Band 
Premier volume.
Seite
30
JPEG-Download
 

— 3 o —

nait probablement pas la peine d’aller enfoncerleurs portes ; il n’y avait guères chez eux que desgloses et des scholies à prendre, car on ne s’enri-chissait pas dans ce temps-là à faire de l’esprit etdelà science. Lorsque, au commencement du 16'siècle, Bàle entra dans la ligue des cantons suisses ,les habitans rassurés et devenus plus aguerris àla suite d’un état d’hostilité permanent, baissèrentleurs ponts-levis que la crainte leur avait fait tenirjusque-là habituellement levés, et pour narguerleursennemis,remplacèrent les hommes armés quiveillaient à la garde des postes par des femmes fi-lant leurs quenouilles, tout en percevant les droitsde péage.

Notre judicieux et spirituel Philippe de Com-mines nous a laissé une peinture naïve de ces temps

d’anarchie féodale «.et, pour parler d’Ale-

« magne en général, il y a tant de fortes places et« tant de gens enclins à mal faire et à piller et dé-« rober, et qui usent de violence les uns contre les« autres pour petite occasion , que c’est chose mer-« veilleuse. Car un homme qui n’aura que lui et« son vallet défiera une grosse cité, et un duc,« pour mieux pouvoir dérober avec le port de quel-« que petit chasteau-rochier où il se sera retraict,« y aura vingt hommes ou trente à cheval qui cour-