pression qu’a produite sur moi ce ridicule ouvrageîle la main des hommes au travers de toute cettemagnificence. Il n’est pas, après tout, impossibleque cette idée ait trouvé des approbateurs; car ilest des gens d’un goût bien singulier. Un Anglais qui voyait, pour la première fois, la chute deSchafhouse , s’était écrié d’un ton méprisant :
« Quoi ! ce n’est que cela ! Il ne vaut guère lapeine de venir d’aussi loin pour voir si peu dechose. » En revanche, ce spectacle qui l’avait sifaiblement frappé en nature, le ravit de tellesorte quand il le vit dans la caméra oscura de latour d’Iimvorth, qu’il ne trouva pas de termespour exprimer son admiration. Oh ! oh ! s’écriait-il par intervalles, comme suffoqué par l’enthou-siasme.
Ceux qui voudront, comme moi, se donner leplaisir de contempler la cataracte par le clair delune, pourront passer la nuit dans une excellenteauberge nouvellement établie dans le villaffe deNeuhans. La chose en vaut la peine; l’effet de lachute est tout autre ; le silence et le calme du soir,la demi-lueur du crépuscule lui prêtent quelquechose de mystérieux et de grandiose qui porte àla rêverie. A cette heure solitaire, il y a moinspour les yeux, mais plus pour l’imagination.