LETTRE DE MONSIEVR DESCARTESA MONSIEVR DE FERM AT,pag. 347. tom. 3. des Lettres de Monsieur Descartes.
Ie riay pas eu moins de joye de receuoir la Lettre par Usuelle vousmesattes lafaueur de mepromettrevofire amitte , que fieile rne venoit de la pari d’vne Mai stresse , dont saurois paffionnement defire lesbonnes graces. Etvos autres efcrits qui ont precede me fönt fouuenir de la 'S radarn ante de nos Poetes,laquelle ne vouloit receuoir perfonne pour feruiteur, qui ne fe fut auparauant eprouue contre eile aueombat. Ce rieft pas toutesfois que ie pretende me comparer a ce Roger , qui eftoit feul au rnonde capablede luy refifier ; mais tel que ie fuis , ie vous affeure que ihonnore extremement vofire merite . Et voyantla derniere fapon dont vous vfez*pour trouuer les tangentes des hgnes courbes , ie riay autre chofe ay re-pondre , finon qu elle eft tres banne, & que fivous l’euffiez. explique au commancement en cette fagonie riy euffe point du tom contredit > & c.
AVTRE LETTRE DE MONSIEVR DESCARTESA MONSIEVR DE FERMAT,pag. 348. tom. 3. des Lettres de Monsieur Descartes.
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le fgay bi,en que mon approbation rieft point neceffaire , pour vous faire connoiflre quelle opmionvous deuez. auoir de vous mefrne, mais ß elleypeut tontribuer quelque chofe , ainfi que vorn me sattesl’honneur de mefcrire , tepenfe efire oblige de vous auoüer iey franehement, que te riay jamats connuperfonne, qui matt satt paroiftre quil fceut tant que vous en Geometrie . La tangente de la ligne courbe ,que dscrit le mouuernent dvne roulette , qui eft la derniere chofe que le Reuerend Pere Merjenne a prisla peine de me communiquer de v öftre part , eneflvne preuue tres ajfeuree', car dautant quelle fembledependre du rapport qui eft entre vne ligne droite & vne circnlaire , ilrieft pas aise d’y apphquer lesregles qui feruentaux autres; & Monßeur de Roberual qui lauoit propofee, qtitefi fans deute aufßl'vn des premiers Geometres de noflre fiecle , eonfeffoit ne la fpauoir pas , & mefrne ne connoiflre aucunmoyen pour y paruenir. 11 eft vray que depuis il a dit aujfi quil lauoit trouuee , mais f a efte justementle lendemam apres auoir ffeu que vous & moy luy enuoyions; & vne marque certatne quil fe mecontoit ,eft, quildifoit auoir trouue en mefrne temps que vofire conftruUion eftoit saufe , lors que la bafe de lacourbe eßoit plus ou moins grande que la circonference du eercle ; Ce quileut peu dire tont de mefrne dela mienne, finon quil ne lauoit pas eneore veüe ; car eile s'accorde entier ement auec la vofire. ylu refle,Monßeur, ie vous prie de croire que fiiay temoigne cy-deuant riapprouuer pas tout d satt certameschofes particulieres qui venoient de vous , cela riempefche point que la declaration que ie viens de fairene foit tret vraye. Mais comme on rernarqneplus foigneufement les petites patlles des diamanS , que,les plus grandes tdches des pierres communes , ainfil ay cru deuoir regarder de plus pres d ce qui venoitde vofire part , ques’ilfut venu d’vne perfonne moins eflimee. Etie ne cratndray pas de vous dir e quecette mefrne raifon me confole , lors que te voy que de bons efprits s'eftudient d reprendre les chofes quei'ay ecrites , en forte quaulieude leur en fpauoir maunais gre, iepenfe efire oblige de les en remercier,Ce qui peut , ce rne femble , feruir d vous aßeurer que c eftveritablement, & fans fifhon, queie fuis, tfyc.