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chei l’homme bien organisé; cela est hors dedoute, mais ce sentiment ne peut se développerqu’à la faveur de certaines conditions dont lapremière se trouve peut-être dans les raffinemensde notre vie civilisée, je dirai presque artifi-cielle qui nous portent à cacher des jouissancesplus vraies et plus intimes en nous rapprochantde la nature, que l’on goûte d’autant mieux qu’onest plus désabusé sur le vide des plaisirs tumul-tueux du monde. Le penchant à la rêverie, cesymptôme maladif de nos sociétés modernes, doitaussi contribuer à ce résultat. Nos pères , hom-mes de livres, ou hommes d’actions, n’en étaientpas encore là; ils vivaient à une époque où Tonsavait plus qu’on ne pensait, et où l’on pensaitplus qu’on ne sentait, à une époque où les fa-cultés de la mémoire et de l’intelligence étaientexercées aux dépens de celles^ de l’imagination.
L’impression que produit l’aspect d’un beaupays doit nécessairement s’émousser par l’habi-tude; témoin le fait suivant. Une dame de maconnaissance , pleine d’un enthousiasme véritablepour la Suisse, rencontra dans une ferme d’Alle-magne un berger du canton de Berne , qu’on enavait fait venir pour soigner des vaches, ses com-patriotes. Charmée de pouvoir s'entretenir d’une