ARCHITECTURE FRANÇOISE , Liv. VI.
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Château duLouvre.
Explication des lettres de renvoi de la Planche sixième.
A, Piéees à découvert, & au dessous deíquelles font distribués les dissérens ap~partemens dont nous avons parlé dans la planche précédente.
B, Chapelle du Louvre , précédée d un vestibule qui communique aux deuxgrands escaliers.
C, Corridor qui conduit à l'Académie des Scienées, à la salle de la Marine,
& à la Jurisdiction de la Varenne du Louvre.
D, Académie des Sciences, établie en 1666 par les ordres du Roi (a). CetteAcadémie contient dans ce plan quatre pièces ; celle D i, est la salle où s’assem-blent les Académiciens ; elle est terminée par un plafond de menuiserie à comparthmens , chargé de sculpture d'un goût ancien : un lambris d’appui régne dans ionpourtour, & dans íà partie supérieure font pratiquées des tribunes pour les spec-tateurs. Dans cette salle se voit un grand tableau d 'Antoine Coypel , qui y a repré-senté une Minerve, tenant le portrait de Lotus XIV. La piéce EH, est celle quicontient les squelettes des gros quadrupèdes, tels que FEléphant, le Chameau, &autres. On y trouve aussi les Globes céleste & terrestre , une partie de la Biblio-thèque, Sec. Le plafond de cette piéce est fort orné de sculpture & dorure d'undessein assez généralement estimé. La piéce D 3, est un cabinet particulier, servantde supplément à la Bibliothèque. Cette piéce servoit de chambre à coucher àHenri IV. C’est dans cette chambre que ce Prince est mort. La piéce D 4, est unautre cabinet où font rangés plusieurs corps d’armoires, contenant des partiesd anatomie, & quelques ouvrages de méchanique. Le plafond de cette piéce & leslambris font décorés de sculpture , de peinture, & de dorure, ainsi que la précé-dente.
E, Piéce destinée à la Jurisdiction de la Varenne du Louvre, {b)
F , Salle où sont déposés les modelés de la Marine, qui étoient ci devant placésà la Bibliothèque du Roi (c).
G, Ancien appartement de Madame la Duchejje d'EJîrées , pratiqué, tant au pre-
( ct) Louis XIV, après la paix des Pyrennées , désirantfaire fleurir les Sciences, les Lettres, 8 c les Arts dans sonRoyaume, chargea M. Colbert de former une sociétéd’hommes choisis 8 c sçavans en dissérens genres de litté-rature 3 pour cela il rut décidé que cette société se for-meroit sous la protection du Roi , à laquelle Sa Majestédonneroit ses ordres par l’un de ses Secrétaires d’Etat.Cette Académie a souffert quelques changemens depuisson institution 3 mais nous ne pouvons entrer ici dansce détail 3 nous dirons seulement que dans le nouveauRèglement de 1699 [1], elle fut composée de dix Ho-noraires , dont l’un est Président 3 de vingt Pensionnaires,trois Géomètres, trois Astronomes, trois Méchaniciens,trois Anatomistes, trois Botanistes, trois-Chymistes, unTrésorier, 8 c un Secrétaire , l’un & l’autre perpétuel 3qu’on y joindroit vingt associés, sçavoir, douze Regnico-les, dont deux Géomètres, deux Astronomes, &c. 8 c huitEtrangers 3 enfin de vingt Eleves, dont chacun seroit at-taché à un des Académiciens pensionnaires. Les seulsAcadémiciens honoraires & pensionnaires ont voix dé-libérative, lorsqu’il s’agit d’election , ou d’affaires con-cernant ! Académie : quand il est question de sciences,les Associés ont la leur 3 mais les Eleves ne parlent que
lorsque le Président les y invite.
Les assemblées particulières se tiennent le Mercredi8 c le Samedi de chaque semaine 3 il y en a deux publi-ques , la premiere après la S. Martin , l’autre après Pâ-ques. Depuis 1699 , cette Académie a publié chaqueannée un volume contenant les observations , les rap-ports , &c les Mémoires qui ont été composés ou lûs parles Membres de cette illustre Société.
Cette Académie a pour devise , Invenit & perficit.
[b) La Varenne du Louvre est une Jurisdiction Royalepour le fait des Chasses, laquelle tient son siège danscette salle, ainsi que la Varenne des Tuileries tient lesien dans une des salles du Château des Tuileries. Cha-cune de ces deux Jurisdictions , créées à l’instar l’une del’autre, porte le titre de Bailliage 8 c Capitainerie Royaledes Chasses de la Varenne , soit du Louvre, soit desTuileries : elles ont chacune leur Capitaine, & un granjlnombre d’Officiers, auffi bien qu’une certaine quantitéde Gardes. C’est M. le Duc de la Valliere qui est Bailli8 c Capitaine de la Varenne du Louvre 3 & M. le Princede Soubise, qui est Bailli 8 c Capitaine de la Varennedes Tuileries, 8 cc.
(c) Nous avons promis dans le volume précédent,
[1] Avant ce tems cette Académie se tenait à la Bibliothèque du Roi, ainsi que nous l’avons remarqué dans le troisième volume,page , notç («).