ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. VI,
lébres que nous avons rapportés dans notre Introduction. Ce changement de propor- Lr ^^ eâU àtron provient fans doute, ainsi qu’il a déja été remarqué plus haut i propos de l’en-tablement, de ce que la longueur de cette façade, ía grande hauteur 8c ion or-donnance colossale, ont obligé Perrault de chercher de nouvelles divisons pourles parties, qui répondissent aux dimensions générales de tout l’Edifíce ; considé-ration pour laquelle nous avons crû qu'il étoit préférable de donner les mesuresexactes de cet ouvrage, telles que nous les avons trouvées fur les lieux* plutôt quèd'affecter un air de fçavant, en voulant réduire par des procédés mathématiques >qui n’auroient rien eu que d’idéal, toutes les dimensions de ce bâtiment. Plu-sieurs Auteurs modernes sont tombés dans cet enthousiasme, sans en excepter mê-me François Blondel , puisqu’on remarque dans son Cours dÂrcìûtechire , p. '62.Z, quèles mesures qu’il nous donne de la porte S. Denis, suivant les principes de fa théo-rie, 11’ont aucune relation avec ce Monument, dont il avoit cependant donné lesdesseins ( voyez ce que nous avons dit de cette porte dans le vol. précédent, p. io >
Ce meme enthousiasme a été suivi depuis par feu M. Briseux , dans son Traité dubeau essentiel dans les Arts , où l'on trouve la même porte S. Denis décrite, iion d’a-prês son exécution, mais telle que Blondel la rapporte. M. Briseux s’est laissé fansdoute prévenir par la haute idée qu'il avoit conçue de cet Architecte , Sc par lespropriétés qu'il attribue aux nombres 8c aux rapports géométriques & harmoniques*ensorte qu’il a voulu, à quelque prix que ce fût, faire parade de théorie, & préférerla spéculation à la pratique, quoi qu'il ait reconnu lui-même dans plus dune occa-sion rinsuffifance de ces combinaisons. Cet Architecte , qui d’ailîeurs n'étoit pasfans mérite , & dans l’ouvrage duquel il y a plusieurs choies intéressantes , a puiséson opinion d’aprês celle de François Blondel , dont il a fàit un éloge outré, eníè déclarant contre Perrault , fans prendre garde néanmoins que Blondel , non seule-ment s’étoit démenti lui-même dans son Cours d? ArchiteÏÏure , comme il est prouvépar l’exemple de la porte S. Denis, mais qu’il étoit tombé dans le même cas à proposde la Rotonde qu’il nous donne dans le même Livre, 8c dont le système qu’il a éta-bli n’a absolument aucun rapport avec les mesures très-exactes que Defgodets nousen a donné dans fès Edifices Antiques de Rome. Tout ceci prouve évidemment un efprit de parti de la patt de notre Aristarque moderne, dont la négligence d’ailleursn est gùeres pardonnable, ne suffisant pas de préconiser un Auteur sans le com-parer auparavant avec ceux qui ont écrit fur la même matière , mais encore étantnécessaire de vérifier les mesures des monumens qu’il est question de discuter, ôcd âpres lesquels on veut établir des principes que l’on oie citer comme autantd’autorités.
Le grand avant - corps du milieu de cette façade est couronné d un fronton quien occupe toute lakrgeur. Ce fronton a de base 91 pieds fur 19 de hauteur : pro-portion d’environ le cinquième de fa largeur. Les cymaises supérieures de ce fron-ton font chacune dune feule pierre, de la longueur de 51 pieds fur 6 de largeur*
& 18 pou. d épaisseur , pesant environ 80 milliers, ainsi que nous l avons déja observéailleurs (/). Il est inconcevable comment un poids auffi considérable, non com-pris celui de l’entablement, peut être soutenu en l’air par le seul architrave , quènous avons dit avoir 2.4 pieds trois quarts d’une colonne â l'autre * ces dernieres sur-tout étant isolées du mur d’un demi-diametre. La maniéré ingénieuse avec laquellè
(f) Voyez ce que nous avdns dit ci-dévant à ce sujet, ont servi à élever les pierres de ce fronton. Cette estampépage i i., note (x). avoit été faite pour sédition de Vitruve commentée par
Nous ajouterons ici que Sebastien Le Clerc grava en Perrault * mais les œuvres de ce célébré Graveur étant1677 cette façade, ou il exprima les machines inventées fort recherchés, elle ne se trouve plus gueres que danspat P once Cliquin , Charpentier de profeffion, 8c qui les cabinets des curieux;
Tome IV * ‘ fí