forces humaines, et pourtant, à entendre certainsécrivains industriels, il semblerait, en vérité, queles commerçans, les manufacturiers et les banquierssoient autant de Codrus et de Curtius se précipi-tant, tête baissée, pour le salut de la patrie, dansles hasards des spéculations et dans le gouffre del’agiotage. Leur profession est honorable, sansdoute, et il m’appartient moins qu’à un autre dechercher à la déprécier, mais, en la faisant tropvaloir, on force ceux qui ne l’exercent pas à comp-ter avec elle et à lui contester une prééminence àlaquelle elle n’a pas droit. Il semble, en effet,que le magistrat, le soldat, le savant, l’artiste ontau moins autant de titres à notre reconnaissanceet à nos égards que le négociant qui spécule surles cotons et les cafés, et donne, pour de l’argentle sucre et la cannelle; ne le fit-il même, commeM. Jourdain père, que pour obliger ses amis.Continuons donc à préférer la considération quise fonde sur des travaux honorables, sur de beauxfaits d’armes, ou même, faute de mieux, sur denobles souvenirs, à celle qui ne repose que surdes sacs d’écus. Gardons-nous de l’excès de cetesprit cupide et mercantile, capable de dégradernotre caractère national, et qui, s’il faut en croirele mot connu d’un homme qui s’est rarement
Schliessen