ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. VI. Lx
gravure en taille douce, en creux, en pierres fines, orfèvrerie ^ &c. ; &: lorsque ces fia- ci-àL -àfiles Artifies ne fe trouvent pas assez de logement pour leur attelier, on leur en ac- uvie ’corde dans les dépendances du Louvre ; de íorte que les Etrangers qui veulent prendrecannoissance de la perfection où Ton a conduit de nos jours les Arts en France,trouvent prés du même lieu ce que Findustrie Françoise , dans un siécle auíîìéclairé, & ce que des talens supérieurs peuvent présenter de plus accompli. Noùsallons donner dans une note particulière le nom des principaux hommes de méritéqui occupent actuellement ces logemens, & dont nous n avons pû parler que d’unémaniéré fort abrégée ; ces additions, quelqu intéressantes qu elles soient, étant enquelque íorte étrangères à notre sujet ( k).
leur ensemble , d’une maniéré instructive. II est vrai qùece balcon riairoit peut-être à la proportion de cette ga-lerie ; mais en faveur du bien qui résulteroit pour lavue de ces merveilles de l’Art, il seroit sans doute Utilede sacrifier la dimension de cette grande piéce, qui paroîtdestinée aujourd’hui à être la demeure constante de cetteimmense collection.
Nous observerons encóre qu’il seroit à desirer pouflá conservation de ces modelés, qu’on pratiquât des dou-bles chalsis aux croisées, pour empêcher la poussière depénétrer dans cette galerie , qui étant exposée au grandair & élevée sur un quai sujet à la multitude, sembleexiger cette dépense j autrement ces chef-d’œuvres fedégradent insensiblement, les couvertures volantes qu’onpose dessus, étant absolument trop fragiles pour empê-cher leur dégradation.
Les entretiens , les additions, 8c les nouveaux mo-delés auxquels on travaille continuellement pour l’en-tiere perfection de cette collection , fe payent annuelle-ment fur l’extraordinaire des Guerres, à l’on a foin den employer pour ces reliefs que des hommes du pre-mier mérite dans ce genre de travail.
{k) Nous ne pouvons faire ici l’énumération de tousles habiles Artistes qui ont leur logement fous cettegrande galerie ) nous citerons seulement en passant M.Drevet , un des premiers Graveurs en taille douce pourle portrait. M. Pigalle , célébré Sculpteur, qui indépen-damment de ce logement, a son attelier dans l’intérieurdu Louvre. M. Sylvestre, Graveur & Dessinateur habile''pour les Vues. M. Rouquet , Peintre de portrait en émail,très-célébre, & qui a fait de grandes découvertes fur léméchanisme de son Art, & sur la composition des émaux.M. Danville, Géographe ordinaire du Roi. M. l’AbbéNolet , Professeur pour la Physique expérimentale. M. Dela Tour , un de nos plus habiles Peintres de portrait pourle pastel. M. Oudry, Peintre de l’Académie Royale ,1e plus• renommé pour les animaux, ayant son attelier au Châteaudes Tuileries. M. Germain , Orfèvre, digne héritier des ta-lens de feu Thomas Germain son pere, un des plus habilesOrfèvres que la France ait possédé. Meilleurs MarteauSc Duvivier , Graveurs du premier ordre pour les mé-dailles. M. Gay d’un talent supérieur pour la Gravureen pierres fines. ìA.BaiUy , Garde des Tableaux du Roi,&c. Mais ce qui mérite singulièrement notre attention8c celle des amateurs, ce sont, i e . la Collection des des-seins du cabinet du Roi. i°. L’Imprimerie Royale.3°. La Mdnnoie des Médailles, dont nous allons don-ner en particulier une description succinte.
Le Cabinet des Desseins , ci-devant sous la garde defeu M. Coypel , premier Peintre du Roi, a été confiéI’année derniere à Charles-Nkolas Cochin , Dessinateur& Graveur du premier mérite. ( Voyez ce que nousavons dit de cet illustre Artiste dans le tome t , page138 , note (e).
Voici à peu près le dénombrement des différens Au-teurs qui composent cette collection, montant environà dix mille desseins originaux de différentes Ecoles.
Tome IV 1
Plusieurs desseins de Raphaël.
Quelques-uns de Jules Romain.
Et un grand nombre de différens Maîtres de l’Ecotede Rome.
Plusieurs d’André del Sarie , de Michel-Ange Buona-rotti , de Mecarifio, de Baccio Bandinelli , 8c de difté-réns Maîtres de VEcole Florentine.
Quelques desseins du Correge.
Quantité dé desseins du Parmesan.
Plusieurs études 8c esquisses d’Annibal Carache.
Les cris de Rome du même , & plusieurs paysages.
. Diverses Etudes du Dominicain.
Un très-grand carton original de ce Maître pour sontableau du martyre de Sainte Cecile.
Quelques desseins & étrtdès du Guide, du Guerchin ,& quantité d’autres dè plusieurs Maîtres de TEcole déLombardte.
Plusieurs desseins du Titien, de Paul Veronesé , dúTintoret, des Bassáns , & de différens Maîtres de l’E-cole Vénitienne.
Différens desseins de Piètre de Cortone.
Plusieurs colorés de Benedetto di Cafiiglione.
Un nombre considérable de paysages de Paul Brill.Quelques desseins du Baroche.
Plusieurs desseins &: petites esquisses, peintes pár Ru-bens.
Plusieurs autres, retouchés par ce Peintre célébré, fanscompter un assez grand nombre de desseins de différensMaîtres de l’Ecole Flamande.
La plus nombreuse collection de te cabinet , consistedans les desseins de Le Brun. On y voir de ce Maîtrequantité d’études de figures nues & drapées, d’autresd’animaux, diverses compositions 8c esquisses de sujetsd’histoire, & des conquêtes de Louis XIV, des desseinsd’architecture, plusieurs études de la phisionomie hu-maine z & du rapport qu’elle a avec les têtes de différensanimaux. .
Quelques études relatives aux passions des hommes.Quelques desseins des batailles d’Alexandre.
Un nombre considérable de cartons, òu desseins dèfigures plus grandes que le naturel , de la galerie 8c dûgrand escalier de Versailles ; dû pavillon de l’Aurore jde la chapelle de Sceaux, &c.
Plusieurs desseins de compositions 8c d’études de Noël8c Antoine Coypel;
Un porte-feuille d’études d’animaux, par Boils.
Un porte-feuille de desseins de Sylvestre, contenantplusieurs Vues de Paris & des Maisons Royales, quel-ques vues de différentes Villes fortifiées, &c.
Enfin un porte-feuille d’études de Mignard.
On voit encore dans ce cabinet quelques oûvragesde sculpture, de marbre , de bronze , 8c de terre cuite 3entr’autres un S. Pierre pleurant son péché , & uneMagdeleine pénitente , tous defix de marbre en ronde-bossè, d’environ deux pieds de proportion, par Sarrasin.-17 autres petits'bas-reliefs de marbre du même, 8c dèVan O b fiai.
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