sans en paraître trop honteux. Ces tables d’hôte ,après tout, offrent un spectacle assez, amusantpour l’observateur. On mange d’abord en silence,tout en jetant un regard furtivement curieux surses nombreux commensaux, et en formant, d’a-près ces physionomies diverses, des conjecturesqui mettent souvent en défaut les principes de La-va ter. Vous adressez la parole à votre voisin degauche pour le tâter : c’est un être nul, un hommequi mange : fruges consumerenatus. N ous vous tour-nez vers votre voisine de droite: c’est une précieuse,et cependant un troisième convive, dont quelquesparoles sensées ou spirituelles vous ont révélé lavaleur, est là, à quatre places de vous, flanquéd’insignifians personnages qui n’en jouissent paset vous empêchent d’en jouir. Dans l’impossibilitéde pouvoir causer, il faut se résigner à dîner, etvous dévorez votre dépit avec les fricandaux, lestruites saumonées et le gibier de toutes sortes quichargent la table. Lorsque la faim a cédé à la pi-o-fusion des mets, la conversation se généralise etremplace les chuchotlemens particuliers; les unsfont de l’esprit pour amuser les dames, d’autres ,tout frais sortis des mains de leur maître de lan-gues, conversent laborieusement en mauvais an-glais ou en italien de grammaire et fatiguent l’as-I. 5 *
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