CMteau
Louvre.
rz ARCHITECTURE F R A N Ç OI S E , Lx v. VI.
à & i} L’Académie royale de Musique, ou Magasin de l’Opéra.
a , Marcké des Quinze-Vingt.
b y Eglise & Hôpital des Quinze-Vingt que l’on réédisie à neuf, fur les desseinsde feu M. Labbé , Inípecteur des Batimens du Roi , & qui fe continue fous la con-
Un crucifix de bronze de -r 8 pouces de proportion deVanObJlal. Cinq autres petits bas-reliefs aussi de bronze.
■s 6 morceaux de bas-relief & de ronde-bosse en y voire.
13 bustes en terre cuite , d’environ un pied de haut,par Sarrasin, représentant Jesus-Christ & les i i Apôtres.
M. Cochin , Garde de ce précieux dépôt, fe proposedans la fuite , pour l’avantage des Arts & le bien du pu-blic , de faire voir cette célébré collection aux amateursun jour de chaque semaine, quoique jusqu’à présent elleif ait point encore été publique.
L’Ímprimerie Royale a pris naissance fous le minis-tère de M. Colbert, qui en donna la direction au SieurCramoijy , Imprimeur. Celui-ci se servit pendant long-tems des caractères de l’Université ; mais M. Colberttoujours attentif à veiller aux progrès des Arts , fe pro-posa de porter à un plus haut point de perfection cetteImprimerie. Pour cela, il chargea les plus habiles Ar-tistes de íbn rems de composer de nouveaux caractèresRomains & Italiques, beaucoup plus réguliers, de ma-niéré qu’ils font devenus dans la fuite un siijet d’imita-tion pour toutes les Imprimeries du Royaume. Aprèscette'découverte, il fot décidé que l’on graveroit auíïïdes lettres capitales & des vignettes, frappées & justifiéesavec les moules d'acier, à dessein d’établir une Fonderiequi ne serviroit absolument que pour l’ImprimerieRoyale 3 ce qui sut effectivement exécuté, fous la direc-tion de M. AniJJòn , de Lyon, associé avec M. Rigaud,Libraire & Imprimeur.
M. VAbbè ÈìgnOTi , qui succéda à M. Colbert pour ladirection de l’Imprimerie Royale, fit choix de M. Grand-Jean pour en graver les caractères. Cet homme de mé-rite fut breveté, on lui accorda une pension , & on con-vint de lui payer à part ses ouvrages 3 alors il s’associa leSieur Alexandre son éleve 3 8 c ils travaillèrent conjoin-tement à perfectionner la plus grande partie des carac-tères qui avoient été résolus du rems de M. Colbert. Cetouvrage important devoir consister en vingt caractèresRomains, avec chacun leur Italique, dont la plus grandepartie fut finie fous M. VAbbè Bignon. A ce derniersuccéda M. Rigaud, qui vit mettre fin à cette entreprise 3après fa mort M. Anijson fut nommé à cette direction,& l’exerce encore aujourd’hui avec beaucoup de distinc-tion.
Les bârimens qui comenoiem cette Imprimerie Royales’étanr trouvés trop refierrés 3 d’ailleurs le deííèin danslequel 011 éroit de mettre fous les yeux des Directeursies différentes parties de détail de leurs départemens,fie que vers 1710 M. le Duc d.’Antin j alors Sur-Inten-dant des Bârimens du Roi, reçut des ordres de la Courpour faire faire des agrandiffemens, & procurer les com-modités convenables à cette Imprimerie ; alors on neconserva que la cage du bâtiment, & on pratiqua unegrande galerie au premier étage , placée au dessus dutroisième guichet, capable de contenir 1 6 ou 17 Prestes 3un grand magasin pour le papier, des arteliers, & enfinun assez beau logement pour le Directeur.
