ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. VI. 5J
donnons un examen plus severe. D’ailleurs, cette façade n ayant pas été exécutée,nous réservons la plus grande partie de nos observations pour les édifices actuel-lement élevés ; l’aípect de ces derniers &: les dissertations, la plupart intéressantes,que nous y joignons, font en effet plus propres à instruire les personnes moins ver-sées dans les Arts, qui veulent néanmoins suivre une route sure & plus -capable dedonner l’essor à leur imagination.
Projet de Jean Marot pour la principale façade du Louvre , du coté de S, Germain
ÏAuxerrois. Planche X.
Ce projed, plus analogue au genre d architecture de Fintérieur du Louvre, pré-sente une ordonnance assez régulière ; mais la trop grande multiplicité de ses par-ties est sens doute un obstacle à l’effet général qu on doit attendre d’un grand bâti-ment, qui suppose toujours un air environnant considérable que lui auroit réelle-ment procuré une place publique qu’on s’étoit proposé d’ériger au devant de ce Pa-lais. C'est vraisemblablement cette considération qui a fait préférer à Perrault unOrdre colostàl (F ) dans Fordonnance de la.décoration de son péristile , parce qu’ilcomporte certainement de plus grandes parties que plusieurs Ordres élevés les unsau dessus des autres dans la hauteur d’un bâtiment ; malgré les célébrés exemples desfaçades de la cour de ce Palais, dont nous parlerons en son lieu , du Château deMaisons , du Luxembourg , &c.
Nous avons trouvé, en parlant de la planche huitième, trop de parties listes danscertains endroits de se décoration ; on pourroit remarquer au contraire qu’il n'y a pasassez de repos dans Fordonnance de cette façade. En effet, la multiplicité des mem-bres qui la composent, détruit nécestàiremenc Fidée qu’on a dû se former au pre-mier aspect de l’étendue de ce bâtiment comparé avec sa hauteur ; d’où il fautconclure que, bien loin que cet exemple puisse servir d’autorité » il doit prouver aucontraire combien il est indispensable d’observer une heureuse correspondance en-tre les parties & le tout, qui ne se remarque pas ici. Mais sens nous arrêter à latrop grande réitération des parties, nous dirons que, pour procurer plus d’unité àcette façade en général, il auroit été convenable de supprimer les pavillons A & B :par là les ailes auroient été continuées dans toute leur longueur , ce qui auroit pro-duit moins de division dans la longueur de cet Edifice. D’ailleurs, parla suppressionde ces pavillons, les ouvertures auroient été uniformes, & les trumeaux moins dissemblables » on auroit aussi évité les petites niches , qui par leur cavité nuisent àl’accord indifpenseble que nous désirons toujours dans la décoration extérieure,en forte que faute d’avoir observé cet accord dans la façade dont il s’agit, elle estbien moins susceptible d’imitation qu’aucune de celles dont nous ayons encoreparlé.
L’avant-corps du milieu est assez heureusement terminé par FAttique , le dôme,& la lanterne qui le couronnent ; mais il semble que pour le faire pyramider plusavantageusement, il auroit été mieux de retrancher tous les autres combles, prin-cipalement ceux des pavillons des extrémités de cette façade j les toits apparensdans un édifice de l’eípece de celui que nous décrivons, sent plus contraires à labienfëance, ainsi que nous l’avons déja remarqué plus dune fois, en décrivant lesbâtimens dune certaine importance, mentionnés dans ce Recueil.
(g) Le Cavalier Bernin avoir auífi préféréda Louvre. (Voyez la planche huitième de
un Ordre colossal dans le projet qu’iLavoit fait pour les bâtimence chapitre» &c. ).
Tome iy %
Château duLouvre,