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et l’on se sent disposé, quand on a dîné, à s’ap-pitoyer sur le sort de ces aventureux enfans del’onde, dont les infatigables efforts n’aboutissentle plus souvent, qu’à les faire figurer couronnésde persil, sur quelque table d’hôte.
C’est au-dessous de la chute de Lauffen quese fait, m’a-t-on dit, la pêche des saumonneaux,petits poissons sur le compte desquels les ichlyo-logues sont partagés, les uns soutenant que cesont, comme leur nom l’indique, de jeunes sau-mons, les autres prétendant, au contraire, qu’ilsforment une espèce à part. Quoi qu’il en soit , iln’y a qu’une seule opinion parmi les gastronomessur le mérite de ces poissons. Ils sont de la gros-seur de nos goujons, dont ils diffèrent du resteautant que la meilleure truite diffère de l’insipidepoisson blanc. L’époque à laquelle on les pê-che est un temps de bombance pour les gour-mets de Bâle . J’ai vu un de ces messieurs dontla figure s’épanouissait et devenait presque poéti-que en me parlant de ce mets délicat et de lamanière de le manger : « Vous prenez le saumon-« neau entre l’index et le pouce, vous le portez« à la bouche, vous aspirez et il entre de lui-« même. » Il me semblait voir notre savant etspirituel professeur dans VArt de la gueule , Bril-