<76 AR CHITECTURE FRANÇOISE, Li y. VI.
château ju tique de la décoration de cette façade, que Tailleurs nous serions obligés de nous
>UUv ' répéter involontairement , en citant le défaut de proportion des arcades du rez-de-chaussée , comparées avec le diamètre des colonnes, & avec l’ouverture des croiséesdu premier étage; que nous sérions obligés de remarquer comme autant d’inadver-tances , la petitesse des niches, la multiplicité des membres d’Architecture, les re-tours trop répétés des entablemens, la réitération des avant-corps, 1’interruptiondes frises & des architraves pour y placer des inscriptions qui ne s’y peuvent paslire , la division inutile des bossages horizontaux placés fur le nud des murs, lesyeux de boeuf qui annoncent dans les dehors l'irrégularité de la distribution desdedans, la disparité des claveaux des portes & des croisées qui nuisent au reposde la décoration , la répétition assez mal entendue des tables & des médaillonsqui présentent trop de petites parties ; ce qui empêche de faire dominer les Or-dres, qui doivent toujours avoir la préférence & paroître f emporter fur tout le res-te de l’ordonnance. Enfin nous ferions obligés de rappeller la disproportion que l’on'remarque entre la plus grande partie de la Sculpture & de l’Architecture ; autantde dissonances condamnables, & autant d’abus qui montrent que le Sculpteur n’apas été conduit par l’Àrchitecte , & que celui-ci a négligé l’eíprit de convenancefans lequel on ne peut parvenir au plus grand succès
Nous passerons donc par-dessus ces inadvertances, & nous insisterons fur l’ad-miration qu on doit porter à chacune de ces parties, qui font autant de chef-d’œuvres considérés séparément, soit par la beauté des détails du plus grand nom-bre, soit par lelégance & la légéreté du ciseau qui a exécuté les ornemens quienrichissent chaque membre d’Architecture, &c qui méritent les plus grands élo-ges. Nous convenons même que c’est la beauté réelle de ces différentes parties dedétail qui nous auroit fait souhaiter une œconomic plus universelle dans les orne-mens , & un accord plus général entre le tout & les parties. Que cependant,malgré les irrégularités dont nous venons de parler, il n’est guere d’Edifice enFrance plus capable d’infpirer le bon goût de l’Architecture que l’examen dece monument , fur-tout lorsque prévenu des réglés de l'Art , on fçaura estimerchaque beauté pour ce qu elle vaut, & en faire une application judicieuse dans sesproductions ; seul moyen d’acquérir la connoissmce du véritablement beau dechâtier ses compositions , ôc deviter l imitation indistincte des ouvrages qui nousont précédés.
Pour donner une juste idée de ces différons genres de beautés, nous donneronsdans le huitième Volume les principaux détails de ces façades , principalementles mesures des Ordres surmontés les uns au-dessus des autres, les profils des en-tablemens de chacund’eux, & les desseins des croisées du premier étage , ( ? ) com-me autant de parties intéressantes & de la plus grande beauté : nous donneronsauísi les desseins du chapiteau du troisième Ordre propose par Perrault.
(í) Depuis cette description, M. Blondel Architecte catoire, présentée à M. le Marquis de Marigny. Cesdu Roi, vient de publier un cahier de douze planches, développemens assez intéressans se trouvent chez l’An-qui offrent la plus grande partie des développemens de teur , rue du Croissant.
«es croisées ; ce cahier est précédé d’une ‘Epicre Dédi-