étoit divisé qu’en sept parties ; ouvragepeut-être un des plus grands qu il soit possible d’exécurerdans ce genre.
Avant l’arrivée decette Princesse en France, l’on avoirplacé dans cette galerie , vers 1697, plusieurs modelésdes villes fortifiées du Royaume, & cet ouvrage fut déjapoussé dans ce tems là à un assez haut point de perfec-tion ; mais on Ta augmenté depuis considérablement,de maniéré qu aujourd’hui cette galerie est remplie dans
toute fa longueur, & dans presque toute fa largeur, d’en-viron no modelés d’une exécution 8 c d’une beauté au-dessus de tout éloge, & qui présentent la collection la plusexacte qu’il soit possible d’imaginer, tant par l’imitariondes villes & des ouvrages de'fortification, 8 c les détailsdes environs, que par le goût avec lequel ils ont été misen relief. Effectivement les paysages, les montagnes ,les, collines, les rivières, les batimens civils 8 c militaires »tout y est intéressant, d’une grandeur satisfaisante , 8 c•exécuté avec un foin 8 c une dépense véritablement royale ;de sorte que cet assemblage immense mérite l’attentiondes amateurs & des personnes de I’Art. Quel plaisir estesset pour un connoìsseur , de pouvoir dans un mêmelieu prendre un local de toutes les principales Villes duRoyaume, & de parcourir, fans sortir de la Capitale, lesdifférentes situations exprimées dans ces modelés , avecune intelligence digne à bien des égards, du pinceau duplus grand Paysagiste 8 c de lebauchoir du Sculpteur leplus consommé dans son Art !
L’origine de cette collection est due au ministère deM. de Louvois. Pendant la régence , M. d Asseld, com-me Directeur générai des Fortifications , continua d’enordonner le prog rès. Enfin nous. devons son accroisse-ment & fa perfection à M. le Comte d'Argenson , Mi-nistre de la Guerre : la direction en a été confiée depuis1740 à M. Masinde Lu\ard , fils de M. Mazin [ 5 ], quieu avoir la direction dès 1707. Depuis quarante - sept-ans l’on doit à ces deux Directeurs un succès si peuattendu dans ce genre d’ouvrage, qui certainement &droit de satisfaire , non feulement les curieux, maisaussi les gens du métier. Tous les différens travaux quiont été ordonnés dans les villes de Strasbourg , LilleB r iançotiMajlricht 3 Berg-op-Zoom Su^e^ Casai^Pi~gnerol j Montmelian , &c. pendant les guerres que laFrance a eu à soutenir contre ses ennemis , y sont expri-més avec le détail le plus scrupuleux , & développésd’une maniéré qui montre évidemment la sagacité, legénie & l’expérience des Lieutenans Généraux & desIngénieurs qui ont. servi si glorieusement la nation Fran-çoise. Mais comme cette partie de détail appartient àune plume plus versée dans l’Art militaire , nous n’endirons pas davantage ; d’ailleurs notre objet dans ce re-cueil est de traiter seulement de l’Architecture civile 8 cdes Ouvrages de goût.
Nous remarquerons à cette occasion que pour pouvoirexaminer ces modelés avec une sorte de facilité , il seroicconvenable de pratiquer le long de cette, galerie, envi-ron à neuf pieds de hauteur , un balcon en fail lie pourles appercevoir à vûe. d’oiseau ; autrement la grandeurde leur surface empêche, en quelque sorte, de parcourir
[í] U. Matin, descendant Tune famille mon t e tourné R 0 ; C fil a ° auíFexSI
Mestre-de-Gamp d’Iníanterie , Chevalier , ’, . ’ £ J e fp e i nS ainsi que le Château à’Asfeld en Champagne :
& on’y'a employé beaucoup dc marbres de V.ame , tires a grands frais ."u Rígiment de Mailli , Se Directeur des Plans dst
M. Li/jd U, son fils, né â Toulon est vfpmiroHpr 'l’tónîmodelcs , de leur entrecie’n & augmentation, aussiRoi ; c’est lui qui est chargé, comme nous venons dele remarquer, ^^-"^"0° Ministre «v dorme laper-
tien que de psocurer rentrée de la galerie qu, les contient, ms Princes Etrangers , torique w m r
mission, cette collection célébré n’étant pas publique.
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