lal-Savarin enseigner comment on doit mangerun becfigue pour le savourer dignement.
A une demi-lieue de Schafhouse, je me suis dé-tourné de la route pour prendre le sentier quimène à la cataracte dont le tonnerre grondait àmon oreille. En descendant je m’efforçais d’enapercevoir quelque chose au travers du taillis quibordait le chemin; le cœur me battait d’impa-tience et je marchais d’un pas rapide comme sij’eusse craint d’arriver trop tard. Enfin je parviensà un endroit découvert où, d’un coup d’œil, j’em-brasse l’ensemble de la cascade dont les eaux écu-meuses blanchissaient sous un ciel sombre etmenaçant. Je dois avouer que cette première im-pression est restée au-dessous de l’idée que je m’enétais faite. Je ne m’attendais à rien moins qu’àvoir se réaliser à mes yeux ce qu’avaient présentéà mon esprit ces paroles de la Bible : net les cata-ractes du ciel s’ouvrirent. » Les descriptions desgrandes scènes de la nature sont le plus souventexagérées et, pour peu que vous ayez d’imagina-tion, la voilà qui va brochant sur le tout et vouspréparant ainsi des mécomptes; c’était là ce quim’arrivait. J’avais vu, dans des pages animées etéloquentes, la chute de Niagara, celle du Velino,et je comparais l’effet de mes lectures à ce qui