tomne. Je m’étonnais surtout de voir les prés re-couverts d’une herbe grasse et vigoureuse, qui sefauche cinq ou six fois dans l’année; mais je netardai pas à m’apercevoir que, si les yeux jouis-saient, c’était aux dépens d’un sens voisin. M. Si-mond nous a représenté les nymphes de l’Helvétieépanchant, de leurs urnes fécondes, le liquidetrésor des hasses-cours sur leurs champs altérés ;moi je les ai vues faire avec leurs doigts ce quenos paysans font avec des fourches et éparpiller ,d’une main plus équitable que propre, les bien-faits d’un fumier fertilisant sur le velours émaillédes prairies. C’était une parodie triviale du beautableau du Guide où l’on voit l’Aurore semant lesfleurs à poignées.
M. David Hess a fait une fort jolie idylle dontvoici le sujet : Un amant zurichois, ayant à fêterle jour de naissance de sa belle, se creuse la têtepour imaginer quelque nouvelle galanterie à luifaire. Après avoir bien rêvé, il lui vient une idéeheureuse ; son plan est arrêté et il profite de l’obs-curité de la nuit pour le mettre à exécution. Lelendemain , au moment où la jeune fille ouvre safenêtre, pour respirer l’air frais du matin et son-ger à ses amours, son odorat est tout à coup frappépar un parfum bien connu ; mais comment cxpli-