7 d ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. VI.
Château du•Louvre.
CHAPITRE XVI.
Projet du Cavalier Berlin pour la coupe intérieure du Louvre .
Planche XIX.
C VEtte coupe, une des meilleures compositions que le Cavalier Bernìn ait pro-j posées pour le Louvre, est feule capable de prouver la capacité'de cet Architecte.En effet , l’Art avec lequel il a fçu vaincre la difficulté de concilier ensemble la hau-teur de ce Bâtiment intérieur avec le diamètre de la cour, nous fait regarder com-me un coup de génie les moyens dont il s'est servi pour y parvenir. On doitauíïï remarquer avec quelle intelligence il a fçu conserver dans les dedans Sc dansles dehors de son Edifice, une proportion qui donne à chaque partie de ce Bâti-ment cet effet pyramidal qui ne peut être imaginé que par un homme du premier
mente.
De ce succès général qne nous applaudissons, il en est résulté auffi un avantageparticulier pour les façades dont nous parlons ; car le Bernin ayant prévu que lacour, suivant ion projet, n ayant que cinquante-trois toises de diamètre, il fal-loir proportionner la hauteur des Bâtjmens à cette largeur , pour cela il ne leur adonné qu environ quinze toiles ; autrement s’il eut laissé subsister la même hau-teur dans la cour que dans les dehors, il auroit rendu celle ci plus petite en ap-parence Sc les appartemens plus sombres. Bailleurs cette inégalité de hauteurdes murs de face intérieurs & extérieurs, est masquée ingénieusement par la pro-fondeur des Bâtimens, quoique l'on apperçoive ici géométralement les comblesSc la balustrade supérieure des dehors qui ne peuvent être vus suivant les réglés del'optique. Certainement cette idée ne pouvoit faire qu’un très-bon effet : l’on peutdire qu en général cette décoration fait honneur au Bernin , Sc qu'à l’exception desarcades, qui font d’une proportion trop baise pour faire partie d’un tout Corinthien ,cette ordonnance est bonne â imiter dans plus d’une occasion.
L'inégalité de hauteur des croisées pratiquées dans ces arcades, ne réussit pasmieux que ces dernieres ; elle apporte une dissonance dans cette façade ,qui, nous fait croire que cet Architecte íacrifioît volontiers les parties au tout -licence qu’on doit regarder comme dangereuse, Sc qu il faut bien se garder d’imi-ter : il ne suffit pas de faire de belles parties séparément, il faut que dans tousles cas elles puissent être avouées telles, en conservant une analogie intime Sc unecorrespondance uniforme avec les masses.
Nous remarquerons encore que les planchers exprimés dans les deux cou-pes intérieures, lune donnant fur la riviere, Tautre du côté de la rue Saint-Ho-noré , sont trop multipliés les uns au - dessus des autres ; que cette réitérationlaisse trop peu d’élévation aux étages ; ce qui bien loin de donner de la majestéaux pieces, compose autant d’appartemens particuliers, Contraires à î’idee qu ondoit se former de l’intérieur d’un Palais, lequel cependant, selon les projets denotre Artiste , devoir être reconstruit à neuf; ce qui fut une des principales consi-dérations qui firent, comme nous lavons remarqué ailleurs, rejettes les desseins decet Architecte.