A RCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. VI. 8 z
ration de ces dernieres font si peu élevés ôc si peu conformes à la dignité de ce Pa,ais áèsPalais, qu’il est à croire que leur distribution n’a été faite qu’au hazard, en atten- TuiIenes 'dant la réunion de cet Edifice avec celui du Louvre , ainsi que le Bernin ôc Perrault1 avoient proposé, ôc que nous en avons donné les projets au commencement dece Volume. D ailleurs pourquoi l’affectation de ces combles dune grandeur for-midable , à l imitation lans doute de ceux de Philibert De Lorme ? ( Voyez la plan-che XXV. ) Pourquoi de grandes masses, des pleins si considérables, ôc de si petites - *ouvertures dans les nouvelles ailes ; Pourquoi au contraire de si petits Ordres dans1 ancien Bâtiment, ôc de si grandes portes ôc croisées, proportion gardée avec letout ensemble. Quel contraste ! Je le répete, il falloit nécessairement détruire l'ou-vrage de Philibert De Lorme , ou chercher à concilier le neuf avec l’ancien, pourcomposer un Edifice plus conforme aux loix du bon goût, ôc plus digne de lasplendeur du régné de Louis le Grand ; au lieu qu on n est frappé ici que de l’im-mensité. Le premier aspect en impose sens doute, mais toutes les parties séparémentperdent à [examen , ôc l'on n’est dédommagé que par quelques beautés de détail ;citons-en quelques-unes, ôc passons légèrement fur les médiocrités que nous avonseu tant de fois occasion de condamner ailleurs.
Nous ne parlerons dans cette description que de la façade du côté du Jardin ,
Figure II. L'élévation du côté de la cour, Figure 1, diffère peu de celle-ci ; elle estassujettie a 1 a meme grandcui, iwuttu. ui. rfailleurs les détails de ce côtéfont de beaucoup supérieurs, ôc les licences font le* r ^t-nnr;il mons
suffira donc d'examiner ['ordonnance de 1a façade du côté du Jardin, pour nousdonner une idée distincte de toute ['ordonnance de cet Edifice.
En comparant 1a planche dont nous parlons avec celle qui se fuit, il sera facilede reconnoître les augmentations qu’on a faites â ce Palais fous le régné de LouisXIV, 6c fur les desseins de Le Veau ôc de D or b ay. Remarquons d’abord dans legrand avant-corps du milieu, que ces Architectes ayant voulu lui donner plus d élé-vation , il a aussi fallu qu’il lui donnassent plus de largeur -, que pour y parvenirils ont compris dans cet avant-corps les deux entre-colonnemens A A , qui précé-demment appartenoient aux galeries BB , en forte que ce nouvel accroissement apermis une grande hauteur à cette partie de ['Edifice, dont 1a dimension en géné-ral est heureuse > ôc figure assez bien avec ['étendue de 1 a façade ôc de 1 a profon-deur du Jardin : genre de perfection essentiel pour ['aspect d’un Bâtiment. Il n'enest pas de même des parties qui divisent cet avant - corps, originairement devantêtre moins élevées, Philibert De Lorme avoir composé 1a grandeur de ces Ordres ,ôc déterminé les entre-colonnemens pour 1 a masse : mais il en a résulté dans 1 a fuiteque leur multiplicité ôc leurs eípacemens se contredisent avec le tout ensemble 5considération , encore une fois, qui auroit dû déterminer, ou à laisser ce Châ-teau en letat où il étoit, ou à n’en rien conserver. Ce dernier parti paroîtraextrême sens doute , mais au moins falloit-il disposer le supplément qu on y afait à raison de son édification primitive. Au reste lavant-corps qui porte lefronton, quoique surhaussé d un troisième Ordre, conserve encore une assez belleforme ôc une élégance relative à la légèreté des Ordres qui y président ; mais nousne pouvons applaudir aux trop grands entre-colonnemens du milieu , ni en con-seiller ['imitation ; à ['exception de celui du rez-de-chaussée, ils ne sont pas íôutena-bles. La raifort de cet abus vient de ce que l’entre-colonnement Ionique du rez-de-chaussée ayant des piédestaux , Philibert De Lorme a pu faire cet entre-colonne-ment de quinze pieds un quart de largeur ; mais cette distance prescrite à Le Veau qui,par 1a nécessité d’imiter l'Ordre Corinthien des pavillons C, n’a pu mettre des piedef- 'taux, ni des socles au premier étage, a rendu ce nouvel entre-colonnement dune