ia hauteur dés avant-corps déja exécutés ; de l'autre , la continuité' de l’Attique sem-ble exiger des combles tels qu’on les voit dans la planche XVIII, & dont la hau-teur trop considérable, íèmble affaisser ce petit e'tage supérieur. Nous dirons no-tre sentiment sur cet Attique dans la description de la planche suivante. Exami-nons à présent les motifs qui engagerent Perrault à préférer le troisième Ordrequ’on a exécuté dans cette façade.
Charles Perrault , dans le manuscrit des œuvres que nous avons cités précédemment,s’epxlique ainíï : « La pensée de faire un troisième Ordre au Louvre , avoir pour son-» dement une raison que M. Perrault ( l ) n’a jamais bien goûtée. On préten-» doit que les façades du dedans du Louvre étoient assez élevées avec í’Atti--, que, lorsque la cour du Louvre ne devoir avoir que le quart de sa superficie» actuelle i au lieu que cette cour ayant été agrandie, il falloit donner plus» de hauteur aux corps de logis qui l’environnent; mais, continue notre écri--, vain , il n’est point vrai que la hauteur d un Bâtiment doive être proportionnée-, avéc son étendue ; car il faudroit par cette raison que la galerie du Louvre sur la« riviere , fût deux ou trois fois plus élevée que les tours Notre-Dame (m). D’ail--, leurs il n’est point convenable qu’au-dessus du logement du Prince qui doit être-- tout de plain-pied, & dans un même étage , il y en ait un autre aussi beau, aussi,, grand, & d’un plancher aussi élevé que celui qu’il occupe , & où il faille mon-« ter prés de cent vingt'six dégrés. Il est certain qu’un Attique, tel que celui qu’on,, voit exécuté, est plus convenable pour y loger les Officiers qui doivent être pro-» che la personne du Prince , que ce grand étage formé par le troisième Ordre qui,, paroi t trop beau pour ces eípeces de logemens (n). Cependant, malgré cette>, considération qui n’est point du tout indifférente, le Cavalier Bernin ayant été„ auíïì d’avis qu’il falloit donner au Bâtiment de la cour du Louvre plus d’exhauí-» sèment qu’il n’en a, non-seulement parce qu’il étoit bien-aisè de trouver à redire» à tout ce qu’il voyoit à Paris ( o ), mais encore parce qu’en Italie, où l’on aime,,sombre, on aime aussi les Bâtimens fort élevés, la choie fut résolue ainsi.
„ Néanmoins comme plusieurs personnes n’approuvoient pas qu’on fie» un nouvel Ordre François ( p ) , Claude Perrault proposa des cariatydes
( / ) Ç’est de Claude Perrault son frere qu’il parle,qui a donné le dessein du péristile & de la façade dontnous parlons ici.
( m ) II est vrai qu'il n’est pas aisé de régler la hauteurdes façades d’un Bâtiment à raison de son étendue ;mais on ne doit pas être dispensé pour cela d’observerun rapport entre la hauteur d’un Edifice & le diamètred’une cour, hauteur qui ne doit jamais excéder le quart ,ainsi que les murs de face qui déterminent le périmètredune place publique. Combien la plus grande partiedes cours de nos Hôtels à Paris font - elles obscures &difformes, parce qu’on a négligé la proportion qu’on de-voir donner aux hauteurs des façades, comparees avec lasurface horizontale de ces mêmes cours. ( Voyez lesplaces de Vendôme 8c des Victoires j voyez aussi 1 Hô-tel de Noailles, 8c ce que nous avons dit des cours 8cde la hauteur des Bâtimens qui les environnent, en décri-vant la plus grande partie des Hôtels répandus dans lesvol. précédens. )
(n) Nous avons démontré dans plus d’une de nosdescriptions , combien il étoit abusif de faire usagede plusieurs étages d’une proportion uniforme dansune maison royale : nous avons cité plus d une foisla décoration de la façade de Versailles du cote desjardins pour être imitée en pareille occasion , rien n e-tant si contraire à la bienséance que de remarquer unétage propre à l’habitation au - dessus de celui destinepour la résidence du Prince. Nous navons meme accepte
supplication de l’Attique dans I’Architecture, que pourservir de couronnement à l’Edifice, 8c pour procurerplus de hauteur à certaines pieces du dedans du Bâti-ment, en forte qu’il ne saur pratiquer des jours dansce petit étage supérieur , qu’avec beaucoup de modéra-tion , n’y jamais placer de frontons, & y éviter la pro-fusion des ornemens qu’on remarque dans celui de laplanche suivante.
(o) II paroît que Charles Perrault avoir conservé dela jalousie contre le Cavalier Bernin , occasionnée sansdoute par la rivalité des talens de celui-ci avec ceux deClaude Perrault son frere , tous deux d’un génie supé-rieur , quoique dans des genres différons.
( p ) Sans doute parce que la beauté de l’Ordre neconsiste pas dans celle de son chapiteau, mais dans laproportion de fa colonne , 8c dans le rapport des par-ties principales qui la soutiennent 8c qui la couron-nent. Car il semble en effet que par un nouvel Ordre ondevroit entendre des dimensions différentes de celles quinous font connues ; cependant la plupart des OrdresFrançois qu’on a tenté de mettre en œuvre , fans ex-cepter celui de Perrault , ne différent des Ordres Grecs8c Romains que par la forme 8c les ornemens du cha-piteau 8c de l’entablement ( ouvrages du Sculpteur plu-tôt que de l’Architecte 8c du Mathématicien ) : ressour-ce frivole pour la plupart, richesse irtdiscrette , enfincomposition qu’on doit regarder comme l’origine dudésordre de la plus grande partie des productions de
Château duLouvre.