ment compter les sections qui coupent la iigne droite, & par la Ton connoit Ic poidsde 1’eau. ' ®~
Cömme nous auonsperdu la sigure & i’vsage de cet Instrument,, de meline qisvneinfinite d’autres belles choses , que les Anciens auoient inuemees, & dont iis se ser-uorent , les f^auans de ce temps icy se sont donnez beaucöup de peine pourcompren-dre quel estoit cet instrument dont parle Synesius. II y en a qui ont cru que c’estoitvne Clepsydre , maisle Pere Petau a rejette auec raiion cette opinion. Pour luy,iladuoüe , qu’il nele comprendpas ; il soup^onne pourtant que c’estoit vn insti umentquiferuoita niueler les eaux , & qui auoit du rapport auec celuy dont Vitruue faitmentionau liure 8. ch. 6. de son Architecture, qu’il appelle Chorobates, mais il estaisede juger par !a lecture de Vitruue, & de Synesius; que ce sont deux instrumens -fort differens, & en figure, & en vsage ; & que si tous deux ont des sections , coinineremarqueIePere Petau, celles du Chorobates sont perpendiculaires fur 1’horizon,
& celles de 1’bydroscope luy sont paralleles. Ie paste lous silence plusieurs autresdifferences , que ie pourrois remarquer ,pourrapporterle sentiment de Monsieur deFerinat, qui est sans doute le veritable lens de Synesius. Cet instrument seruoit pourexaminer le poids des differentes eaux pour l’vsage des malades; car les Medecinssont d’accord que les plus legeres sont les meilleures ; le terme poTiti , dont se fertSynesius le inonstre clairement. Ilne signifie pas icy libramentum le niuelementjcomme a cru ie Pere Petau , inaisen matiere de Machines, il signifie le poids, que lesLatins appellent momentum , & de la le traitte des equiponderans d’Archimede apour titre }<roppo7ri»m. Mais dautant que la balance, ny aucun a utre instrument ar-tificiel, nepouuoitpas donner exactement la differencedu poids des eaux, a caulequ’elle est petite entre elles , les Mathematiciens inuenterent fur les principes dutraite d’Archimede dehis qua 'vehuntur in aqua , celuy dont parle Synesius, quiinonstre par la nature des eaux mefmes, la difference du poids qu’elles ont entre-elles,la figure en est teile; A F est vn Cylindre de cuiure A B estle bout d’enhaut, qui esttoujours ouuert ,EF estle bout d’embas, qui estcouuert adu cone E I F, qui a Ia me fine base que le bout d’embas ; A E, B F, sontdeuxlignes droites coupees par diuerscs petites lignes, tant plus ilv en aura , tant plus exact fera 1’instrumenr. Si on le met par la pointedu cone dans l’eau , & qu’on l’ajuste en teile forte qu’il se tienne de-bout, il n’y enfoncera pas entierement; carie vuide qu’il a au dedansl’en empefciiera ; mais il y enfoncera iusques a vne certainemesure,qui sera marquee paries petites lignes; &il y enfoncera diuerfement, Esuiuant que 1’eau sera plus ou moinspesante ; car plus 1’eau sera legere,plus ily enfoncera :&moins, plus eile fera pesante, comme il nousfero it aise de le demonstrer , s’il en estoit question icy. Voila la figure&l’vsagc de cet instrument, & la raison de cet vsage. La lettre de Sy- 1 .
nesius s’y rapporte si exactement dans toutesses circonstances, que feu Monsieur deMonchal, Archeuesque de Tolose, ayant enuoye cette explication au Pere Petau, iladuoiia que Monsieur de Fermat estoit le seist qui auoit compris quel estoit 1’instru-menr ,& il auoit ecrit que dans vne seconde impression il la mettroit dans ses notes.Mais parce que cela n’a pas este fait, i’ay cru que le Lecteur f^auant & curieux ne ferapas marry que ie luy enaye fait pari.