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on l’a surnommé le Tacite . Il m’est tombé entreles mains des fragmens de sa correspondance ,d’après lesquels il paraît qu’il ne trouvait pas,dans sa ville natale , et en général dans son pays ,les encouragemens et les facilités dont il auraiteu besoin, lorsqu’il commençait en 1771 à s’oc-cuper de son Histoire de la Suisse . 11 se plaint desobstacles qu’un étroit esprit de rivalité entre lescantons, et une prudence méticuleuse de la partdes gouvernans, opposent à ses recherches. « La<i Suisse, observe-t-il, a désormais plutôt besoin« d’un Tell et d’un Winkelried que d’un Tschu-« di 1 .... Il devient plus que Jamais difficile d’é-« crire selon la conscience, et il pourra bien ar-« river à mon livre d’être brûlé publiquement
« dans ce pays-ci ou au moins défendu.»
Cette correspondance est aussi intéressante parle fond que par la forme ; on y voit l’historien sedérider de temps à autre , et sa gravité de métierfaire place à une légèreté enjouée qui n’exclut pasla profondeur. On s’y associe «à ses lectures et à sestravaux ; on y recueille des données instructivessur la situation politique de la Suisse à l’époquequi a précédé la fièvre révolutionnaire que nous
1. Auteur d'une chronique célèbre.