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4 (1756) La Description du Louvre & du Palais des Tuileries, celle du Château, Parc & Jardin de Versailles
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Palais

Tuileries.

des

ARCHITECTURE FRANÇOISE, Liv. VI.

Philibert De Larme , comme nous l avons dit, fut choisi par Catherine de Me-dicis avec Jean Bullant , pour la construction de ce Bâtiment. Dabord il ne futquestion que de lavant-corps du milieu, des deux ailes en galeries ôc des pavil-lons qui les terminent. Pour offrir une idée des changemens survenus dans ladécoration de ce Bâtiment, & faire connoître son accroissement depuis son édi-fication primitive jufquau ministère de M. Colbert , nous donnons dans la plan-che XXV le dessein de fa façade du côté du Jardin , tel que lavoient fait exé-cuter Phìlibert De Lorme ôc son Collègue, ôc nous y ajoutons les projets que DuCerceau j fous Henry IV ì avoit fait pour en augmenter letendue. En comparantces deux genres dArchitecture, on sentira combien il a été difficile à Le V?au ôc àDorbay } fous Louis XIV , de restaurer cet Edifice dune maniéré convenable àlidée que nous nous formons de la résidence dun Souverain.

Voudra-fon toujours économiser lorsqu il sagira de la réédifîcation dun Pa-lais de la plus grande considération ì N'étoit-il pas nécessaire de prévoir quun Edi-fice qui, dans ion origine, n avoit que cent toises de face , ne pouvoit pas sétendreJusqu a prés de cent foixante-dix, fans qu on en changeât les dimensions, les rapportsôc ies proportions. Sans doute, ou les réglés de F Art font inconnues à la plupartdes Architectes, ou îe glus grand nombre, par indifférence ou autrement ,néglige ces réglés , partie néanmoip« U. essennelle de fart de âtir, ôc la pluscpohu ^'M.utrer F Architecture ôc les iiecleS ou Ion volt eclorre des

Edifices réguliers.

Rien de si condamnable que cette négligence ; car enfin, lorsque Ton veutériger une place publique, n affecte-t on pas den rendre les façades symétriques,quoique dans tout fon pourtour on conçoive quelle doit être subdivisée inté-rieurement pour différois propriétaires ; pourquoi donc au contraire , dans la plu-part de nos Palais ôc de nos Maisons Royales , qui nont en vue qu un seul &:unique objet, remarque-t on une disparité dans Fordonnance, qui porte le specta-teur à. croire que chaque avant-corps, chaque arriere-corps , ôc chaque pavillon,sont autant de Bâximens particuliers , élevés selon les motifs ôc les besoins des dif-férentes personnes qui les ont fait construire : c est une inadvertance condamnablequoîi remarque cependant plus que par tout ailleurs dans les façades dont nous

-il , parce que îe premier Edifice devenoît trop peu élevé dans son ori-gine , & parce quon a voulu dans ia fuite lui donner une plus grande étendue ;falloir - il s dis - je, le flanquer de deux grandes aîles, ôc de deux pavillons dunegrandeur monstrueuse ôc revêtus dOrdres colossaux, qui par leur proportiongigantesque , anéantissent ceux qui furent exécutés en premier lieu ? Du moinsétoit - il à propos, si l'on avoit intention daugmenter ce Bâtiment, de ne pasaffecter de mettre fur la même ligne une Architecture aussi dissemblable ? Nauroit- pas été mieux que toute lancienne façade eût forme un grand avant - corps dedix ou douze toises ? Alors les nouvelles additions ayant fait arriere-corps , auroientpu être de la même ordonnance Sc non dune Architecture colossale. Dail leursces arrieres-corps proposes auroient donné plus de mouvement à toute cette façade.Sc auroient été plus analogues au diamètre des premiers Ordres, en forte quon seroitparvenu par ce moyen à faire ún grand Edifice, fans être obligé de mettre en usageîOrdre Composite qui sy remarque, lequel certainement contraste mal avec lesprécédens, dont lIonique du côté des Jardins, contient des beautés du premier genre.

Ce que nous venons de remarquer peut suppliques pour les deux façades de cePalais , quoique celle du côté de Feutrée soit comprise dans un peu moins d espace,Sc que fa longueur semble être divisée par plusieurs cours ; mais les murs de fépa^