Lorsque ce nouvel arrangement fut fini , on y sirtransporter tous les ouvrages qui concernoient les carac-tères , & la Fonderie, qui étoient restés chez la VeuveGrand-Jean , qui avoir obtenu la survivance de son mari 3ensorte que tous ces différens ouvrages furent arrangésavec ordre dans plusieurs pieces, & font exposés aujour-d’hui aux yeux des connoisseurs. Le sieur Alexandre futbreveté à son tour , & travailla au second caractère,■nomme la Sedaneise , avec laquelle on a imprimé le
Phedre & l’Horace 3 mais il ne voulut pas entrepren-dre le premier caractère proposé même du tems daM. Colbert 3 il s’associa pour cela , Lr par Brevet , lesieur Lace son gendre, actuellement Graveur de llm-rimerie Royale : c’est à ce dernier, qui joint à la célé-rité de son Art, les talens de la sculpture & du dessein,que nous sommes donc redevables de ce caractère, ou-vrage du plus grand mérite, & d’une extrême difficulté.
( Voyez les épreuves de ce premier caractère dans lepremier volume de l’Enciclopedie ). C’est aussi à ce gé-nie rare & excellent qu’on est redevable des bordures,cadres, vignettes, culs-de-lampe, lettres - grises, &c.dont on enrichit le plus souvent les Livres de réputationqui font exécutés dans l’Imprimerie Royale. Tous cesornemens » la plupart d’un goût excellent, font gravésen acier, & imitent parfaitement la taille douce 3 ils ontaussi l’avantage de se décomposer de toutes grandeurs, dese transposer à discrétion, &c enfin de se tirer ensembleavec les caractères, ce qui est bien moins sujet que lespasse-par-tout en taille douce, dont on a fait usage jus-qu’à présent.
Ce que nous venons de rapporter au sujet de réta-blissement de l’Imprimerie Royale, fe contredit en quel-qu’endroit avec ce que Sauvai nous en a dit, car il faitremonter son origine dès l’an 1640, sous le ministère duCardinal de Richelieu. Mais, nous en avons déja averti, ondoit nous passer la diversité de sentimens qu’on peut trou-ver dans l’historìque de cet Ouvrage,comparée avec ce quenos Écrivains nous en ont donne, ayant crû devoir pré-férer aux sentimens des anciens Auteurs ceux des per-sonnes qui exercent journellement leur profession dansles différens départemens que nous nous trouvons obli-gés de décrire 3 leur témoignage ne peut nous devenirsuspect, connoisiànt leurs lumières & leur affabilité, qua-lités éminentes qui leur ont attirés dans plus d’une oc-casion route notre confiance.
La Monnoie des Médailles fut placée aux galeriesdu Louvre en 16x9 : l’on mit alors fur la porte d’entréeune inscription, qui s’étant trouvée mutilée dans 1a fuite»lui a fait substituer celle qu’on y volt aujourd’hui, conçueainsi, Monnoye des Médailles. Louis le Granddonna la conduite de cette Monnoie au Sieur Warin,Directeur général des Monnoies de France , & le plushabile Graveur de son tems : ce sut le célébré Balin quilui succéda 3 après celui-ci, VAbbè Bbçot en eut la di-rection , ensuite M. Petit qui l’exerça jusqu’en 1696.Ce fut dans cette année que le Roi donna un Édit parlequel Sa Majesté voulut qu’il n’y eût qu’une feule Mon-noie des Médailles en France 3 il créa à cet effet en titred’Office la Charge de Conseiller du Roi, Directeur dela Monnoie des Médailles, & Garde des Poinçons Lcquartés de Sa Majesté, de laquelle Charge M. Nicolas deLaunay fut pourvu la même année, & il l’a exercée jus-qu a sa more , arrivée le 17 Août 172.7.
Sous ce nouveau Directeur, la Monnoie des Médaillesprit toute une autre face 3 elle fut mise dans un ordreadmirable , & parvint à la plus grande perfection 3 cequi a toujours subsisté jusqu’à présent sous la directionactuelle dè M. Jules-Robert de Côte , Intendant & Con-trôleur des Bârimens du Roi, & gendre de feu M. deLaunay.
C’est dans ce lieu que toutes les Médailles qui fe dis-tribuent dans le Royaume, font fabriquées, parle moyende différens balanciers de bronze , dont un pese jusqu’à16 milliers, 8 c que dans une galerie, décorée de fort bon