Buch 
4 (1756) La Description du Louvre & du Palais des Tuileries, celle du Château, Parc & Jardin de Versailles
Entstehung
JPEG-Download
 

ia hauteur dés avant-corps déja exécutés ; de l'autre , la continuité' de lAttique sem-ble exiger des combles tels quon les voit dans la planche XVIII, & dont la hau-teur trop considérable, íèmble affaisser ce petit e'tage supérieur. Nous dirons no-tre sentiment sur cet Attique dans la description de la planche suivante. Exami-nons à présent les motifs qui engagerent Perrault à préférer le troisième Ordrequon a exécuté dans cette façade.

Charles Perrault , dans le manuscrit des œuvres que nous avons cités précédemment,sepxlique ainíï : « La pensée de faire un troisième Ordre au Louvre , avoir pour son-» dement une raison que M. Perrault ( l ) na jamais bien goûtée. On préten-» doit que les façades du dedans du Louvre étoient assez élevées avec íAtti--, que, lorsque la cour du Louvre ne devoir avoir que le quart de sa superficie» actuelle i au lieu que cette cour ayant été agrandie, il falloit donner plus» de hauteur aux corps de logis qui lenvironnent; mais, continue notre écri--, vain , il nest point vrai que la hauteur d un Bâtiment doive être proportionnée-, avéc son étendue ; car il faudroit par cette raison que la galerie du Louvre sur la« riviere , fût deux ou trois fois plus élevée que les tours Notre-Dame (m). Dail--, leurs il nest point convenable quau-dessus du logement du Prince qui doit être-- tout de plain-pied, & dans un même étage , il y en ait un autre aussi beau, aussi,, grand, & dun plancher aussi élevé que celui quil occupe , & il faille mon-« ter prés de cent vingt'six dégrés. Il est certain quun Attique, tel que celui quon,, voit exécuté, est plus convenable pour y loger les Officiers qui doivent être pro-» che la personne du Prince , que ce grand étage formé par le troisième Ordre qui,, paroi t trop beau pour ces eípeces de logemens (n). Cependant, malgré cette>, considération qui nest point du tout indifférente, le Cavalier Bernin ayant été auíïì davis quil falloit donner au Bâtiment de la cour du Louvre plus dexhauí-» sèment quil nen a, non-seulement parce quil étoit bien-aisè de trouver à redire» à tout ce quil voyoit à Paris ( o ), mais encore parce quen Italie, lon aime,,sombre, on aime aussi les Bâtimens fort élevés, la choie fut résolue ainsi.

Néanmoins comme plusieurs personnes napprouvoient pas quon fie» un nouvel Ordre François ( p ) , Claude Perrault proposa des cariatydes

( / ) Çest de Claude Perrault son frere quil parle,qui a donné le dessein du péristile & de la façade dontnous parlons ici.

( m ) II est vrai qu'il nest pas aisé de régler la hauteurdes façades dun Bâtiment à raison de son étendue ;mais on ne doit pas être dispensé pour cela dobserverun rapport entre la hauteur dun Edifice & le diamètredune cour, hauteur qui ne doit jamais excéder le quart ,ainsi que les murs de face qui déterminent le périmètredune place publique. Combien la plus grande partiedes cours de nos Hôtels à Paris font - elles obscures &difformes, parce quon a négligé la proportion quon de-voir donner aux hauteurs des façades, comparees avec lasurface horizontale de ces mêmes cours. ( Voyez lesplaces de Vendôme 8c des Victoires j voyez aussi 1 Hô-tel de Noailles, 8c ce que nous avons dit des cours 8cde la hauteur des Bâtimens qui les environnent, en décri-vant la plus grande partie des Hôtels répandus dans lesvol. précédens. )

(n) Nous avons démontré dans plus dune de nosdescriptions , combien il étoit abusif de faire usagede plusieurs étages dune proportion uniforme dansune maison royale : nous avons cité plus d une foisla décoration de la façade de Versailles du cote desjardins pour être imitée en pareille occasion , rien n e-tant si contraire à la bienséance que de remarquer unétage propre à lhabitation au - dessus de celui destinepour la résidence du Prince. Nous navons meme accepte

supplication de lAttique dans IArchitecture, que pourservir de couronnement à lEdifice, 8c pour procurerplus de hauteur à certaines pieces du dedans du Bâti-ment, en forte quil ne saur pratiquer des jours dansce petit étage supérieur , quavec beaucoup de modéra-tion , ny jamais placer de frontons, & y éviter la pro-fusion des ornemens quon remarque dans celui de laplanche suivante.

(o) II paroît que Charles Perrault avoir conservé dela jalousie contre le Cavalier Bernin , occasionnée sansdoute par la rivalité des talens de celui-ci avec ceux deClaude Perrault son frere , tous deux dun génie supé-rieur , quoique dans des genres différons.

( p ) Sans doute parce que la beauté de lOrdre neconsiste pas dans celle de son chapiteau, mais dans laproportion de fa colonne , 8c dans le rapport des par-ties principales qui la soutiennent 8c qui la couron-nent. Car il semble en effet que par un nouvel Ordre ondevroit entendre des dimensions différentes de celles quinous font connues ; cependant la plupart des OrdresFrançois quon a tenté de mettre en œuvre , fans ex-cepter celui de Perrault , ne différent des Ordres Grecs8c Romains que par la forme 8c les ornemens du cha-piteau 8c de lentablement ( ouvrages du Sculpteur plu-tôt que de lArchitecte 8c du Mathématicien ) : ressour-ce frivole pour la plupart, richesse irtdiscrette , enfincomposition quon doit regarder comme lorigine dudésordre de la plus grande partie des productions de

Château duLouvre.